Tempête Klaus; Les forestiers appellent à l’aide

Suite à la tempête du 24 janvier dernier, 60 % à 80 % des forêts du sud-ouest sont endommagées. Pour les élus et la profession, la filière du bois est en jeu, et près de 15 000 emplois sont menacés en Midi-Pyrénées.

 
Les premières estimations font état de 60 % à 80 % de dégâts dans les forêts des régions Aquitaine, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. En Haute-Garonne, 500 hectares de peupliers sont à terre. La tempête “Klaus” qui a balayé le sud-ouest de la France a frappé selon Météo France avec plus de force que la tempête de 1999. Bien qu’il soit encore trop tôt pour annoncer des chiffres, les conséquences de la tempête inquiètent particulièrement les forestiers, qui craignent un bilan encore plus dramatique qu’en décembre 1999. La situation est dramatique : la conjonction tempête/inondations a été fatale aux forêts du sud ouest. Pour Martin Malvy, Président de la Région Midi-Pyrénées, «le secteur est confronté à une crise profonde qu’il ne connaissait pas, dans ces proportions, lors de la tempête de 1999». Si la tempête avait été un coup de massue pour les forêts françaises il y a 10 ans, la réaction rapide de l’ensemble du secteur avait permis d’éviter le pire. La conjoncture économique était meilleure, le secteur de la construction était en forte demande de bois, et les possibilités d’exportation plus nombreuses. Aujourd’hui, la filière du bois est touchée de plein fouet par la crise économique et commence à peine à se remettre de la précédente tempête. L’effondrement du marché de la pâte à papier (situation préoccupante du papetier TEMBEC), la fermeture de marchés (notamment au Japon), la forte concurrence (du Brésil par exemple), laissent présager une situation économique à venir difficile.
Dominique Pélissié, Directeur Régional de l’Agriculture et de la Forêt, ajoute que «le bois est déjà une matière première qui souffre, les débouchés vont être difficiles à trouver». Pourtant il y a urgence, les arbres tombés doivent être retirés rapidement car le risque de maladies du bois et d’incendie est important.

 

Un nouveau drame économique

L’équivalent de plusieurs années de production est détruit, ce qui pose le problème du stockage et de la vente : qui va acheter le bois tombé ? Martin Malvy insiste sur l’ampleur de la catastrophe : bien que moins touchée que l’Aquitaine, la région a beaucoup souffert. Il se dit prêt à débloquer 2 millions d’euros pour venir en aide à la filière du bois «en fonction de l’évaluation des dégâts et des mesures prises par le ministère de l’Agriculture». Les syndicats demandent qu’un fond spécial soit créé pour assurer le manque à gagner et les pertes économiques des forestiers. Henri Plauche Gillon, Président des Forestiers Privés de France, ajoute que «les dommages causés par la tempête ne seront pas pris en charge sous la garantie catastrophe naturelle, car les bois privés sont considérés comme des entreprises, et sont à ce titre assurables. Il est urgent que la situation change». Une aide d’urgence de 5 millions d’euros devrait être versée par l’Etat aux trois régions concernées afin de dégager les routes qui mènent aux parcelles, bien que l’accès aux bois soit encore trop dangereux.
Lorsque les réponses auront été apportées, il restera à gérer le problème du déblayage puis de la reconstitution du patrimoine forestier. Henri Plauche Gillon précise «qu’une concordance des moyens entre l’Europe, l’Etat et le Région est indispensable pour que les propriétaires puissent faire face». Pour Martin Malvy «la filière du bois est en jeu», filière qui emploie près de 15 000 personnes en Midi-Pyrénées.

Eva Larand


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