Temps de vacances

Alors que la tension commence à baisser sur le front du football au moment même où l’Italie est elle aussi éliminée d’un Mondial qui semble vouloir sourire au continent Sud-Américain, où la FIFA rappelle à l’ordre le gouvernement français sur l’autonomie de la Fédération Française de Football (il n’y a pas, pour le moment d’extension du fameux “domaine réservé” du Président de la République), où les joueurs appâtent les médias et transforment le temps des révélations en néant informatif, c’est l’Affaire Bettencourt-Woerth qui fait la une des médias, chaque jour apportant sa petite rumeur et semblant d’autant plus écorner l’image du Ministre du travail – de l’ancien Ministre du Budget – que celui-ci était encore promis il y a quinze jours à un destin “matignonesque”, que le Chef de l’État et le Premier ministre le soutiennent, que chacun dénonce la victoire de la rumeur («on utilise contre lui, affirme J.F. Copé la vieille technique de l’amalgame, on accole des noms, des faits et à partir de ces noms et de ces faits, on insinue un scénario»).

 
«Calomniez, calomniez il en restera toujours quelque chose !» : à nouveau ce vieux dicton trouve pleine résonance et multitude d’échos autour de la première fortune de France et de l’ancien responsable des finances publiques. Le début des vacances de juillet, la suite de la Coupe du Monde, vont-ils conduire à retrouver un semblant de calme sur le front politique ? Il semble que non car la réforme des retraites autant que le début du procès de François-Marie Banier vont relancer l’agitation politico-médiatique. Ce qu’il est convenu d’appeler maintenant “l’affaire Woerth” n’est pas prêt de s’éteindre. La question semble déjà posée de son maintien à la tête d’un ministère, dont l’action est déterminante pour la fin du quinquennat et la capacité du Président-candidat de rebondir sur un fond de paysage plutôt déprimant (des conditions de la défaite du football français aux 12 000 euros de cigares de Christian Blanc, de l’indemnité de Christine Boutin à la suppression de la Garden-Party de l’Élysée).
Décidément, comme le souligne Philippe Sollers «la France a des bleus partout», des «bleus à l’âme» en tout cas comme l’écrivait Françoise Sagan. C’est dans ce climat sans véritable enthousiasme, où un petit village de l’Aude enterre une adolescente qui se suicide, où un trader attend un jugement dont la Société Générale veut l’exemplarité, que la France, une partie de la France se met en vacances.
Des vacances prises dans l’inquiétude de la rigueur et de l’austérité de la rentrée, dans la crainte d’un règlement long et difficile du problème des retraites, dans la volonté de constituer une épargne de précaution permettant d’affronter l’avenir d’une désormais longue espérance de vie, dans la conviction qu’à partir de septembre, la pré-campagne présidentielle rentrera dans sa phase active et que tout se décidera à l’aune du combat électoral – en s’éloignant quelque peu des contraintes voulues par une situation économique et sociale qui ne servira pas le Politique-Candidat dans le “paraître” de sa candidature. À nouveau l’émotion et le compassionnel sont sur le pont : il serait étonnant que plusieurs événements ne les envoient dans les bras des futurs candidats !

Stéphane Baumont


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