TEMOIGNAGES Sol Violette

Sylvie Delpech

Sylvie Delpech, gérante de Biocoop. «Pour nous c’était une évidence»

«Nous sommes un partenaire de la première heure. Pour faire partie du réseau, il faut montrer patte blanche à différents niveaux : éthique, social, écologique etc. Or la charte Biocoop respectait déjà la plupart de ces critères, cela s’est donc rapidement imposé à nous. Notre public, déjà assez engagé a très rapidement adhéré au principe du Sol violette et nous avons aussi de nombreux nouveaux clients qui n’auraient pas forcément poussé la porte de Biocoop sans ça. A la caisse, lorsque les gens paient en Sol, ça attise la curiosité. La plupart du temps, ça crée des situations d’échange assez sympathiques. A ce jour nous avons d’ailleurs le plus gros chiffre d’affaires des magasins partenaires. Pour nous, chaque mois, cela représente 2 ou 3 % du total des encaissements.»

 

 

 

Hassan Ait Said

Hassan Ait Said, référent à la Maison des chômeurs. «Une nouvelle manière de consommer»

«A la demande de la mairie, nous avons choisi 30 familles, parmi les plus précaires et surtout parmi celles qui sont le plus à même de comprendre l’enjeu de la démarche et ses aspects éthiques, écologiques et environnementaux. Chaque mois nous récupérons donc 900 Sols à distribuer à ces foyers. Ensuite un suivi est fait afin de voir comment se passe la dépense des Sols. Le retour de nos solistes est plutôt positif car ils découvrent de nouvelles façons de consommer. La plupart des Sols est logiquement utilisée dans l’alimentaire. Il faudrait maintenant l’ouvrir aux services que propose la municipalité : piscine, camping etc.»

 

 

 

Rivo Rakotomavo

Rivo Rakotomavo, soliste. «La monnaie est au cœur du système !»

«Je suis ingénieur en monétique, et membre de la société civile Sol violette en tant que bénévole associatif. Dans le cadre de mes engagements auprès des plus précaires, je me suis posé la question du décrochage monétaire de ces personnes, c’est là que je suis entré en contact avec l’équipe. Celui qui maîtrise la monnaie, maîtrise aussi la vie sociale et économique. Pouvoir se réapproprier la monnaie, c’est donc pouvoir choisir et ne pas être balloté par les décisions des autres. Entrer dans ce système de monnaie complémentaire est un engagement motivé par deux choses : c’est un moyen d’échange permettant à tous de se raccrocher à la vie de la société et un moyen de paiement pouvant créer une dynamique économique à l’échelle locale ou régionale. Comme tout projet, il est à perfectionner tant sur la partie technique que politique. Il faudrait par exemple permettre aux services publics territoriaux d’accepter le Sol, développer les modes de paiement et de gestion électroniques etc. En tous cas je souhaite fortement que le Sol prenne de l’ampleur et qu’il parvienne à renforcer la dynamique économique à l’échelle locale et/ou régionale.

 

 

 

 

 

Jacqueline Rolland

Jacqueline Rolland, soliste.  On y croit !»

«Mon mari et moi suivons l’aventure des monnaies complémentaires depuis des années, alors lorsqu’il a été décidé d’en lancer une à Toulouse nous avons tout de suite adhéré. L’utilisation n’est pas compliquée et la dépense non plus ! Il est un peu plus délicat d’aller chercher des Sols au Crédit Municipal, car ce service n’y est pas très bien identifié. Pour nous c’est essentiellement alimentaire : nous allons dans les biocoops et les petits restaurants. Des endroits que nous fréquentions déjà auparavant. Nous aspirons par ailleurs à une ouverture de l’utilisation de cette monnaie aux lieux  culturels afin de pouvoir aller au cinéma ou au musée grâce à nos sols. Le réseau évolue assez bien mais il faut toujours plus de partenaires… Cette monnaie permet en outre la rencontre de différentes populations qui ne se seraient pas forcément rencontrées dans un autre contexte. Cela ouvre à la discussion, au partage. Actuellement je ne pense pas que l’utilisation d’une monnaie complémentaire et locale concerne tout le monde. C’est encore un noyau militant qui y croit, mais qui ne demande qu’à grandir. Et en cette période de crise, les curseurs se déplacent, le Sol violette peut se développer à plus grande échelle, j’ai beaucoup d’espoir.»



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