Toulouse a-t-elle vraiment les places de parking les plus chères de province ?

Alors que le nombre de places en voiries a été significativement réduit, stationner en parking coûte cher 2,73€ l’heure en moyenne.*

Dans la ville rose, où 70% des places de stationnement sont en parking (un record français !) le prix moyen pour se garer semble le plus cher de l’Hexagone, d’après une étude de l’association de consommateurs pratiquée sur plus de 800 parkings dont 9 à Toulouse. Beaucoup l’avait déjà remarqué : la voiture n’est plus vraiment la bienvenue dans la ville rose. Il faut dire que la récente suppression de places à ciel ouvert avait déjà attisé le courroux des Toulousains…

« Une hausse des tarifs deux fois et demie plus rapide que l’inflation »

Mais avant de fustiger les gestionnaires de parkings -Vinci Park largement majoritaire puis Q Park pour Jeanne d’Arc, Compans-Cafarelli et Marengo- l’heure est à la découverte d’un système plutôt complexe. « Les tarifs sont très élevés mais ils ont été négociés par nos prédécesseurs et augmentent régulièrement », explique Joël Carreiras, adjoint au maire en charge des transports, «en cette période de crise c’est trop mais les parkings en concession sont régis par des contrats d’une durée minimum de 20 ans et courant parfois jusqu’à 45 ans. Il faut attendre pour renégocier.» Signés depuis 1988 pour le plus ancien, ces contrats imposent de respecter un « équilibre économique » et régissent un tarif en augmentation chaque année « selon l’indice d’inflation », ajoute-t-on du côté de chez Q Park. Pourtant d’après l’UFC que Choisir, la hausse des tarifs est deux fois et demie plus rapide que l’inflation… Quant à la pertinence des contrats signés, elle est souvent obsolète de par la longévité des concessions et amène parfois à tenter la renégociation comme l’explique Jean-Luc Moudenc : « c’est notamment arrivé lorsque j’étais maire. Nous avions décidé d’instaurer un tarif de nuit. » Joël Carreiras explique que ce système a été supprimé « pour préserver l’équilibre de la convention, car en contrepartie la ville versait 600 000 € compensatoires chaque année, un montant imputé au contribuable…» Et c’est là que le bât blesse : qui doit payer pour ces parkings ? Deux solutions d’après Jean-Luc Moudenc : « soit la collectivité construit elle-même et choisit ses prix très bas, faisant supporter le coût du parking au contribuable, soit elle opte pour la concession qui permet de faire construire par un professionnel qui supporte les frais et taxe l’usager du parking. »

« Un pourcentage du chiffre d’affaires qui tombe dans l’escarcelle de la collectivité »

A Toulouse, le choix est clair et c’est plutôt l’usager qui trinque (voir encadré prix). Et chacun semble se renvoyer la balle quant à une prise de décision -certes ancienne- pour la plupart des concessions : « Le Grand Toulouse n’a pas de prise sur ces tarifs », entend-on, ce que contredit Jean-Luc Moudenc interrogé sur le sujet : « c’est très clairement l’autorité publique qui fixe le prix : cela dépend donc de la volonté de la collectivité. » Chez Q Park, Remy Delepoulle, directeur des exploitations pour le sud et l’ouest de la France indique : « Chaque renouvellement de concession est l’occasion pour les collectivités locales d’imposer la politique tarifaire qu’elles souhaitent.» Il ajoute par ailleurs que plusieurs contrats existent, parfois avec un concept de « régie intéressée », comme au parking Marengo où : « la quasi-totalité du chiffre d’affaires revient à la collectivité», termine-t-il. Et Jean-Luc Moudenc de rajouter : « Selon les conventions mises en place, il y a généralement une redevance payée chaque année par l’exploitant du parking : un pourcentage sur le résultat d’exploitation qui tombe dans l’escarcelle de la collectivité. »

Q Park prochainement évincé de Marengo

Un parking qui pose justement question, comme l’explique Joël Carreiras : « Marengo est la prochaine concession à renouveler -en février 2014- et nous avons décidé de ne plus mettre ce parking en délégation de service public : il sera en gestion directe par une société publique locale, la Smat (Société de la Mobilité de l’Agglomération Toulousaine). » En 2016, ce sera au tour des parkings des Carmes et de Victor Hugo de revoir leurs gestions. « On va renégocier à ce moment, l’enquête de l’UFC va être très utile » termine l’élu. Si l’étude de l’UFC Que Choisir semble avoir fait son chemin au Capitole, elle ne semble pas pour autant engager de compromis anticipé. Pourtant très récemment une négociation avec Vinci Park a été faite pour offrir des places de stationnement résidant dans les parkings du centre-ville. Aucune contrepartie n’a été exigée, l’équilibre du contrat semblant « conservé».

 

Mais que cache réellement ce palmarès ?

Après vérification, nous découvrons que l’enquête de l’UFC Que Choisir est basée sur les tarifs relatifs aux parkings de chaque ville, affichés sur internet. Et si la plupart des sites semble s’aligner aux tarifs « en vigueur » (voir encadré), un seul dénote : celui de la clinique Pasteur qui affiche fièrement 4,80€ de l’heure. De quoi faire grimper le tarif horaire toulousain et inciter les associations de consommateurs à donner l’alerte… Vinci Park interrogé sur la question réalise avec fracas qu’une simple erreur de saisie internet aura offert le podium à Toulouse car le tarif réellement appliqué au parking de la clinique Pasteur est de 1,60€ de l’heure… Une coquille qui sera -on l’imagine- rapidement corrigée…

Une heure de stationnement coûte…

2€20 à Jeanne D’Arc (Parking Q-Park), 2€40 à Victor Hugo, Jean Jaurès, Esquirol, Capitole, Carmes (Parkings Vinci), de 2€ à 3€50 à Compans Caffarelli (Parking Q-Park, 2€ pour 48min et 3€50 pour 1h13). Le Sénat vient par ailleurs d’adopter un amendement créant la tarification à la minute dans les parkings, une mesure fermement réclamée par l’UFC que choisir et qui permettrait de baisser le coût du stationnement.

Aurélie Renne

*Selon l’UFC Que Choisir = info ou intox ?



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