Transports; Le Grand Toulouse prend le volant

Face au blocage de Tisséo actuellement, les élus majoritaires du Grand Toulouse ont décidé de transformer la structure en syndicat mixte. Chaque entité participative devra donc reprendre la compétence transports à son compte et pourrait bénéficier du retour du Conseil Général et de l’arrivée de la Région dans les projets à venir.

 
Changer de moteur pour faire redémarrer les transports dans l’agglomération ? C’est ce qu’ont décidé Pierre Cohen et les élus majoritaires du Grand Toulouse la semaine dernière lors de leur conseil de communauté. Depuis un an et l’arrivée aux manettes des socialistes à la mairie de Toulouse, à l’agglo et donc à Tisséo, l’autorité organisatrice des transports est au point mort. Regroupant le Grand Toulouse, le SITPRT (syndicat intercommunal des transports publics de la région toulousaine) et le Sicoval (syndicat intercommunal des coteaux et de la vallée de l’Hers), Tisséo se heurte aux divergences de priorités de ses représentants. Le Sicoval veut le prolongement de la Ligne B à Labège, comme l’avaient promis Jean-Luc Moudenc et Pierre Izard (président du Conseil Général) : trop cher pour le Grand Toulouse, «un chantage» pour Cohen qui souhaite mettre sur les rails le tramway dans l’agglo.
Face à cet arrêt forcé ponctué par un refus de voter le budget de Tisséo à l’unanimité, Pierre Cohen a décidé de contourner l’obstacle par une déviation juridique : transformer le statut de Tisséo et voter pour une nouvelle gouvernance. Exit 34 années de partenariat initiées par Pierre Baudis. Alors que les transports restent une priorité pour les Toulousains, le maire de la Ville rose ne peut pas se permettre de laisser sur cale plusieurs projets sensés répondre aux promesses de campagne. Vendredi dernier, les élus du GT se sont donc prononcés pour la création d’un syndicat mixte issu de la loi SRU au plus tard au 1er janvier 2010, réunissant la communauté urbaine, le SITPRT, le Sicoval et certainement le Département et la Région. Cette structure permettra de débattre et décider des projets mais également de mettre en œuvre des partenariats pour du multimodal et d’unifier les tarifs sur Midi-Pyrénées. «Il faut s’émanciper d’un héritage devenu ingouvernable. Ce syn- dicat mixte représente un détour institutionnel pour sortir par le haut», explique Joël Carreiras, vice-président du Grand Toulouse.
Par contre, chaque entité reprendra à son compte la compétence transports et donc le financement des projets. La régie de Tisséo (SMTC) serait quant à elle transformée en EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) de type SNCF. Que deviendrait alors la dette de Tisséo, estimée à 1,3 milliards d’euros ? «Il n’est pas question de fermer le SMTC qui doit continuer son activité et assumer sa dette», déclare Claude Raynal, vice-président de la communauté urbaine. Quant aux exigences du Sicoval, il semblerait qu’elles restent coincées au feu rouge… à moins que le Conseil Général ne décide de l’aider à financer le prolongement de la Ligne B. Département et Région n’ont d’ailleurs pas réagi à la décision du Grand Toulouse et c’est le silence radio depuis plusieurs mois sur la problématique des transports. Il faudra pourtant enclencher la vitesse supérieure, le nouveau Plan de Déplacement Urbain de l’agglo devant être sur la route dès le mois de juillet.

Sophie Orus


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