Traité de Lisbonne; Le “yes” irlandais

67.13 % des électeurs irlandais ont répondu oui au référendum sur le Traité de Lisbonne. Une “victoire” pour l’Europe, a déclaré le Premier ministre François Fillon. Il n’empêche, le Traité de Lisbonne qui a tant fait débat, (rappelons qu’en 2008, ces mêmes Irlandais l’avaient rejeté à 53.4 %) n’entrera en vigueur qu’après avoir été ratifié par l’ensemble des vingt-sept pays de l’Union Européenne. Or à ce jour, deux pays font défaut : la Pologne et la République tchèque emmenée par Vaclav Klaus. Cet eurosceptique jouerait aujourd’hui contre la montre et attendrait les législatives qui auront lieu en Grande Bretagne en juin 2010, car le chef de file des conservateurs britanniques, David Cameron, lui aussi eurosceptique, a promis d’organiser un référendum sur le traité, si celui-ci n’est pas ratifié d’ici ce scrutin, et bien entendu d’en appeler au non. Deux points de vue différents sur le Traité de Lisbonne et le vote irlandais : celui d’Alain Lamassoure, Député européen, Président de la Commission des budgets au Parlement Européen et de Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout la République.
Que change le Traité de Lisbonne ?

 

Elle aura désormais ses dirigeants à elle. Jusqu’alors, l’Union était dirigée par le collectif des chefs d’Etat et de gouvernement : un Sommet, qui se réunissait au mieux pendant deux jours environ tous les deux mois. Chacun d’eux est certes élu, chez lui, de manière démocratique, mais il est élu par ses sels citoyens nationaux, et il n’a de compte à rendre qu’à eux, sur la manière dont il a défendu les intérêts nationaux en Europe, voire contre l’Europe. En outre, la présidence tournant tous les six mois, toute continuité politique était impossible : après le semestre très dense dirigé par le Président français il y a un an, son successeur tchèque a passé le plus clair de son temps à détruire son propre gouvernement, avant que la présidence suédoise reprenne le fil interrompu. Ce temps est révolu : le Conseil européen aura désormais un Président à temps plein, pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans. Sur la scène internationale, l’Union aura le visage d’un Haut-Représentant, placé à la tête d’un réseau diplomatique propre d’environ 5 000 personnes. Les citoyens pourront influencer directement la politique européenne. Finis le fameux “déficit démocratique”, l’indifférence des grands médias, le taux de participation dramatiquement faible aux élections européennes ! Le Parlement européen aura la plénitude du pouvoir législatif, et ce sont les citoyens, et non plus les gouvernements, qui éliront eux-mêmes le futur chef de l’exécutif européen, le Président de la Commission, comme ils élisent leur maire ou, chez nos partenaires, leur Premier Ministre, c’est-à-dire comme tête de liste – ici, à travers l’élection du Parlement de Strasbourg. Pour la succession de José Manuel Barroso, les grandes familles politiques européennes seront invitées à proposer à la fois un véritable programme législatif – ce qu’ils n’ont encore jamais fait – et le nom de leur candidat pour le “gouvernement” de l’Europe. Les grandes télévisions se bousculeront pour organiser un face-à-face entre les deux principaux candidats, comme au moment des élections présidentielles française ou américaine. L’Europe ne sera plus un bouc émissaire facile et anonyme : elle aura un visage, un responsable direct devant les citoyens.
Les nouveaux pouvoirs de ceux-ci ne se limiteront pas là. Ils auront la possibilité de lancer eux-mêmes des initiatives politiques : la signature d’une pétition d’au moins 1 million de citoyens appartenant à plusieurs Etats membres obligera les dirigeants européens à se saisir du problème ou du projet, à en débattre, et à prendre position publiquement. Partis, syndicats, associations, étudiants, travailleurs frontaliers, expatriés, cadres ou ouvriers de multinationales, conjoints ou enfant d’une famille binationale, etc. auront là un moyen très nouveau et très concret de faire vivre la “démocratie participative” à l’échelle du continent.
Enfin, l’Europe étend son champ de compétence dans des domaines où l’efficacité oblige nos Etats à agir unis. Sur l’ensemble des relations extérieures commerciales, financières, économiques, techniques, scientifiques, environnementales. Sur l’énergie, par quoi tout avait commencé en 1951 (le traité charbon-acier), et où tout s’était délité au moment des chocs pétroliers des années 70 : face à l’arrogance gazière de la Russie, face à l’objectif historique de l’énergie “décarbonée”, l’Union aura enfin les moyens de l’action conjointe et forte. Elle pourra aussi avoir une véritable politique spatiale. Sur la “grande” politique étrangère et la défense, si la compétence de base reste aux Etats membres, ceux-ci s’obligent à se coordonner sous la présidence du Haut-Représentant européen. Et, en matière militaire, les pays déterminés à mettre leurs moyens en commun pourront le faire sans attendre les autres. Certes, il n’y aura pas tout de suite une seule diplomatie européenne, le Président des Etats-Unis n’aura pas encore un seul interlocuteur de ce côté-ci de l’Atlantique. Mais, ainsi qu’ils ont commencé de le faire à propos de la grave crise iranienne, les dirigeants des grands pays pourront plus facilement trouver le chemin d’un consensus, et ils disposeront ensuite d’un outil civil et militaire pour le traduire dans les faits. Bien sûr, la qualité de la musique dépendra du talent des compositeurs et des instrumentistes. Encore fallait-il inventer l’instrument. Voilà qui est fait. Européens, au travail !

Alain Lamassoure,  Député européen,
Président de la Commission des budgets
au Parlement Européen


Oui irlandais au traité de Lisbonne : la victoire d’une démocratie à sens unique

 


La victoire, en Irlande, du “oui” au traité de Lisbonne est celle d’une démocratie à sens unique, d’une démocratie où l’on vote jusqu’à ce que oui s’ensuive. Les partisans de cette Europe antidémocratique feraient bien d’avoir le triomphe modeste et discret : ce nouveau coup de force, après l’enterrement des non français et néerlandais, ne les honore pas et aggrave encore le déficit d’image et de résultat d’une usine à gaz sans âme ni idéal, condamnée d’avance par l’histoire. Surtout, ils ne doivent pas oublier que la partie est loin d’être finie, la perspective d’un référendum en Grande-Bretagne dès l’année prochaine laissant l’espoir d’une mise en échec définitive du traité de Lisbonne. Quoi qu’il arrive, la nécessité de penser et promouvoir une construction européenne alternative, réaliste et démocratique, demeure plus que jamais. C’est ce à quoi Debout la République continuera à consacrer ses efforts, avec toutes celles et tous ceux qui savent que la démocratie finit toujours par avoir le dernier mot.

Nicolas Dupont-Aignan, Député de l’Essonne,
Président du rassemblement gaulliste Debout la République

Soulagement et Source d’espoir

 


Le  vote du peuple irlandais est un soulagement et une source d’espoir. Soulagement car la victoire du Non aurait signifié le statu quo quant au fonctionnement actuel insatisfaisant de l’Europe. Source d’espoir, car si le processus de ratification va jusqu’à son terme, l’Europe verra ses institutions réformées et sa capacité à prendre des décisions à 27 renforcée.
Il sera désormais plus facile de mener à bien des politiques communes, à même de répondre aux grands enjeux continentaux actuels.

Christine de Veyrac Député européen du Sud-ouest
Présidente de l’UMP Haute-Garonne


Oui irlandais : Un pas de plus vers une démocratie européenne renforcée

 


Le député européen Kader Arif salue l’approbation du Traité de Lisbonne par le peuple irlandais. Avec ce vote, 25 Etats membres sur 27 ont exprimé leur souhait de donner à l’Union européenne un nouvel élan marqué du sceau de la solidarité. “J’espère que ce vote irlandais sera un nouveau départ pour la construction politique de l’Union européenne” a souligné Kader Arif. Le Parlement européen doit être au coeur de cette rencontre entre les citoyens et les politiques communautaires. Or, comme le rappelle Kader Arif, “le Traité de Lisbonne renforce la démocratie européenne, en renforçant le Parlement européen, unique institution européenne directement élue par les citoyens.”  Ainsi, en tant que membre de la commission du commerce international, le député du Sud-ouest anticipe une modification en profondeur de son travail parlementaire : “Jusqu’à présent, le Parlement n’avait quasiment aucun pouvoir en matière commerciale. Désormais, la Commission européenne devra nous rendre des comptes, et en tant que porte-parole des socialistes européens pour le commerce international, j’utiliserai à plein nos nouveaux pouvoirs pour contrôler le travail de la Commission et définir les mandats de négociation de manière conjointe et transparente.” Kader Arif en appelle maintenant à la responsabilité du Président de la République tchèque, Vaclav Klaus, pour qu’il s’inscrive dans ce même élan de solidarité et signe la loi de ratification, par ailleurs largement votée par son Parlement et validée par la Cour constitutionnelle tchèque.

Kader Arif


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