Territoires et emploi ; Les relations domicile-travail à Toulouse

Les villes sont responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre et l’étalement urbain renforce cet impact, avec des actifs toujours plus mobiles et des déplacements domicile-travail de plus en plus longs. L’aire urbaine de Toulouse est particulièrement touchée par ce phénomène. La réduction des distances domicile-travail devient en conséquence un des enjeux forts des politiques d’aménagement du territoire.

 
C’est dans ce contexte que l’auat Toulouse aire urbaine et l’Insee Midi-Pyrénées se sont associés pour étudier les relations domicile-travail dans l’aire urbaine de Toulouse, en les replaçant dans l’espace métropolitain toulousain et, au-delà, dans le Grand Sud-Ouest. L’étude s’articule autour de trois axes : la géographie des déplacements, le profil sociodémographique des navetteurs et une approche de la question du développement durable à travers les distances domicile-travail et l’autonomie des territoires.

Des salariés toujours plus mobiles

Chaque jour, dans l’aire urbaine de Toulouse, 230 000 salariés quittent leur commune de résidence pour se rendre sur leur lieu de travail, soit 60 % de la population active ayant un emploi. Ce taux de mobilité augmente régulièrement. En couronne périurbaine, la progression est particulièrement marquée du fait d’un fort développement résidentiel de ces communes, plus rapide que la croissance de l’emploi.
Les grands courants d’échanges, tout en restant polarisés par Toulouse, dévient peu à peu vers les pôles d’emploi de banlieue (Blagnac, Colomiers, Labège, Muret, Portet-sur-Garonne …). Par leurs déplacements entre domicile et travail, les salariés dessinent des espaces de mobilité autour de Toulouse et de ces pôles d’emploi structurants auxquels s‘ajoutent quelques pôles périurbains qui rayonnent sur un environnement proche. Ainsi, dans un large quart nord-ouest, se dessine un secteur fortement polarisé par Blagnac et Colomiers. Au sud-ouest, s’affirme un système d’échange autour de Muret et Portet-sur-Garonne et, au-delà, Auterive, Rieumes et Carbonne. Dans un vaste secteur sudest qui s’étend jusqu’à Villefranche-de-Lauragais, Labège constitue une autre polarité principale, complétée par Ramonville-Saint-Agne et Saint-Orens-de-Gameville. Aucune polarité majeure ne se dégage en revanche au nord-est en raison d’un rayonnement très large de la ville de Toulouse dans cette direction.

 

Expansion de la zone d’influence de Toulouse

La zone d’influence de Toulouse s’étend, de même que celles des aires urbaines des villes moyennes proches, grignotant les espaces ruraux et repoussant les limites périurbaines. L’extension de la zone d’influence de Toulouse est contenue par le périmètre des aires urbaines de Montauban, d’Albi, de Carcassonne et des autres aires urbaines de l’espace métropolitain, situées entre une demi-heure et une heure de Toulouse. Les zones d’influence des aires urbaines restent relativement étanches entre elles, ne s’interpénétrant que très faiblement à leurs franges. Les déplacements sont peu nombreux entre ces aires urbaines et Toulouse. Mais de nombreuses communes “multipolarisées” se trouvent sous double influence. Ainsi une véritable armature urbaine se constitue de Toulouse vers les villes moyennes selon une organisation en étoile qui suit les grands axes de communication.

Des différences de profils qui se réduisent

Les hommes, les ouvriers, les professions intermédiaires, les jeunes demeurent les plus mobiles en terme de navettes domicile-travail. Dans l’ordre, le niveau de qualification est le principal facteur déterminant, devant l’âge et le sexe. La propension croissante à se déplacer, en gagnant tous les profils de salariés, tend cependant à réduire ces différences, comme celles entre hommes et femmes. Ainsi, à la périphérie des villes-centres, les femmes se déplacent presqu’autant que les hommes. Pour autant, dans l’aire urbaine de Toulouse, les axes de déplacements des salariées résidant en banlieue et en couronne périurbaine sont moins diffus que ceux des hommes. Les femmes résident plus près de leur lieu de travail : les navetteuses parcourent en moyenne 21 km, soit 5 km de moins que les hommes. Les écarts de distances parcourues entre hommes et femmes sont les plus importants dans les échanges les plus longs, avec l’extérieur de l’aire urbaine.
L’éloignement de plus en plus important entre le domicile et le lieu de travail met à mal les principes de développement durable. Un des objectifs des Schémas de Cohérence territoriale est de renforcer l’autonomie des territoires. Ainsi, dans l’aire urbaine de Toulouse, la démarche engagée par l’Inter SCoT vise à favoriser la structuration de bassins de vie périurbains, et à les rendre plus autonomes en emplois, en complémentarité avec le SCoT central. Actuellement les SCoT périphériques sont très dépendants en emplois : de 47 % des salariés résidants pour le SCoT du Lauragais, à 75 % pour le SCoT Nord Toulousain, travaillent hors du SCoT. La recherche d’une meilleure organisation territoriale suppose la consolidation de bourgs-centres, identifiés comme des pôles d’équilibre dans les SCoT périphériques. La finalité de ces pôles est d’offrir non seulement des équipements courants mais aussi des emplois. Il s’agit d’un objectif ambitieux au regard du rapport actuel entre lieux d’habitat et de travail.



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