Toulouse sent désormais le souffre. À qui la faute ?

Thomas SimonianLa ville rose n’était pas connue pour son côté sulfureux. Toulouse préférait laisser cette image-là à son amie marseillaise… Les bords de Garonne étaient même plutôt réputés pour leur quiétude, et l’insécurité y était souvent plus un sentiment qu’une réalité. Pourtant, aujourd’hui les choses ont bien changé. La violence gagne clairement du terrain, les faits divers se multiplient, les incivilités énervent et les guerres de gangs ne sont plus l’exclusive d’autres agglomérations… Nous pourrions ajouter à ce diaporama nos désormais traditionnelles manifs du samedi, ou notre blocage universitaire annuel de la fac du Mirail, rebaptisée Jean Jaurès. Une nouvelle dénomination qui tombe à point nommé, comme pour rappeler le penchant frondeur du père fondateur de l’ « Humanité. » Car Toulouse est bien à l’image de l’homme de Carmaux, de celui qui fut l’un de ses élus du Capitole… Toulouse la rebelle n’est plus un mythe, c’est une réalité, mais qui reste triste par moments. Car la montée de l’insécurité actuelle est bien à combattre, et non à vénérer. Mais la question est : comment ?

« La bourgeoisie de notre ville a voulu fuir les réalités »

Face à cette interrogation, chacun dégaine avec ses armes, mais pour le moment personne n’a su imposer l’antidote véritable. Le bon docteur n’a toujours pas pointé le bout de son nez. Au Capitole, on affûte les canons, et on accélère la mise en place de la vidéosurveillance. Vraie ou fausse bonne solution ? Il est bien difficile de répondre objectivement tant on peut faire dire tout et n’importe quoi aux chiffres … Alors chacun y va de son couplet, et droite et gauche reprennent alors leur combat, laissé pourtant il y a quelques mois sur le champ de bataille des municipales. Comme si la rime prévention-répression sonnait comme un match de boxe. La réalité est que tous ne font que de l’enfumage … Que tout ceci n’est que la résultante de l’échec de la mixité sociale dans notre pays, et la conséquence directe des mauvais résultats du chômage. Qu’à Toulouse, qui osera dire que le projet du quartier du Mirail initié par Louis Bazerque, au début des années 60, fut une grossière erreur ? Que, dès les années 80, ce quartier était déjà devenu sensible, et que l’appellation de guetto lui colle à la peau à juste titre… Que l’on a enfermé sans le dire des Toulousains qu’on pensait alors peu fréquentables… Que la bourgeoisie de notre ville a voulu trop longtemps fuir les réalités… Que les bancs du Capitole ont, durant de longues années, étaient cirés par des élus qui ne connaissaient que la place des Carmes et la rue Alsace. Qui sème le vent récolte…



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