Tram Garonne « On dénonce le déni de démocratie »

Frédéric Brasilès président de l’APAT (association pour un autre tracé), qui a lourdement fait parler d’elle dans une lutte acharnée contre la ligne du tram Garonne, accuse aujourd’hui la municipalité de déni de démocratie. Retour sur une affaire complexe avec un président d’association devenu entre-temps colistier de Jean-Luc Moudenc.

En septembre dernier, à deux mois de la mise en service du tram Garonne, le recours au fond déposé par l’Apat était retiré au motif suivant : « le Conseil d’Etat était allé si loin qu’il annihilait toute victoire du fond, il aurait été ridicule d’aller au combat avec des travaux si avancés : que faisait-on alors si on gagnait : on démontait le tramway ?» clame Frédéric Brasilès. Ce retrait du recours au fond aurait dû signer la fin d’un conflit juridico-politique, pourtant, les acteurs ne sont pas au bout du tunnel. En effet, « Joël Carreiras a annoncé que nous nous retirions par manque de légitimité, et il a demandé 5000 euros pour la SMAT (société de la mobilité de l’agglomération toulousaine)  et autant pour Tisséo (équivalent des frais de justice, ndlr).» Cette requête vient d’être rejetée par le tribunal administratif, qui précise que « le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation. » Mais si l’Apat a eu gain de cause, il n’empêche que l’attaque attise les foudres de l’association, qui la considère aujourd’hui comme « un déni de démocratie ». Frédéric Brasilès poursuit : « c’est extrêmement grave car c’est mettre en bascule David contre Goliath. Qu’un parti politique s’en prenne à une association qui s’est levée contre lui c’est très grave, c’est du jamais vu.»

Une sanction pour l’exemple ?

« Les Toulousains n’oublient pas que nous avions gagné au tribunal administratif », poursuit Frédéric Brasilès, « le projet du tram Garonne est quant à lui aujourd’hui toujours autant décrié, car le report de flux automobile crée des bouchons non-stop sur la rocade et autour du tracé. Il correspond tellement peu aux besoins des Toulousains que même Pierre Cohen a décidé de ne pas l’inaugurer… Soyons lucides, l’idée est de faire exemple pour faire peur aux associations comme celles contre le BHNS. C’est antirépublicain, c’est le début de la dictature politique et on le dénonce ! » L’Apat annonce rester vigilante quant aux indemnisations promises aux commerçants.

Aurélie Renne



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