Toulouse : rose arc-en-ciel ?

La rentrée 2012 a été largement saturée par l’annonce de la proposition du projet de loi pour ouvrir le mariage aux couples du même sexe, qui doit être présenté au parlement en fin de mois. Quid de cette nouvelle à Toulouse dans le milieu gay-lesbien ? La ville rose est-elle prête au mariage pour tous ?

Au diable le Pacs ! A l’aube de l’autorisation pour les homosexuels de se marier en bonne et due forme, les réactions ne se font pas attendre. Excitations chez les uns de pouvoir enfin sceller leur union et afficher leur amour au grand jour, réticences des autres pour qui le mariage reste réservé aux couples de sexes opposés. Le sujet n’a pas fini de faire parler de lui. A l’association Arc-en Ciel, à Toulouse, Jean-Philippe Mauve, bénévole et administrateur explique en quoi le Pacs est insuffisant : «Primo, en cas de décès dans un couple homosexuel dont l’un a adopté, le partenaire n’a pas la garde de l’enfant. Deuxio, le Pacs ne donne pas automatiquement la nationalité. S’il y a séparation, la personne est reconduite à la frontière même après des années de vie commune en France. Enfin, le Pacs ne prévoit pas la pension de réversion en cas de décès du partenaire… Sans parler de la dimension symbolique», ajoute-t-il, «car signer un contrat au tribunal d’instance ne revient pas à faire une cérémonie à la mairie.» Par ailleurs, Pierre Cohen, s’est engagé à célébrer les Pacs, Salle des Illustres. «C’est très rare ! Aujourd’hui des maires déclarent qu’ils ne célébreront pas de mariage homosexuels en mairie même si la loi passe» s’insurge JP Mauve. Mais à Toulouse pas d’apriori. Si la communauté LGBT (lesbienne-gay-bisexuelle-transgenre) attend l’opportunité mariage avec impatience, c’est avec l’appui de la plupart des Toulousains. «Pour le droit de s’aimer librement», entend-on, «Cela ne change rien à ma vie de laisser les gens vivre la leur, pourquoi placer ce type d’entraves au 21e siècle ?», Michèle, 61 ans, raconte avoir milité pour la cause. Une crainte générale cependant : les dérapages, les refus, le scandale. «On va entendre des choses horribles», poursuit Jean Philippe Mauve, «cela me pose problème que des élus de la république avancent des propos antirépublicains». L’association Arc-en-ciel a déjà organisé plusieurs actions à ce sujet. Contre Brigitte Barèges notamment qui a eu des mots «plus que malheureux pour parler du mariage des couples du même sexe. Mais elle s’est excusée», ajoute-t-il. «Récemment nous nous sommes mobilisés, contre Torrents de vie*, qui proposait des séminaires de guérison contre l’homosexualité.» La religion apparaît comme le dernier frein à cette ouverture du mariage aux couple du même sexe : «Ils craignent que certaines unions ne leurs échappent, c’est une perte de pouvoir en quelque sorte.»

«Pas de hiérarchisation des amours»

Dans la communauté homosexuelle, des doutes subsistent encore quant à la manière dont sera rédigée la loi : «Il faudra être vigilant : nous demandons notamment un statut du beau parent, la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui). Mais pour l’instant l’adage républicain «liberté, égalité fraternité» doit être respecté pour abolir la hiérarchisation des amours.» poursuit JP Mauve. Déjà en mars dernier, à Toulouse, trois mariages symboliques (un hétérosexuel, un gay, un lesbien) avaient été célébrés par Gisèle Verniol, première adjointe au maire. Initié par le Mouvement des jeunes socialistes 31 et par l’association Homosexualité et Socialisme, l’événement misait à mettre l’accent sur la proposition de François Hollande d’ouvrir le droit au mariage aux couples homosexuels. Sur place, une cinquantaine de spectateurs s’était prise au jeu du «Vive les mariés !»

Homo/hétéro même combat

«Toulouse fait partie des villes où il y a une Marche des fiertés (ancienne Gay Pride, ndlr), on peut dire que c‘est une ville plutôt dynamique. On remarque d’ailleurs qu’un certain nombre d’hétérosexuels y participent. C’est un bon exemple de la cohabitation homo/hétéro qui fonctionne très bien» se félicite JP Mauve. L’édition 2012 avait drainé 18000 personnes, déambulant dans la ville rose derrière le fameux drapeau rayé. Chaque mois de février, le festival de cinéma LGBT DIAM (Des Images Aux Mots) pointe une coopération exceptionnelle avec les centres culturels de la ville : l’Utopia, l’ABC, la cinémathèque ou encore le Geothe institut sont autant de partenaires fidèles à l’événement. Pour Jean-Philippe Mauve, «La récurrence de ces festivités est la preuve d’une bonne intégration à Toulouse de la communauté LGBT et de l’esprit ouvert de la ville rose». Adèle est Bordelaise. C’est à Toulouse qu’elle a choisi de faire son coming out : «Pour moi, cette ville accueille la diversité, qu’elle soit sexuelle, culturelle ou ethnique. Il y a une place pour chacun. Elle fourmille d’endroits pour se retrouver, se rencontrer et le milieu associatif est très dynamique, il est facile d’y trouver une oreille attentive, des idées ou des infos».

Association Arc-en-ciel : permanence tous les samedis de 14h à 17h. 06.68.62.74.29 contact@aectoulouse.com

*Association Chrétienne

Aurélie RENNE



UN COMMENTAIRE SUR Toulouse : rose arc-en-ciel ?

  1. Ed Ouïge dit :

    Ah bon !! Il célébre le Pacs en mairie Mr Cohen !! Il faudra qu’il en informe les agents de Mairie !!! Car pacsées hier ! J’ai tel à la Mairie de Toulouse pour pas le faire au tribunal de ma ville qui est a 15 min de Toulouse ! Et l’agent de mairie que g eu m’a répondu un non bien agréable et aimable !!!

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