Transports; Pas d’argent pour la gratuité

Tisséo lance ce mois-ci un abonnement mensuel à 10 € pour les moins de 26 ans, ce qui fait de Toulouse la ville la moins chère de France pour les étudiants. Mais la promesse de campagne de Pierre Cohen sur la gratuité totale des transports pour les jeunes n’est pas encore pour aujourd’hui.

 
10 euros par mois pour les moins de 26 ans, qui dit mieux ? Personne en France en tout cas. Avec ce nouvel abonnement mensuel illimité sur le réseau bus/métro mis en place par Tisséo, la Ville rose devient la métropole la plus accessible pour les jeunes en termes de transports. A Bordeaux, l’abonnement Pass’Jeune pour les moins de 28 ans s’élève à 15 € par mois et à Lyon le ticket Campus coûte 24,30 €. Avec cette mesure, Toulouse permet aux jeunes de bénéficier d’avantages au même titre que les salariés dont une bonne partie des trajets est prise en charge par l’entreprise. Mais la gratuité pour les moins de 26 ans souhaitée par le maire Pierre Cohen n’est pas encore au rendez-vous, contrairement au dispositif déjà en place pour les personnes de plus de 65 ans, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires du RMI.
Pierre Cohen a à plusieurs reprises réaffirmé sa volonté d’étendre la gratuité aux jeunes d’ici la fin de son mandat mais les problèmes financiers de Tisséo, endetté à hauteur de 1,4 milliards d’euros, frei- nent les ambitions socialistes. Et réveillent les velléités de l’opposition : «Ceux qui ont plus de recul et une vision plus globale de la politique des transports en commun de notre agglomération s’interrogeront, avec moi, sur le bien-fondé stratégique d’une mesure qui prive Tisséo de 6 millions d’euros de recettes par an, sans service ni desserte en plus», déclare Jean-Luc Moudenc, président du groupe d’opposition UMP Toulouse pour Tous. «N’est-il pas contradictoire de s’alarmer de la situation financière de Tisséo, de proclamer l’impérieuse nécessité de trouver des moyens financiers supplémentaires pour développer de nouveaux projets de métro, de tramway ou de bus, et, en même temps, de se priver de 6 millions chaque année ? Et puis, quand on fait bénéficier certains d’un fort rabais pour accéder à un service public, qu’en pensent les autres ? N’y aurait-il pas aussi d’autres situations dignes d’être prises en considération pour semblable mesure ?»
Entre une gratuité totale et de nouveaux projets, Tisséo et les instances décideuses devront trancher car l’effort financier du Grand Toulouse portant à 80 millions d’euros sa contribution pour 2009 ne suffira pas. Pour Jean-Luc Moundenc, le nouveau tarif de Tisséo pour les jeunes permet de ménager la chèvre et le chou : «Pierre Cohen l’a imaginé pour faire oublier, ou pour compenser, le reniement de sa grande promesse de campagne, la gratuité des transports en commençant par les jeunes de moins de 26 ans, attendue avec impatience depuis l’an dernier. Le non-respect d’une promesse électorale, voilà ce qui sous-tend ce tarif de 10 euros.»

Sophie Orus


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