Toulouse ; L’opposition monte au front

Après six mois de mandat pour la gauche, le groupe d’opposition “Toulouse pour tous” mené par Jean-Luc Moudenc juge le premier bilan de Pierre Cohen. Et les critiques fusent.
 

Boutés hors des murs du Capitole, la droite toulousaine prépare la riposte avec en tête des troupes l’ancien premier magistrat de la ville Jean-Luc Moudenc. Les nouveaux occupants de l’Hôtel de Ville, taxés d’«immobilisme», n’ont qu’à bien se tenir. Le groupe “Toulouse pour tous” dégaine en effet l’artillerie lourde pour dresser le bilan de Pierre Cohen après six mois de pouvoir. Premier missile décoché par Moudenc lui-même sur l’impression générale de ce début de mandat : «L’action municipale se situe dans la lancée de ce que nous avions mis en place. Cohen est en panne d’idées et de grands projets, de perspectives et d’orientations. C’est un spécialiste de la parole mais je constate une impression de vide que Pierre Cohen masque par des attaques virulentes contre l’ancienne équipe et une politisation à outrance des discours. Nous attendons des actes.»
Nouvelles salves de critiques de la part des autres élus de l’opposition municipale à commencer par Danièle Damin qui déplore «la suppression des maires de quartier et des commissions consultatives, sans aucune concertation. Nous sommes choqués que la nouvelle organisation de la démocratie locale soit si compliquée et si bien ficelée avant même que ne se tiennent les Rencontres de la Démocratie.» Autre sujet de conflit, la culture chère à Marie Déqué qui constate que «Pierre Cohen s’inscrit dans l’héritage de l’équipe précédente. Les Assises sont a priori une belle initiative mais aussi un échec : donner la parole à tout le monde pour n’entendre personne !» Education, sécurité, commerce, urbanisme… tous les sujets sont bons pour pointer du doigt «les contradictions et le manque d’engagement» de Pierre Cohen.

Transports, la discorde

Jusque-là chasse gardée de la gauche, la solidarité dans la ville est elle aussi sujette à polémique : «La nouvelle démocratie est une mascarade. Les quartiers se sentent délaissés, il n’y a plus de proximité», souligne Djillali Lahiani, ancien conseiller municipal, remplaçant Françoise de Veyrinas. François Chollet exhorte quant à lui les troupes à réagir sur l’aéronautique et le Cancéropôle : «On assiste à une absence de portage politique des grands secteurs. Intervenir dans l’aéronautique est un enjeu pour le tissu économique toulousain. Pierre Cohen avait promis des actions concrètes vers la sous-traitance mais son retard ne joue pas en notre faveur. Il faut dire au monde entier que Toulouse investit dans l’aéronautique et l’espace. Du côté du Cancéropôle, son originalité repose sur la présence sur un même site d’un hôpital, de la recherche… et des entreprises ! Or, depuis six mois, aucune entreprise n’a signé. Il faut aller les chercher !»
Sujet stratégique de campagne, la problématique de transports revient dans la bataille par la voix de Jean-Michel Lattes : «Encore des promesses non tenues et des projets en stand-by : le Livre Blanc de la Mobilité, le ticket civique pour les salariés, l’agrandissement des stations de métro, la prolongation de la ligne B… Pierre Cohen nous parle d’un tram circulaire : où et pour quelle finalité ? Tous les aménagements inaugurés ces dernières semaines ont été votés il y a un an au Conseil Municipal. Si Cohen veut consacrer un budget de 30 millions d’euros aux transports, il en coûtera au contribuable toulousain 120 euros par an au lieu de 60 aujourd’hui.»
Jean-Luc Moudenc conclut les hostilités en répondant aux assauts de son successeur : «Il prétend qu’il n’y a aucune salle de réunion au Capitole. Je lui indique donc de se rendre au Salon Rouge, à la salle des commissions et à celle du Conseil Municipal. Pierre Cohen m’accuse également de clientélisme. Qu’il cite donc des faits car il s’agit de critiques gratuites et insultantes. Enfin, il pense qu’il n’y avait pas de dialogue social avant qu’il n’arrive à la mairie. Je peux vous affirmer qu’en 37 ans de droite, il n’y a eu que très peu de conflits sociaux et de grèves.» Pas de pourparlers en vue, à quand la riposte de la gauche ?

Sophie Orus


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