Tags en série à Toulouse

Twitter – Francois Carbo (@francoiscarbo)

 

La surprise fut totale pour nombre de toulousains samedi et dimanche derniers lorsqu’ils ont découvert plusieurs murs de la ville rose flanqués de tags homophobes, antisémites voire néo nazis. Les bâtiments ciblés ont semble-t-il été sélectionnés avec soin.

« On m’a appelé dimanche matin pour me tenir au courant, indique Stéphane Moret, co-président d’Arc-en-ciel Toulouse, j’ai été profondément choqué, je vois tout de suite la signature des mouvances d’extrême droite et du collectif Jour de colère qui essaient de se faire connaitre avant la manifestation. C’est totalement leur style…» Associations locales et politiques clament leur colère contre ce «refus de la diversité». Les bâtiments visés : la faculté de droit, le cinéma l’Utopia, mais aussi les locaux de campagne du Front de Gauche et l’espace de la diversité et de la laïcité qui héberge différentes associations, dont LGBT Toulouse. La mairie a immédiatement déposé plainte pour les établissements publics et les édifices qui ont été touchés par ces croix gammées, signes du Gud (mouvement étudiant d’extrême droite ndlr), de l’OAS et de slogans mêlant homophobie et antisémitisme. A leur tour, les associations réfléchissent à la marche à suivre : «On étudie la question de se porter partie civile, poursuit Stéphane Moret, je sais que d’ici peu il y a aura plusieurs dépôts de plaintes.» Didier Martinez, secrétaire régional Midi-Pyrénées de l’Unité SGP police FO confirme qu’une enquête est bien en cours «la signification des tags peuvent porter atteinte à des groupes de personnes, nous essayons grâce à une enquête de voisinage et aux caméras vidéo alentours de remonter sur leur piste, mais il ne faut pas se leurrer si c’est dans le noir avec des individus cagoulés il n’y a peu d’espoir.»

Révélateur d’un malaise

Peu à peu la rumeur enfle et les réactions s’enchainent, ainsi Gérard Folus, président de la Licra qui avoue être «surpris que dans une ville aux valeurs républicaines bien ancrées de tels sigles aient pu apparaitre.» Il revient aux récents drames vécus par la ville rose et ne peut s’empêcher d’évoquer Mohamed Merah et plus récemment le sujet Dieudonné : «Sans remonter 70 ans en arrière, il y a des prémices qu’on ne doit pas laisser passer, sous peine de voir se déclencher des évènements plus graves. La montée convergente des populismes et des nationalistes est inquiétante et cela libère les propos racistes : nous sommes dans une période de crise économique, d’incertitude, de flottement et je pense que ce sont des périodes qui sont fertiles au regroupement de forces extrémistes qui profitent de cette situation pour galvaniser les ardeurs des groupements d’extrême droite.» A l’association Arc-en-ciel, Jipé Mauve, adhérent et enseignant, explique en quoi ces réactions sont «révélatrices d’un malaise», il évoque à son tour un passé douloureux dans la ville rose, le jour où «un drapeau Arc en ciel fut brulé en public par des jeunesses nationalistes». Samedi à 14h30, l’association Arc-en-ciel manifestera au départ du centre des diversités avec le soutien de nombreuses associations pour dénoncer «tous ces propos qui excluent ce qu’est la France réellement, à savoir une terre de diversité». Quant à la Licra, elle « n’hésitera pas s’il le faut à manifester avec d’autres forces démocratiques et notamment avec la communauté juive. » En attentant l’enquête suit son cours, et il y a fort à parier que le sujet relance le débat quant à la vidéosurveillance.

Aurélie Renne



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