Toulouse ou le coaching en devenir

Si le coaching fait fureur en France depuis deux décennies, la ville rose mène sa barque d’une manière toute différente. Car se faire coacher ou devenir coach rentre bien dans les mœurs toulousaines mais le flegme toulousain semble ralentir la cadence.

Impossible de recenser le nombre de coachs à Toulouse, mais à en croire les fédérations, comme la FFC (Fédération Francophone des coachs professionnels) ou l’ICF (International Coach Federation), le nombre d’adhérents à Toulouse est loin d’égaler les autres chiffres provinciaux. «Nous avons une trentaine d’adhérents dans la région, et une vingtaine en Haute-Garonne», explique Valérie Moissonnier, de la FFC Midi-Pyrénées. «Les grandes villes sont habituellement très dynamiques en terme de coaching – Paris et Lyon en tête de liste- mais Toulouse reste désespérément à la traîne». Des chiffres qu’il s’agit tout de même de modérer puisque tous les coachs ne sont pas membres d’une fédération. Mais ce n’est pas un hasard s’il n’existe aucune école de coaching dans la ville rose, a contrario des autres grandes villes françaises… La Haute école de coaching en a récemment fait les frais : décidée à ouvrir une antenne à Toulouse (après Lyon, Genève et Casablanca), dès septembre, elle a dû revoir ses ambitions à la baisse, les trois inscrits ne justifiant pas le lancement de la formation. Le projet mort-né a donc été repoussé à une date inconnue et les élèves inscrits conviés à Paris… Comme l’explique Françoise une élève de la Haute Ecole de Coaching, résidant près de Toulouse : «Je n’ai pas trouvé de formation de coaching à proprement parler dans la région. A vrai dire, je recherchais une école, c’est pourquoi j’ai voulu rentrer à la Haute école. Je regrette tout de même de ne pas trouver l’identique dans la région car aller sur Paris engage des frais de transports et d’hébergements supplémentaires.»

 Une profession émergente

Devenir coach ou faire appel à un coach reste une démarche assez épineuse. Et ce manque de repère heurtant cruellement la profession n’est pas pour faire avancer les choses : pas d’école reconnue, un métier disparate et difficile à quantifier qui est donc mal recensé par l’URSSAF ou les CCI. En outre, chaque coach développant sa propre spécialité (coach sportif, coach de vie, coach en entreprise etc.) impossible à ce jour d’établir un cadre autour d’une profession qui part un peu dans tous les sens. «Aujourd’hui le métier est malheureusement encore peu reconnu», regrette Moera Saule, ancienne élève de l’ICF aujourd’hui coach carrière internationale et développement professionnel à Toulouse, «pourtant la demande est grandissante en termes de clientèle et de personnes qui veulent se former, mais le manque de cadre fait peur et les arnaques sont multiples pour une profession encore émergente dans la région.» Convaincue qu’une manne du coaching existe pourtant dans la ville rose, Moera se lance dans l’ouverture de la prétendue première école de coaching toulousaine. Lancement prévu pour janvier 2013, d’une antenne de l’ICF qui proposera une formation sur 5 mois, (à raison de quelques jours par mois), pour la «modique» somme de 7800 euros. Intitulée «l’art et la science du coaching», la formation entend préparer des coachs qui en sortiront avec un niveau équivalent à 750 heures d’expérience. «Cela peut paraître cher au départ mais c’est très intense. Si l’élève s’investit dans le cursus et développe son activité en parallèle, le coût initial est rentable». Car il paraît que l’on en sort différent. Ils sont tous unanimes là-dessus : se former au coaching est une introspection, d’une intensité telle que plus rien n’est comme avant. «C’est ce qui fait la qualité d’un coach, qui doit dans l’idéal avoir suivi une psychothérapie». L’idée ? Se connaître soi-même assez bien pour aider l’autre. Mais attention, ne devient pas coach qui veut : «Il faut être profondément humaniste et altruiste, et être animé d’une volonté bienveillante, car l’accompagnement demande une fibre humaine et relationnelle de qualité».

«Le coaching est un accompagnement qui va permettre à une personne, une équipe ou une organisation d’atteindre des objectifs qu’elle ne pouvait atteindre seule. C’est un catalyseur qui aide à parvenir à un but identifié».

A ce jour, il est pourtant facile de trouver un coach ou un formateur au coaching à Toulouse. Il suffit de pianoter sur le net pendant quelques secondes pour se rendre compte de l’étendue des possibilités. A condition d’accepter de se lancer dans l’aventure sans filet. Ni formation, ni conseil, ni psychothérapie, le coaching est une voie à part, qu’il est difficile d’évaluer au premier abord. C’est ce que raconte Jérôme 28 ans, qui a longtemps cherché un coach de vie : «Je me trouvais à chaque fois devant des gens qui soit me donnaient l’impression de m’allonger sur le divan, soit choisissaient à ma place ce que je devais faire de ma vie… L’expérience a été très mauvaise, mais comment trouver un coach réputé et s’investir en confiance ? » Aujourd’hui le mot «coach» est employé à tort et à travers et blesse une profession pourtant existante, en mal de crédibilité. «Les outils du coach sont le questionnement, la formulation et le soutien. On ne devient pas coach en quelques semaines, il faut laisser le temps d’acquérir les compétences théoriques et de les mettre en application sur le terrain, termine Valérie Moissonnier, protestant contre : «les nombreux imposteurs polluant la profession. Devenir coach est un vrai métier qui demande des compétences sérieuses et efficaces car on «travaille avec un être  humain» et être coach, c’est respecter avant tout la personne que l’on accompagne».

Attention aux arnaques : quelques clefs à destination de ceux qui veulent se former…

-Le formateur doit être membre d’une fédération

-Il doit avoir au minimum une dizaine d’années d’expérience

-Il doit avoir plus qu’un diplôme en coaching (degrés dans des disciplines complémentaires)

-Il doit avoir suivi une psychothérapie

-Il doit être formé à des outils de personnalité comme le PLN (programme neurolinguistique)

 …Et à ceux qui veulent se faire coacher :

-Un coach ne prend jamais de décision pour son client

-Il l’aide à se réaliser et demeure un soutien quotidien

-Il valide un objectif et met tout en œuvre pour que son client l’atteigne

-Il cherche ce qui motive son client, afin de l’aider à avancer

-Il n’intervient jamais sur le passé mais reste centré sur le présent et projette son client vers l’avenir

Aurélie Renne



2 COMMENTAIRES SUR Toulouse ou le coaching en devenir

  1. Dumez dit :

    Etant moi même coach de vie à Toulouse, ce que je peux conseiller aux personnes qui sont en recherche d’un coach, c’est de regarder le site internet de l’école qui l’a formé. J’ai choisi mon école pour son programme riche et qui me correspondait ainsi que pour l’expérience pratique qu’elle apportait : il fallait accompagner gratuitement au moins trois personnes, rendre un mémoire sur ces coachings, être accompagné soi-même par un autre coach pendant un an et se co-coacher entre apprenant.

    Je reviens sur les programmes qui sont très importants et feront qu’un coach aura ou non de bons outils. Chaque personne est très subjective par rapport à cela (regardez même les programmes scolaires, touts le monde n’est pas d’accord avec l’éducation nationale sur les méthodes de lecture notamment). En vous renseignant sur le programme que le coach a suivi, vous pourrez trouver celui qui vous correspondra.

    Une dernière remarque, ne confondez pas coach avec consultant (même si certaines personnes font les deux métiers). Le consultant peut prendre des décisions pour le client a sa place alors que le coach aide le client à prendre ses propres décisions.

    En espérant vous avoir éclairé,

    Elodie D

    • Bibi dit :

      Bonjour
      Peux tu me conseiller une ecole? Pres de toulouse ou montauban? Merci

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