Toulouse; Pierre Cohen lance sa politique sociale

Lors de sa dernière séance, le Conseil Municipal de Toulouse a voté un plan de relance des logements sociaux et plusieurs mesures en faveur des SDF.

 
Face à la crise immobilière qui touche les promoteurs toulousains, la municipalité toulousaine a décidé de voter un vaste plan de relance visant à réaliser 1 103 logements sociaux sur le Grand Toulouse, via un programme d’acquisition en vente en l’état futur d’achèvement (Vefa). 719 seront produits par les organismes HLM et 384 par l’intermédiaire de la SNI, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations. Selon Daniel Benyahia, adjoint en charge de l’urbanisme, cette démarche est synonyme de «sauvetage» pour les promoteurs qui ne parvenaient plus à écouler les stocks et qui ont désormais la possibilité de revendre leurs programmes aux bailleurs sociaux.
Parmi les opérations déjà actées, 17 concernent Toulouse. 401 logements seront affectés à la reconstitution de l’offre sociale démolie dans le cadre du Grand Projet de Ville, «qui accuse un retard important» pour Daniel Benyahia et dont les loyers s’élèveront entre 4,6 et 5,8 € le m². Par ailleurs, 90 logements entreront dans le cadre de l’offre du Plan de Cohésion Sociale de la Ville rose et 173 logements intermédiaires seront réalisés par la SNI. Les mises en chantier sont attendues dans le courant de l’année et les livraisons interviendront à partir du 2ème semestre 2010 pour un coût total sur l’agglomération de 150 millions d’euros. Pour la municipalité, ce plan de relance, outre le fait de sauver les promoteurs, permettra «de limiter l’impact de la crise sur l’emploi dans le secteur du BTP».

 

La prise en charge des SDF

Toujours dans le cadre de sa politique sociale, la majorité toulousaine a décidé de poursuivre son action auprès des SDF après les incidents au bord du Canal du Midi et l’installation provisoire par la Ville des personnes démunies chemin du Raisin. «Nous voulions trouver des solutions pérennes», explique Claude Touchefeu, adjointe à la solidarité. «Nous avons signé une convention avec l’association Soleil afin de prendre en charge les personnes sans domicile fixe et les conduire à l’appropriation d’un logement en tant que locataire.» La municipalité met à leur disposition des habitations au sein de trois immeubles communaux voués à la démolition. «Notre objectif est qu’aucune personne en errance ne soit pas en contact avec les services sociaux», confie Claude Touchefeu.
Autre décision originale : la prise en charge, en collaboration avec la Clinique Vétérinaire de Toulouse, de la vaccination, des frais d’identification, du déparasitage et de la stérilisation des chiens de SDF. «Pour entrer dans le lien social rompu avec les marginaux, il faut trouver des solutions innovantes. Et nous savons que l’animal de compagnie est essentiel pour eux. Mais cette décision relève également d’une question de santé publique : les SDF n’appliquent pas forcément les règles du code social en laissant les chiens sans laisse ni muselière. La prise en charge de la vaccination est donc importante pour le reste de la population», explique le maire Pierre Cohen. Cette mesure n’a pas séduit le groupe d’opposition Toulouse Pour Tous, par la voix de Jean-Luc Moudenc, qui s’inquiète des «risques d’attirer à Toulouse plus de SDF et donc de chiens.» Mais pour Pierre Cohen, «la préoccupation première de ces publics n’est pas l’orientation en termes de mobilité. La spirale de l’exclusion et de la marginalité est si difficile qu’on ne la choisit pas.» Et de conclure sur l’ensemble des délibérations sociales votées lors du dernier Conseil municipal : «Elles traduisent une politique de la Ville audacieuse. En partenariat avec l’Etat et les associations, nous voulons soutenir les plus faibles et revenir à une économie sociale et solidaire.»

Sophie Orus


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