Toulouse; Les pro feria sortent les banderilles

Un collectif très actif demande le retour d’une feria dans l’agglomération toulousaine l’an prochain, avec ou sans corrida. “C’est ma feria, objectif 2010 en Pays Toulousain” fait déjà un tabac sur Facebook.

 
Même si Fenouillet a décidé de ne pas renouveler son long week-end de fête et de tauromachie annuel, la feria n’a pas encore été totalement mise à mort. La preuve avec la mobilisation d’un collectif “C’est ma feria, objectif 2010 en Pays Toulousain” qui compte à ce jour plus de 4 000 membres sur Facebook. Divers clubs et associations comme Feria Garona, le Club Taurin de Toulouse ou Pena Garapito se sont retrouvés autour d’une dynamique commune : faire renaître une feria dans «la corne de l’Espagne» comme le chanteur Claude Nougaro appelait si joliment Toulouse. «La dernière édition de la feria de Fenouillet a réuni 120 000 personnes», plaide Pierre Casamintjana, porte-parole du collectif. «On ressent de la déception et un manque chez les gens. Nous souhaitons une feria, avec ou sans corrida. D’ailleurs, cette année et pour la première fois, les fêtes de Bayonne ne proposeront pas de spectacle taurin.»
Il faut dire que le sujet de la corrida a tendance à déchaîner les passions et mieux vaut être prudent dans la présentation du projet : «On fait facilement l’amalgame entre campo de feria et corrida, or les cibles ne sont pas les mêmes. Il ne faut pas en faire des homonymes.» Festayres contre aficionados, la priorité du collectif est avant tout de faire la fiesta : «Il n’existe pas à Toulouse de grand événement populaire de ce genre», déclare Pierre Casamintjana.
Autre argument du groupe : l’aspect économique : «Une feria entraîne des amplitudes économiques énormes pour l’emploi, l’activité des restaurants, brasseries, monteurs. A Fenouillet, la sécurité nécessitait l’emploi de 140 personnes sur 5 jours. Les retombées sont estimées dans la région entre 9 et 12 millions d’euros.»

 

Le soutien de personnalités

Reste à trouver un lieu susceptible d’accueillir plus de 100 000 visiteurs : «Pourquoi pas sur l’île du Ramier à la place du Parc des Expos qui devrait partir sur Aéroconstellation ?», propose Pierre Casamintjana. Car il ne faudra pas déranger le riverain, les derniers incidents à la feria de Vic Fezensac n’aidant pas les festayres. C’est pourquoi le collectif devrait muter en association dans les prochaines semaines avant de se positionner sur un véritable projet à présenter à Pierre Cohen à l’automne. Les pro feria bénéficient d’un sérieux engouement, notamment grâce à une soirée réussie le 12 juin dernier à Labège, et d’un soutien non négligeable de la part de personnalités comme le chanteur Christophe Maé ou des politiques de tous bords. Jean-Michel Lattes, ancien conseiller municipal toulousain de droite, Jean-Lionel Nogues, leader des Jeunes UMP 31, et surtout François Briançon, adjoint aux sports de la Ville rose, ont tous rejoint le réseau du collectif sur Facebook. Ce dernier précisait même sur son blog : «Je suis ce que l’on appelle un aficionado, c’est-à-dire un amateur de corrida. A ce titre, je dois faire la confidence que j’ai essayé de convaincre, sans succès, mes collègues de la majorité municipale d’accueillir à Toulouse la feria de Fenouillet mise à la porte par la nouvelle municipalité. Je trouve dommage que la tradition taurine ne se perpétue pas à Toulouse.» L’élu socialiste représente-t-il un atout de poids ou un soutien gênant pour la future association ? Une feria avec ou sans corrida, il faudra choisir…

Sophie Orus


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.