Toulouse à l’heure policière

Depuis quelques années, l’engouement du public pour les romans policiers ne cesse de croître. Les polars s’invitent dans les bibliothèques pour le bonheur des passionnés mais pas que ! Du 11 au 13 octobre, Toulouse est au cœur de l’intrigue. La « ville Rose passe au Noir » avec le 5e Festival International des Littératures Policières organisé par l’association « Toulouse Polars du Sud », propose de nombreuses animations et rencontres autour du roman policier. Mais qui sont les auteurs de cet événement ? Votre hebdomadaire mène l’enquête !

 

A l’origine des faits : Claude Mesplède

« Critique, historien et passeur »

A l’origine des faits : Claude Mesplède, président de l’association « Toulouse Polars du Sud » créée en octobre 2008, auteur, entre autres, de l’ouvrage « Le Dictionnaire des littératures policières » référence internationale en la matière. Chaque année, les vingt-deux complices de « Toulouse Polars du Sud », onze femmes et onze hommes, organisent le Festival International des Littératures Policières de Toulouse au Mirail. Les faits sont donc commis en réunion ! « Notre problème était de se différencier des autres salons français, il en existe une soixantaine.» explique Claude Mesplède. Et le chef de file de poursuivre : « Nous avons choisi les Polars du Sud car nous sommes près de l’Espagne, et entre Toulouse et l’Espagne, c’est une grande histoire d’amour depuis 1939. » Pour cette cinquième édition, le festival promet de belles surprises, de mémorables rencontres : « Pour muscler cette édition, nous allons rencontrer 3 000 écoliers et 1000 étudiants, c’est énorme pour une petite association comme la nôtre dont les membres ont dû se cotiser pour financer la première édition ! » précise le président.

 

 

 

Militant du polar

Cinquante-deux auteurs venus de France mais aussi des Amériques (Chili, Argentine, Etats Unis), d’Europe (Espagne, Grèce, Italie, Allemagne, Ecosse), de Russie ou encore d’Arabie Saoudite attendent les Toulousains passionnés et curieux, sous le chapiteau installé pour l’occasion au terminus du métro à Basso Cambo. « Toulouse Polars du Sud » est aujourd’hui un événement littéraire incontournable de la scène internationale. Claude Mesplède se qualifie de « militant du polar » et constate que : « en France chaque année, il y a 5 600 livres traduits de l’anglais, 300 traduits de l’espagnol et de l’italien, 40 du portugais… » Il crée donc il y a trois ans le prix Violetta Negra pour mettre en valeur les écrits en langue du Sud. « En 2010, l’Espagnol qui a gagné, a vu doubler ses ventes » argumente le président. Autre élément de la ludique culpabilité des organisateurs du salon : le rallye. Une enquête géante au cœur de Toulouse concoctée par l’écrivain Pascal Dessaint (voir encadré). « Nous avons déjà enregistré 150 inscriptions » annonce Claude Mesplède et de poursuivre « les 14 étapes du rallye sont l’occasion de faire entrer les gens dans des librairies, des bibliothèques, des médiathèques, et peuvent se faire en famille… L’objectif de notre démarche est que les gens s’amusent ! »

 

« Le polar est devenu une littérature populaire et les lecteurs sont fidèles »

 

Complice avéré : Pascal Dessaint

Après deux ans d’absence, l’auteur de romans noirs revient plus motivé que jamais pour participer au festival « Toulouse Polars du Sud ». Figure emblématique de la littérature contemporaine toulousaine (et au-delà), il vient tout juste d’être récompensé du Prix des lettres de l’Académie d’Occitanie. Son dernier ouvrage « Maintenant le Mal est fait » est publié aux éditions Rivages.

Pascal Dessaint, vous êtes auteur de romans noirs, pourquoi ce genre ?

J’écris des romans noirs. C’est un peu différent du genre policier. Je me demande, d’ailleurs, si aujourd’hui on a d’autre choix que d’écrire du roman noir compte tenu de la noirceur de notre époque. A partir du moment où l’on est témoin de son temps, où l’on est attentif au monde dans lequel on est, une certaine noirceur apparaît inévitablement dans les écrits.

Par rapport au roman policier, le roman noir…

Sans opposer une littérature à une autre car chacune a ses spécificités, dans le policier il y a l’argument et la dynamique de l’enquête avec souvent la résolution d’un crime. Le roman noir a une intention plus politique, plus sociale. On observe la société, il y a une intention de critique sociale. C’est pour cela que je travaille sur les questions environnementales.

Vos écrits, votre verbe, reflètent un engagement fort…

Il n’y a pas de hasard. Je viens de ce milieu naturaliste, je me suis découvert à la nature avant de me découvrir à la littérature. Ce sont les questions les plus graves qui se posent à l’humanité aujourd’hui. On constate dans nos modes de vie, nos consommations effrénées, que notre prétendu progrès est en train de creuser notre fosse. Il y a Fukushima, une coulée chimique en Hongrie, une marée noire dans le golfe du Mexique… Si l’on fait l’inventaire, cela devient effrayant. L’auteur est aussi un citoyen et comme le disait Albert Londres : « il est question de mettre le doigt là où ça fait mal. »

Vous participez activement au festival organisé par « Toulouse Polars du Sud »…

Oui, j’ai été deux ans vice-président. Après deux ans d’absence, je reviens cette année avec une certaine vigueur. Après un passage à Ax-les-Thermes, je serai à la bibliothèque de Plaisance-du-Touch ce vendredi 11 octobre à 20h30. Et il y a ce rallye que j’ai préparé dans le secret de mon bureau…

Justement, pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous lançons les participants sur un parcours avec plusieurs étapes, en quinze questions pour une énigme. L’ambition est que cela puisse se faire en famille, que les enfants puissent aussi répondre à des questions. Ce rallye est une passerelle ludique entre « Polars du Sud » et « La Novela ». Dans le cahier des charges, il fallait associer le polar avec les auteurs invités sur le salon, l’histoire des affaires criminelles toulousaines, et des questions qui portent sur les savoirs. Le départ a lieu au Muséum, lieu de savoir et se termine au festival à Basso Cambo, lieu du festival.

 

« Ce rallye est une passerelle ludique entre « Polars du Sud » et La Novela»

 

Bertrand Thomas, directeur de l’Ecole de Journalisme de Toulouse, Maître Jean-Henry Farné, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Toulouse, François Chilowicz, réalisateur, Michel Valet, procureur de la République.

Découverte

L’Académie de Législation

Toulouse abrite une académie unique en son genre en France : l’Académie de Législation. La première séance de cette prestigieuse assemblée s’est déroulée le 7 mai 1851. Constituée de magistrats, d’avocats et de professeurs de droit, ses statuts révèlent sa vocation première : « contribuer au développement de la science du droit. » La société savante, qui siège à l’Hôtel d’Assézat, se consacre en grande partie à l’étude des phénomènes juridiques, et permet de par son ouverture des riches échanges entre professionnels de la loi. Fondée par Osmin Bénech, l’Académie de Législation se place sous l’égide du célèbre jurisconsulte toulousain, promoteur de l’humanisme juridique : Jacques Cujas. Présidée aujourd’hui par Maître Michel Sabatté, avocat au barreau de Toulouse, l’Académie se réunit une fois par mois. Certaines séances sont ouvertes au public, comme ce fut le cas le 3 octobre dernier. Dans le cadre du festival La Novela, l’Académie de Législation a proposé une soirée, au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse, autour de la projection du second volet de la trilogie « Hors la loi » du cinéaste François Chilowicz, tournée à Toulouse. Le film a introduit un débat sur le thème des procédures judiciaires et de riches échanges avec le public. Siégeaient à la tribune aux côtés du cinéaste, le procureur de la République Michel Valet et l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Toulouse Maître Jean-Henry Farné. Soirée et débats ont été menés par le directeur de l’Ecole de Journalisme de Toulouse Bertrand Thomas.

 

Plus d’info : academie-legislation.fr

 

 

Les temps forts du programme :

Un rallye enquête « Du Noir dans la ville Rose ». Départ samedi 12 octobre à 13h30 au Muséum d’histoire naturelle.

 

Les rencontres avec le public

Dans 6 écoles primaires (Faucher 2, Ronsard, Papus, Les Vergers, Victor Hugo à Toulouse et Jules Ferry à Villefranche du Lauragais).

Dans 8 collèges (Daniel Sorano à Pins Justaret, Badinter à Quint Fonsegrives, Stendhal, Reynerie, Pierre de Fermat, Jolimont et Bellefontaine à Toulouse)

Dans 6 lycées (Arènes, Polyvalent du Mirail, Professionnel de Jolimont, Bellevue, Toulouse Lautrec à Toulouse, Pierre Paul de Riquet à Saint-Orens, Victor Hugo à

Colomiers, Clémence Royer à Fonsorbes)

2 Universités (Albi le 9 octobre et Toulouse II Le Mirail avec l’auteur Luis Sepúlveda le vendredi 11 octobre à 12h.

 

Les dictées noires

Six dictées dont une en espagnol et une en italien seront proposées au public. Les auteurs de polars lui soumettront des extraits de leurs œuvres.

 

Un concours photo sur Instagram « PolarVille : quand la ville Rose passe au Noir ». Remise des prix samedi 12 octobre à 14h30.

 

 

Plus d’infos : toulouse-polars-du-sud.com



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