Tramway : le bout du tunnel ?

Prolongement de la ligne de tramway existante (T1), les travaux préparant le tram Garonne touchent à leur fin. Quelques jours avant le premier roulage d’essai, focus sur un projet de grande envergure qui au-delà de la liaison Arènes-Palais de Justice, dessine le Toulouse de demain. Mise en service prévue le 20 décembre.

« Il faut bien préciser que ce n’est pas simplement une ligne de 3,4 km mais bien un prolongement pour une ligne de 14 km en tout », explique Joël Carreiras, adjoint au maire délégué aux transports et déplacements et président de la Smat. Et le réseau des transports en commun toulousain n’est pas prêt de s’arrêter là. En projet, la future ligne Envol mise en service dès 2015, qui permettra via un nouveau prolongement de relier l’aéroport à la gare et : « à l’usager qui vient du sud-est de descendre à Palais de justice pour prendre le tram sans devoir aller jusqu’à Jaurès, pour se rendre à l’aéroport. » Ce prolongement étudié comme un des maillons essentiels du futur réseau global entend donner une première « logique de correspondance, avec l’intérêt de la double connexion aux Arènes et à Palais de Justice. » Plus tard, la ligne Garonne devrait aussi être prolongée au-delà, jusqu’au Grand Rond pour se connecter à une autre ligne, « bientôt à l’étude (ligne canal) pour l’horizon 2020 mais pour l’instant pas de calendrier. »

La fin des perturbations

« Tout a été fait, en tout cas l’essentiel, on arrive à la fin », annonce Joël Carreiras. S’il reste des travaux de voie ferrée et d’aménagements urbains jusqu’à fin septembre, il faudra aussi mettre en place la terre végétale et l’ensemencement, et notamment finir la piste cyclable sur Déodat de Séverac. Sur le secteur de Muret, l’ensemble des aménagements est terminé : « il reste quelques finitions ponctuelles comme des reprises de voiries etc. » Le Pont Saint-Michel est en bonne voie, comme ont pu le constater les Toulousains, avec la réalisation des quais de station et les travaux de renforcement du pont qui s’achèveront à la mise en service en décembre. « On est dans le calendrier prévu », indique-t-il. « Au-delà du respect des échéances, on est même en avance car la mise en service était initialement prévue en avril 2014 », raconte-t-il non fier d’évoquer le contentieux gagné au Conseil d’Etat (il opposait Tisséo aux riverains de l’Association pour un autre tracé, l’Apat), « si l’idée était de repousser sa mise en service, eh bien c’est raté ! » Prochaine échéance, très attendue : un premier roulage prévu le 17 octobre qui embrayera sur plusieurs marches à blanc pendant trois semaines à partir du 6 décembre. A ce jour, « on n’est pas encore sur de la circulation normale car un chantier c’est toujours perturbant mais en matière de restriction de circulation, c’est fini ! » Un projet et des travaux qui auront fait couler beaucoup d’encre. Encore récemment les plaintes des riverains se comptaient par centaines : « Mais une fois que les gens voient les rails, dès qu’ils comprennent le sens des travaux, ils les acceptent

1,7 million versé aux commerçants

Il faut dire que pour l’occasion, des indemnités ont été versées aux commerçants de manière innovante : « Une commission -présidée par un magistrat désigné par le tribunal administratif- statue -sur expertise- quant à l’impact des travaux liés au tramway sur le chiffre d’affaires des commerçants alentours. » La nouveauté ? Un système qui permet d’indemniser, par avance mensuelle, en attendant la décision finale de la commission. « Ce système aura permis de faire passer la phase de chantier, car l’objectif n’est surtout pas de tuer les commerces », ajoute Joël Carreiras, « je constate par ailleurs que dans les autres grandes villes, sur tout le linéaire du tramway, les commerces vont très bien ! » Durant ces travaux, quelques surprises néanmoins que le chantier aura su palier, ainsi le renforcement du Pont Saint Michel : « des aléas normaux, qui n’ont pas généré de surcoût. » L’enveloppe globale avoisinant les 115 millions d’euros au total. Et si le calendrier a su être respecté malgré les retards imputables à tous les chantiers, c’est qu’une technique innovante a été utilisée pour la pose des rails : « nous n’avons pas procédé de la même manière que pour la ligne T1, avec ce système de pose, nous avons gagné trois mois. » Autre nouveauté liée au chantier du tramway : « 60 000 heures ont été effectuées par du personnel en insertion ».

Aurélie Renne

En chiffres

La ligne Garonne c’est :

6 stations

200 places/rame

20km/h de vitesse moyenne

500 mètres entre chaque station

Amplitude horaire 5h15-minuit 30 (1h30 le samedi) (Toulouse est la ville où le réseau ferme le plus tard après Paris)

A terme, 30 000 voyageurs supplémentaires/jour



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