Toulouse entretient son patrimoine

Suite aux Journées du Patrimoine qui ont connu un grand succès dans la ville rose, Pierre-Jean Dupuy, adjoint au directeur de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, en charge des dossiers territoriaux, des villes et pays d’art et d’histoire, revient sur le patrimoine toulousain et la manière dont il est mis en valeur.

 
Pierre-Jean Dupuy, pouvez-vous nous rappeler le rôle de la DRAC ?
La Direction Régionale des Affaires Culturelles est l’administration déconcentrée du ministère de la culture et de la communication, placée sous l’autorité du préfet de région et des préfets de départements. Elle a pour vocation de mettre en œuvre la politique culturelle définie par le ministre dans ses différents secteurs d’activité : patrimoine et architecture, musées, arts plastiques, enseignements artistiques, spectacle vivant, livre et lecture, action culturelle… À ce titre, elle joue un rôle de conseil et d’incitation auprès des collectivités locales et des partenaires. La Drac assure également un rôle de relais des grandes manifestations nationales d’animation et de promotion de la culture (Journées du patrimoine, Printemps des musées, Lire en fête…).

En quoi consiste le label de “ville d’art et d’histoire”, dont vous vous occupez plus particulièrement ?

Pour prétendre à la qualification de ville ou pays d’art et d’histoire, la collectivité territoriale concernée doit faire acte de candidature auprès du ministre de la culture et de la communication et répondre aux conditions posées par celui-ci pour l’attribution du label. Le rôle de la DRAC est d’accompagner la collectivité dans sa démarche, de la conseiller pour l’élaboration de son dossier de candidature. Le ministère de la Culture et de la Communication assure depuis 1985 la mise en œuvre d’une politique de valorisation du patrimoine et de sensibilisation à l’architecture, concrétisée par l’attribution du label “Ville ou Pays d’art et d’histoire”. Ce label, déposé à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), qualifie des territoires, communes ou regroupements de communes qui, conscients des enjeux que représente l’appropriation de leur architecture et de leur patrimoine par les habitants, s’engagent dans une démarche active de connaissance, de conservation, de médiation et de soutien, à la qualité architecturale et du cadre de vie. Le terme de patrimoine doit être entendu dans son acception la plus large, puisqu’il concerne aussi bien l’ensemble du patrimoine bâti de la ville que les patrimoines naturel, industriel, maritime, ainsi que la mémoire des habitants. Il s’agit donc d’intégrer dans la démarche tous les éléments qui contribuent à l’identité d’une ville ou d’un pays riche de son passé et fort de son dynamisme.
Cette démarche volontaire se traduit par la signature d’une convention “Ville d’art et d’histoire” ou “pays d’art et d’histoire”. Elle définit des objectifs précis et comporte un volet financier.

 

7 villes et pays d’art et d’histoire en Midi-Pyrénées

Quels sont les objectifs de ce label et les moyens dont dispose la DRAC pour les atteindre ?
Les grandes orientations de cette politique nationale se traduisent, au sein des conventions, par les objectifs suivants : la prise en compte de l’ensemble des actions de connaissance, de conservation, de protection et de valorisation de l’architecture du patrimoine et du paysage, l’inscription du projet “Ville ou Pays d’art et d’histoire” au sein de la politique publique locale et la sensibilisation des publics à l’architecture, au patrimoine et au paysage.
Les objectifs mêmes de la convention restent primordiaux : Il s’agit de sensibiliser les habitants à leur cadre de vie et inciter à un tourisme de qualité. Considérant que les habitants sont les premiers ambassadeurs de leur ville ou pays, des visites et conférences à thème sont programmées à leur attention en fonction de la spécificité et de l’actualité du patrimoine, de l’urbanisme et de l’architecture. Des actions spécifiques pour la population dont celles des quartiers périphériques, sont mises en place pour créer un sentiment d’appartenance à une communauté, pour l’inciter à préserver le patrimoine et à mieux comprendre les enjeux du développement urbain et paysager.
La convention permet également d’initier le jeune public à l’architecture, au patrimoine et à l’urbanisme. Les services éducatifs de l’architecture et du patrimoine sont une priorité des conventions.
Outre la mise en place des visites-découvertes, la convention préconise également la création d’un centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (CIAP), outil de référence présentant de manière didactique l’architecture et le patrimoine de la ville ou du pays. Véritable équipement de proximité, cet espace est également un lieu de ressources et de débat pour la population, propre à la présentation de l’histoire mais aussi à celle des projets d’aménagement contemporains.
Le ministère de la Culture et de la Communication apporte un soutien aux collectivités locales. Celui-ci est à la fois spécifique au territoire concerné et commun à l’ensemble des Villes et Pays d’art et d’histoire. Outre un accompagnement financier, il se traduit par des formations à l’intention des animateurs de l’architecture et du patrimoine et des guides-conférenciers. Actuellement, 7 villes et “pays” ont le label art et histoire en Midi-Pyrénées : Figeac, Cahors, Montauban, la Bastides du Rouergue, la Vallée de la Dordogne Lotoise, les Pyrénées cathares, et les Vallées d’Aure et du Louron.

En quoi Toulouse s’inscrit-elle dans cette notion de “ville d’art et d’histoire” ?

Ce label succède à l’appellation “Ville d’art”, disparue en 2005 qui mettait l’accent sur le  potentiel touristique de la ville. Le label ville d’art et d’histoire s’inscrit dans une approche plus culturelle de sensibilisation des habitants à leur cadre de vie et de développement d’un tourisme de qualité. Toulouse a l’appellation Ville d’Art. Elle n’est toutefois pas ville d’art et d’histoire. Il faut pour cela qu’elle se porte officiellement candidate à l’attribution du label dans le cadre de la procédure décrite précédemment.

Propos recueillis
par Séverine Sarrat


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