Toulouse fait sa « Précaire Pride »

Mardi 7 mai, la « Précaire Pride » a investi les rues du centre-ville de Toulouse. Au constat qu’en France 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 964€, la colère gronde au sein de la vingtaine d’associations membres du collectif organisateur.

« De plus en plus de pauvres. Des pauvres de plus en plus pauvres ». « Un droit c’est un droit, l’Etat est hors la loi », « Stop à la fabrique de la pauvreté » autant de slogans qui ont résonné dans les rues du centre-ville de Toulouse mardi dernier à l’occasion du défilé de la « Précaire Pride ». Une marche pacifique, où de nombreuses associations se sont rassemblées en collectif pour dénoncer « l’état de pauvreté et de précarité dans la 5ème puissance économique mondiale » où 9 millions de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 964€ par mois).  Des jeunes, des moins jeunes, des retraités, des actifs, des chômeurs, des personnes handicapées, sans logement… la liste de ceux qui se sentent laissés pour compte et qui poussent un cri d’alarme est longue. Robert Crémieux, du Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP), un syndicat qui existe depuis 27 ans, nous explique « nous, ce que nous disons, c’est qu’il faut une allocation universelle. Nous avons aussi des revendications pour les situations d’urgence des chômeurs en fin de droit. Une partie des gens en emploi salarié sont en situation de précarité. Il y a beaucoup de choses dans la société qui ne vont pas ! ». Le départ est donné place Esquirol. La « Précaire Pride » s’engage ensuite rue d’Alsace Lorraine. A chaque carrefour, le défilé s’interrompt et un orateur d’une des associations mobilisées prend la parole.

 

« Boulevard de la révolte qui gronde »

Durant ces arrêts, un colleur d’affiche rebaptise les rues. Ainsi, la rue de Metz est renommée « Boulevard de la révolte qui gronde », la rue d’Alsace Lorraine devient la « rue des paradis fiscaux » ou encore la rue Baour-Lormian s’estampille « rue de la réquisition des logements ». Pour beaucoup de manifestants, les dispositifs d’aide et d’accompagnement existants sont inadaptés ou saturés. Et ils sont aussi nombreux à réclamer le changement annoncé lors des dernières élections présidentielles, car « la précarité et la pauvreté ne sont pas une fatalité, ce sont des choix et des orientations politiques » nous explique une jeune retraitée qui manifeste par solidarité. Selon des sources policières, 150 personnes constituaient cette première manifestation à Toulouse. Avec ses revendications annoncées haut et forts, la « Précaire Pride » donne le top départ d’une série de manifestations qui se poursuivront au mois de juin. Lors de son assemblée générale du mois d’avril, le MNCP a lancé un appel général pour une marche des chômeurs sur Paris le mois prochain, qui a été entendu. Des marches seraient également organisées dans plusieurs villes de France à partir du 15 juin pour terminer la boucle à Paris. Une marche des chômeurs aurait lieu à Toulouse le 22 juin, l’information reste à confirmer.

 

Marie-Agnes Espa

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