Toulouse décorée : « ville rêvée » ?

C’est joli, c’est chic, ça brille. Chaque année Toulouse se pare de milliers de petites étoiles apportant un peu de réconfort et de chaleur dans le froid de l’hiver et de la crise. Des illuminations très attendues par la plupart. Ce que l’on sait moins, c’est qu’un travail de longue haleine est dissimulé derrière ce joli rideau. Enquête dans les coulisses des illuminations de Noël.

Tout commence début septembre lorsque des dizaines de petites mains s’affairent à parer Toulouse de son plus bel éclat. Dignes de discrets lutins, ils vont et viennent avec malice, la nuit pour la plupart, emmitouflés et silencieux… Et chaque matin, lorsque la ville s’éveille, elle est un plus apprêtée, sans que personne ne soupçonne pour autant sa précoce coquetterie, puisque le top départ des illuminations n’est donné que le 29 novembre. Quiconque aura levé le nez en marchant n’aura pourtant pas manqué le retour impromptu en plein été indien d’un motif flocon tous feux éteints…

« Nous sommes la ville qui gère le plus grand parc lumineux en direct », indique Alexandre Marciel, maire adjoint chargé de l’éclairage public, rappelant que dans les villes de taille similaire, les associations de commerçants mettent la main à la pâte en plus du porte-monnaie. Le Capitole gère donc la pose, la dépose et le stockage, une opération non négligeable puisque l’installation reste le poste le plus cher, à hauteur de 650 000 euros par an et dépêche sur le terrain dès la fin de l’été une vingtaine de travailleurs de Noël. « Pour l’essentiel, ce sont des entreprises privées et ponctuellement des fonctionnaires de mairie qui participent à certaines installations. » La société Eiffage Energie notamment, gère la majeure partie des illuminations de la ville rose. Une mission de la plus haute importance puisque c’est elle qui installe le ciel lumineux de la rue Alsace Lorraine. « Ils nous apportent un savoir-faire, une stratégie »,   complète l’élu. «Nous nous sommes lancé dans un gros challenge avec ce plafond lumineux -l’un des plus grands d’Europe- la complexité de l’installation vient de la longueur : il faut composer avec les tendeurs traversant l’artère et les cordons à leds qui les croisent car c’est le réglage des creux et vagues qui font toute la beauté du plafond », explique Franck Dexidour, responsable d’exploitation chez Eiffage Energie. Et si la camionnette nacelle à l’effigie du Capitole a été partiellement utilisée, cela ne suffit évidemment pas à habiller toute la ville. Car cette année de nouveaux boulevards s’ajoutent encore à la volonté d’étendre les illuminations : l’avenue de Muret et celle de Grande-Bretagne ainsi que les mats des quais Lombard et de la Daurade. L’idée, sans surprise : « accompagner les travaux, mettre en valeur les récents aménagements » termine Alexandre Marciel.

C’est Noël toute l’année

« Plus on s’approche du terme (29 novembre, ndlr) plus la pression monte », poursuit Franck Dexidour. Côté mairie, le stress est partagé et aujourd’hui si les 95% du travail sont faits, Eric Combré, responsable des illuminations à la mairie Toulouse apporte un bémol à cette liesse hivernale : « on reçoit des demandes de dernière minute de la part des élus concernant des manques de ci de là. Avant le 29, tout ne sera pas fait c’est sûr ! » Que les Toulousains se rassurent : la grande majorité sera bien illuminée en temps et en heure, à quelques exceptions près. Aujourd’hui il reste surtout à faire des essais : « la nuit évidemment pour garder l’effet de surprise », indique Eric Combré, mais certains en profitent inévitablement en avant-première, « ils sont joyeux ceux-là, c’est un peu la piste aux étoiles pour eux ! » plaisante-t-il. D’ici quelques jours, les Toulousains pourront en prendre plein les yeux chaque soir jusqu’à janvier, lorsque les petites mains se remettront à la tâche : « il faudra alors tout enlever et stocker les décorations… dans nos ateliers : c’est une véritable caverne d’Ali baba de 2000 m», indique Alexandre Marciel, ravi d’évoquer un sujet peu connu : « c’est aussi là que sont réparées toutes les décorations entre mars… et juillet ! » Puis rebelote, après la trêve estivale, on attaque l’installation… A noter que les commerçants étant arrivés au bout de leurs cinq ans de remboursement du parc d’illuminations, on devrait donc pouvoir attendre quelques jolies nouveautés pour l’édition 2014-2015. En tout cas, au Capitole on ne badine pas avec Noël et c’est chez Blachère que l’on se fournit, l’un des trois fleurons français dans le domaine.

En chiffre

40 km de guirlandes

770 motifs différents

650 000 euros d’installation

300 heures d’allumage entre le 29/11/13 et le 02/01/14

 

Aurélie Renne



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