Toulouse célèbre son premier PACS

Vendredi dernier, Pierre Cohen a célébré pour la première fois un PACS (Pacte de Solidarité Civile) dans l’enceinte du Capitole, salle des Illustres.

 
Devant un parterre d’une cinquantaine de personnes, le maire a donné sa bénédiction à l’union de Jean Sakiroff et Jean-Bernard Rul vendredi dernier à 11h. «Cette cérémonie ne cherche pas à compenser la loi, mais nous avons tenu à montrer que, devant la maison commune que représente la mairie, tous les couples sont égaux», a précisé Pierre Cohen. Désormais, les PACS seront célébrés en même temps que les mariages, en fonction des calendriers et de l’emploi du temps de chaque élu. La procédure préalable reste quant à elle inchangée : les candidats devront toujours signer leur PACS au Tribunal de Grande Instance, seul habilité à l’enregistrer. Après avoir entendu le traditionnel “oui” du couple et leur avoir remis un document officiel, Pierre Cohen s’est dit «favorable à une réflexion sur le mariage des couples homosexuels».  

 

Prochaine étape : un centre d’accueil

La célébration du PACS au sein du Capitole constitue la première pierre d’une démarche municipale visant à plus d’égalité dans la cité. Conformément à l’une de ses promesses de campagne, Pierre Cohen souhaite mettre en place un centre d’accueil LGBT (Lesbien, gay, bi et transsexuel) dans la Ville rose. Saliha Mimar, conseillère déléguée à la promotion de la diversité, s’est rendue à Paris le 9 octobre dernier afin de rencontrer notamment Yamina Benguigui, chargée des droits de l’homme et des discriminations auprès de Bertrand Delanoë. En effet, la capitale possède déjà son propre centre LGBT et la municipalité toulousaine prévoit de se déplacer également à Nantes, Lille, Le Mans et Lyon. A Toulouse, le projet est en route et les discussions engagées entre les diverses associations qui devront travailler ensemble sur la plate-forme. Autres engagements : la création de l’Observatoire des discriminations et d’un espace des diversités de la laïcité courant 2009.

«Le combat n’est pas gagné»

L’association Arc-en-ciel regroupe à Toulouse à la fois des individus et des structures LGBT adhérentes, soit au total environ 500 personnes. Son président Didier Genty se réjouit de l’arrivée du PACS à la mairie de Toulouse, même s’il veut aller plus loin : «Pierre Cohen a respecté son engagement. Cette décision est intéressante sur le plan symbolique, d’autant plus que les PACS seront célébrés en alternance avec les mariages. On rend visible la différence. Mais le bout du chemin serait le mariage pour une reconnaissance des droits égalitaires.» En ce qui concerne la mise en place d’un centre d’accueil LGBT, l’association est satisfaite sans pour autant crier victoire : «L’ancienne municipalité faisait barrage et aujourd’hui le projet avance. Ce centre devrait ouvrir en 2009 ou 2010 mais nous nous battons pour qu’elle implique un emploi non précaire pour son fonctionnement. Nous avons attendu tellement longtemps cette structure qui existe dans d’autres grandes villes !»
Toulouse se met donc au diapason afin de reconnaître sa diversité : «Toulouse est plus ouverte aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que le combat est gagné car plus on accepte les différences, plus l’homophobie augmente. On rencontre encore des personnes victimes de discriminations ou des sans-papier LGBT qui ont été chassés de leur pays d’origine. Il reste encore un travail sur la visibilité des associations comme la nôtre qui ne sont pas bien identifiées. Cependant, à Toulouse, les gens parlent plus facilement de leur sexualité, en particulier les jeunes.»

Sophie Orus


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