Tour de France; Une pluie de vélomanes !

Le Tour de France a fait escale à Toulouse le week-end dernier
pour le plus grand bonheur des badauds, même si le mauvais temps n’a pas vraiment profité aux commerçants.
Quelques mois après l’ouverture des stations VélôToulouse, la Ville rose se met au diapason de la Petite Reine et emboîte la roue du Tour de France. Le week-end dernier, la cité toulousaine a vibré au rythme du deux-roues en accueillant les coureurs au terme de la 8ème étape de la Grande Boucle ; une première depuis 23 ans. La caravane, partie de Figeac pour un parcours de 172,5 kilomètres sans grande difficulté et réservée aux sprinters, a fait son apparition samedi vers 15h45 pour un défilé de 200 véhicules et pas moins de 15 millions de cadeaux distribués ! De quoi redonner un peu de chaleur aux inconditionnels massés sur l’itinéraire toulousain et accompagnés par la pluie tout au long de la manifestation.
Plus tôt dans la journée, Toulouse a replongé dans l’époque 1900 avec la reconstitution d’une étape historique marquant la suprématie de Maurice Garin, premier vainqueur du Tour en 1903. Organisé par le service Animation Socioculturelle de la Mairie, le rallye Vélo-Cité a permis aux participants de se prendre le temps d’une après-midi pour les pionniers de la Petite Reine : «Tous les cyclistes étaient habillés façon 1900 et la présence de l’Amicale Denis Papin a permis la présence de voitures et vélos d’époque», explique Aline Degert Maugard, responsable de la communication du service. «Nous avions personnifié Maurice Garin et les participants faisaient partie du peloton lancé à sa poursuite sur l’Ancien Boulevard du Vélodrome, près du Pont des Catalans. Tout ce beau monde a traversé la cité et même la Cour Henri IV à la mairie en plein mariage ! L’arrivée a été entièrement reconstituée avec la présence de comédiens grimés en commentateurs style Pathé.» De jeunes ados de Lalande, en camp de vacances à Saint-Nicolas de la Grave dans le Tarn-et-Garonne ont même rejoint le peloton à l’issue d’une longue étape de trois jours. Ce rallye Vélo-Cité a connu une bonne participation malgré le mauvais temps : «Nous avions tablé entre 100 et 200 personnes. Nous en avons eu 130 ce qui est très honorable. On peut imaginer que, sans la pluie, le public aurait été plus nombreux», confie Aline Degert Maugard.

 

Les commerçants déçus

Si l’obtention de deux étapes du Tour (l’une à l’arrivée et l’autre au départ de Toulouse) fut le fruit du travail de l’ancienne municipalité, la nouvelle équipe en place au Capitole a dû organiser la manifestation. Bernard Marquié, adjoint à la mobilité et aux déplacements, avait il y a quelque temps lâché sans grand enthousiasme : «Aujourd’hui, on fait avec mais on verra pour la prochaine édition». Il faut dire que la municipalité a dû pédaler pour modifier la circulation et l’accès aux parkings. Pourtant, les organisateurs du Tour estiment que les retombées économiques pour une ville comme Toulouse peuvent atteindre 1 million d’euros et donc largement rembourser les 160 000 euros versés pour l’obtention des deux étapes.
Des retombées que les commerçants pensaient très certainement supérieures à la réalité, à commencer par les cafetiers : «Nous avions prévu 50 % de recettes supplémentaires mais on est loin du compte. Le bilan n’est pas désastreux mais la pluie n’a pas joué en notre faveur. C’est fort dommage», confie Bernard Bosc, président des cafetiers 31. Cependant, les commerçants se réjouissent d’un tel événement : «Il s’agit d’une manifestation gratuite et populaire qui draine beaucoup de monde. C’est une bonne initiative et on en redemande !»
Mais ces considérations financières ne doivent pas occulter la magie de la Grande Boucle et son engouement populaire. Car les milliers de badauds étaient bien là à l’arrivée sur le boulevard Lascrosses samedi en fin d’après-midi pour assister à la victoire du Britannique Mark Cavendish, entre deux averses. Mais la pluie ne les a pas empêchés de revenir le lendemain matin pour encourager les coureurs au départ de la place du Capitole. Et si le ciel menaçant ne permettait pas d’apercevoir les chaînes pyrénéennes, la caravane a bien pris la direction des cols escarpés jusqu’à Bagnères de Bigorre pour le plus grand bonheur des grimpeurs. Les Toulousains ont dit au revoir au Tour de France, en espérant que le centre de la Ville rose n’attendra pas encore 23 ans avant de revoir la Petite Reine et que le spectacle des cyclistes aura fait des émules et des adeptes du deux-roues !

Sophie Orus


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