TLT; Dommages collatéraux

L’Association des Producteurs Indépendants Audiovisuels de Midi-Pyrénées a profité du “Mois du documentaire” pour évoquer les menaces qui pèsent sur eux.

 
«Pour produire, il faut un environnement économique adéquat et des télévisions diffuseuses. Or, c’est le désert à Toulouse, autant du point de vue de la télé que de la radio. Entre 2001 et 2007, les coproductions des chaînes locales ont baissé de 50 %.» Paul Chiesa, président de l’APIAMP qui regroupe une vingtaine de producteurs indépendants de la région, est inquiet. Choqués par le comportement des actionnaires de Télé Toulouse, les producteurs ont profité du “Mois du documentaire” pour évoquer leurs craintes : «Toulouse a besoin d’une télé de service public. Comment une agglomération qui postulait au titre de capitale européenne de la culture peut-elle ne pas posséder une télévision de qualité ?», s’interroge Paul Chiesa. «On parle de l’accession à la démocratie pour tous les Toulousains, c’est le moment de créer une chaîne où convergent l’ensemble des débats.»
Pour l’APIAMP, la mairie doit se saisir du dossier TLT : «On donne 22 millions d’euros par an pour l’opéra. Il serait logique d’en accorder autant pour un média local.» Pierre Lacaze, adjoint au maire délégué au patrimoine culturel, défend lui aussi TLT mais évoque certains obstacles : «La chaîne ne peut pas disparaître mais la ville seule ne peut pas faire face à la situation. Des discussions sont donc en cours avec les autres partenaires publics.» L’éventualité d’une reprise par les collectivités territoriales soulève un nouveau problème pour Jean-Marc Lucas, journaliste à TLT : «Si le Département et la Région s’engagent, nous devrons sûrement émettre sur un territoire plus vaste et nous ne pourrons pas en assumer le coût.»
L’APIAMP a demandé à la direction de la chaîne une case hebdomadaire pour la diffusion de reportages et envisage même de rentrer dans le capital de TLT si d’autres acteurs culturels se mobilisent : «Notre capital, c’est notre production», explique Vincent Barthe. «On pourrait rentrer dans le capital avec la valorisation de nos programmes et donc assurer 10 % de temps d’antenne à la chaîne. Cette dé-marche pourrait rapporter 2 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 80 personnes employées sur l’année.»
        Sophie Orus


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