Toulouse; Bars et discothèques en bas débit

La préfecture de la Haute-Garonne vient de prendre un arrêté réglementant l’ouverture et surtout la fermeture des débits de boissons à Toulouse. Un juste milieu entre les attentes de la profession et les principes d’ordre public ?

 
Finie l’exception toulousaine qui permettaient aux Toulousains de faire la fête jusqu’à plus d’heure dans les différents bars et discothèques de la Ville rose. La préfecture de la Haute-Garonne a décidé de revenir sur un arrêté datant de 1970 et de réglementer enfin les horaires d’ouverture des débits de boissons, en accord avec la profession : «Le but était de chercher un équilibre entre la volonté de conserver des activités festives, notamment pour les jeunes, et les considérations d’ordre public comme les tapages, les rixes ou la sécurité routière», explique le préfet Dominique Bur.
Désormais, les bars fermeront leurs portes à 2h à l’exception du dimanche où ils pourront recevoir jusqu’à 3h. Même principe pour les discothèques : 6h en semaine et 7h le dimanche. Des dérogations seront accordées pour des journées festives comme le Nouvel An, le 14 juillet ou la Fête de la Musique. Les patrons des différents établissements doivent également signer une charte d’engagement visant à protéger les clients de l’alcool, prévenir l’insécurité routière, lutter contre les discriminations et les tapages. Concernant le cas spécifique de la rue Bayard où 5 bars bénéficient d’une activité illimitée, la sous-préfète Anne-Gaëlle Baudouin-Clerc précise : «Ils pourront bénéficier d’une dérogation jusqu’en 2011 mais devront d’ici là choisir ou non de se transformer en discothèque. Cet arrêté met fin à la spécificité de la rue Bayard.»

Un manque à gagner

Pour les gérants des débits de boissons, cette nouvelle législation est un moindre mal : «On ne pourra jamais être satisfaits car jusqu’à maintenant, on travaillait sans cette épée de Damoclès au-dessus de nous», confie Arnaud Chérubin, patron du Carnaval et de l’Ubu et membre de l’UMIH. «Il faut que les Toulousains s’adaptent et sortent plus tôt pour ne pas arriver en boîte de nuit juste avant la fermeture !» Mais les inquiétudes planent déjà chez les patrons de discothèques : «Tout le monde doit respecter cet arrêté car il est facile de contrôler les 20 boîtes de nuit de Toulouse mais il est plus difficile de rendre visite aux 250 bars. Du côté des afters, je pense que des discothèques auront tout intérêt à se transformer en bars.» Autre problème, le manque à gagner des établissements : «Depuis l’interdiction de la cigarette, nous avons perdu 20 % de chiffre d’affaires. Avec la crise, les gens dépensent moins et une restriction des horaires ne nous aidera pas.»
Quant à l’argument de l’insécurité routière et du tapage nocturne, Arnaud Chérubin n’est pas dupe : «C’est un faux problème. Les nuisances sonores ont augmenté depuis la législation sur la cigarette car les gens sortent des bars pour fumer. Quant à l’alcool, on sait très bien que les bouteilles et les verres sont très chers en discothèque donc les jeunes boivent surtout chez eux et là, nous ne pouvons pas les contrôler.» Il faudra donc compter sur la responsabilité de chaque Toulousain. Et Arnaud Chérubin de jeter un regard pessimiste sur sa profession : «Patron d’établissement n’est plus aujourd’hui un métier d’avenir. C’est devenu très dur financièrement et moralement.»

Sophie Orus


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