Toulouse; Sortir la tête de l’eau

L’Agence de l’Eau Adour-Garonne vient de présenter une étude sur le prix de l’eau en 2008 dans tout le bassin et notamment en Haute-Garonne. Si Toulouse se situe dans la moyenne, elle pourrait voir ses prix baisser avec un retour en régie des services.

 
On s’en sert tous les jours en grande quantité et pourtant 64 % des Français ignorent le prix qu’ils paient chaque année pour l’eau potable. C’est ce que révèle une étude de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne qui pour la première fois dresse un bilan du prix de l’eau dans tout le bassin pour l’année 2008. A Toulouse, il est en moyenne de 3,25 € le m3*, soit en augmentation de près de 4 % par rapport à 2007. L’eau potable y est moins chère qu’à Cahors ou Auch mais nettement plus élevée qu’à Mont-de-Marsan ou Albi. La moyenne en Haute-Garonne est de 3,01 € et le prix est beaucoup moins conséquent en milieu urbain que dans les zones rurales.
Pourquoi autant de disparités ? : «Les facteurs qui influencent la variation du prix restent la nature des habitats à alimenter, le niveau d’équipement de la commune, les performances atteintes par les ouvrages et la situation géographique», explique Jocelyne Di Mare, technicienne de l’Agence de l’Eau. «Par exemple, l’eau peut faire jusqu’à 40 kms pour être acheminée dans la ville, d’où un prix plus élevé que dans certaines autres communes de plus de 5 000 habitants.» Autre constat de l’étude, la part grandissante de l’assainissement dans la facture du particulier. Car d’ici 2011, les collectivités devront avoir réalisé les travaux imposés par les normes européennes en matière de station d’épuration. C’est l’une des raisons pour lesquelles le prix de l’eau potable à Toulouse a flambé ces dernières années avec l’aménagement de la station de Ginestous.

 

La délégation de service plus chère que la régie

Mais le grand enjeu de cette étude de l’Agence de l’Eau reste la comparaison des modes de gestion des services qui conditionnent également le total des factures. «Nous ne voulons pas entrer dans un débat public/privé mais il est clair que la délégation des services est plus chère que la gestion en régie. Nous avons comparé le fonctionnement de 20 collectivités de plus de 5 000 habitants et l’écart de prix est en moyenne de 20 %», constate Marc Abadie, directeur général de l’Agence de l’Eau. En clair, mieux vaut pour le consommateur d’habiter dans une commune qui prend en charge les services. La communauté de communes d’Agen a repris ses compétences d’eau et d’assainissement, tout comme la Communauté Urbaine du Grand Toulouse. Par contre, Montauban abandonne la régie pour la délégation de service public.
A Toulouse, le retour en régie de l’eau, gérée par Véolia depuis le début des années 90, est l’une des batailles de la nouvelle municipalité. Elle a d’ailleurs lancé un audit afin de récupérer d’ici 2015 la gestion de l’eau. Le but est de baisser son prix pour les Toulousains mais pour l’instant rien n’est acquis (voir interview). Cet objectif est aussi celui de la majorité des communes du département même si la bataille des élus doit, pour l’Agence de l’Eau, se situer ailleurs : «Il faut que les collectivités parviennent à des prix unifiés dans tout le département de Haute-Garonne et pour cela, il faut envisager un processus de mutualisation», explique Marc Abadie. Pourrait-on imaginer un jour une eau gratuite pour tous ? : «Certainement pas ! Les services sont toujours payants et de toutes façons, la loi l’interdit». Et la morale aussi. Mais les Toulousains ont déjà trouvé la parade : «Ils consomment de moins en moins d’eau et se servent de moyens alternatifs comme la récupération des eaux pluviales ou les forages.»

Sophie Orus

* Sur la base d’une facture d’un foyer
de trois personnes consommant
120 m3 d’eau par an




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