Toulouse, ville propre ?

Les rues de Toulouse seraient aujourd’hui « trois fois plus propres » qu’en 2009. Bilan à mi-étape du Défi propreté lancé fin 2010.

 

Eternel débat que celui de la propreté à Toulouse. Depuis plus de trois ans, les services d’entretien de la ville ont été réorganisés en pôles du fait de la création de la Communauté Urbaine (Toulouse Métropole). Auparavant, « de nombreux services étaient désorganisés. Il n’y avait pas de coordination du tout.» avance Pierre Cohen, Président de la Communauté Urbaine. Aujourd’hui, l’heure est à un bilan mi-étape du Défi Propreté lancé en 2010. Il a été présenté vendredi place Belfort, zone test : «C’était un quartier particulièrement sales où des efforts ont été faits.» déclare Alexandre Marciel, adjoint au maire et élu à la C.U. en charge notamment de la propreté, qui prend pour exemple les neuf canisites (dont quatre déplaçables), les 120 corbeilles avec cendriers et les trois sanisettes gratuites installés dans ce secteur. «Il y a des moyens qui maillent suffisamment l’espace pour que ceux qui sont le plus civiques trouvent les outils de la propreté.» poursuit Alexandre Marciel.

 

1500 rappels à l’ordre en un an ?

 

Parmi les autres mesures mises en place, le renforcement des équipes de nettoyage sur le centre-ville en fin de semaine, l’équipement des agents du PDA (ces téléphones portables ou «zapettes» qui visent à signaler toute dégradation sur la voie publique en temps réel), ou  l’observation par les «ambassadeurs de l’espace public» de 500 rues de l’hypercentre, dix-neuf fois par semaine et six semaines par an : «ce sont dix employés de la CU, qui regardent avec l’œil du riverain. A l’aide d’une grille, ils relèvent la présence de quinze déchets. Et c’est l’alimentation de cette grille qui permet de sortir la notation d’une rue, propre, sale ou convenable, et de mettre les moyens qu’il faut au moment où il le faut.» explique Laurent Guyon, directeur du Pôle 1 à la Communauté Urbaine.

Mais «on ne peut pas mettre de la contribution publique à l’infini.» note Pierre Cohen. Un système de sanctions a été instauré à l’automne 2011. 1500 personnes auraient été rappelées à l’ordre en un an, dont plus de la moitié aurait payé en moyenne une amende de 35 euros. Cependant, «nous ne sommes pas dans une course à l’échalote de la verbalisation» nuance Alexandre Marciel, «nous sommes davantage dans de la pédagogie.»

Ainsi, les représentants de la Communauté Urbaine estiment que les rues toulousaines sont désormais « trois fois plus propres qu’en 2009», même «s’il reste du travail dans certains endroits comme les allées Jean Jaurès» précise Laurent Guyon. Pour Pierre Cohen, les Toulousains eux-mêmes doivent se discipliner : «le geste citoyen n’est pas encore au rendez-vous et le problème ne va pas aller en s’arrangeant, dans une ville de plus en plus vivante, active.»

Le budget propreté 2013 (part de la ville de Toulouse dans Toulouse Métropole) se monte à 39 millions d’euros.

 

 

Jean-Luc Moudenc

« Volontarisme et civisme »

 

Réaction de l’ancien maire de Toulouse et leader du groupe d’opposition municipale Toulouse pour tous.

 

Jean-Luc Moudenc, Toulouse serait aujourd’hui « trois fois plus propre qu’en 2009». Qu’en pensez-vous ?

Le sentiment des Toulousains ne correspond pas à l’autosatisfaction affichée par Pierre Cohen. Il est seul à posséder ce référentiel qui n’a jamais été discuté en conseil municipal. Au fond, Pierre Cohen fixe lui-même la règle du jeu qui lui permet de dire : « ça va mieux ». Tout cela n’est ni très crédible, ni transparent.

 

Mais selon vous, des efforts ont-ils été faits ?

Oui, je ne le nie pas. Et c’est tant mieux. Toute avancée dans ce domaine doit être saluée. Nous souhaitons tous une amélioration de la propreté à Toulouse, qui est devenue un vrai problème… Mais je note qu’aujourd’hui, il reste de nombreux points noirs. Il faut continuer l’effort de la collectivité mais aussi citoyen, car ces avancées ne peuvent pas dépendre que de la collectivité.

 

C’est précisément ce que dit Pierre Cohen. Vous le rejoignez sur ce point ?

Oui. On ne peut résoudre ce problème que par une double action : un volontarisme communautaire beaucoup plus soutenu et un civisme bien plus vertueux des Toulousains.

 

Vous avez à l’époque pointé du doigt la réorganisation des services d’entretien. Pour quelle raison ?

Parce que je pense qu’elle a été un facteur de perturbations. J’estime que définir des zones d’intervention, des pôles, qui englobent à la fois des quartiers toulousains et des communes périphériques pour des questions de propreté, ce n’est pas très pertinent. La problématique de la propreté dans une ville de 400 000 habitants ne se pose pas du tout de la même manière que dans une commune qui en compte 5000. D’autre part, mélanger dans une même entité, des équipes très professionnalisées comme le sont depuis longtemps les services toulousains, avec des éléments venus des autres communes qui n’ont pas eu à traiter les mêmes problèmes, a créé beaucoup d’hétérogénéité. J’en ai eu des échos. Ce découpage territorial n’est pas le plus efficace pour assurer la propreté dans la ville-centre. J’observe d’ailleurs que la plupart des communautés urbaines, y compris celles à direction socialiste, a veillé à maintenir le découpage communal pour la ville-centre, et à l’intégrité de la spécialisation des équipes.

 

Vous regrettez aussi la disparition des maires de quartier…

Oui. On s’adressait à lui quand le quartier était sale. C’était un allié de la population, il était poussé par elle pour agir. Aujourd’hui cette disparition aboutit à une sorte de face-à-face entre l’administration et la population. C’est une source de moindre réactivité malgré le professionnalisme des équipes de propreté qui ne sont pas en cause.

Propos recueillis par Claire Manaud

 

 

 

 



UN COMMENTAIRE SUR Toulouse, ville propre ?

  1. ricaud dit :

    piste cyclable arènes-jardin fontaine Lestang niveau station total tellement SALE et envahie d’herbes que ce

    week end nous avons eu le plaisir de voir des serpents… les crottes c’est bien mais il n’y a pas que ça….

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