Sylvie Tchitchek… où quand l’âme vient aux pierres

Une fusion magique entre la matière et l’esprit. Une inspiration qui vient d’Afrique et une écriture dans la pierre qui un jour lui apparaît comme une évidence. La Galerie G3G expose les œuvres empreintes de paix et de sérénité signées Sylvie Tchitchek. Rencontre.

 
Sylvie Tchitchek, la galerie G3G a le privilège de présenter ce mois-ci à ses collectionneurs et mécènes, 5 de vos pièces en marbre au nom évocateur :Yuan, la mariée de Tyan, la coupe de Miti, fille des vents, la sœur de l’Impératrice. Votre inspiration semble venir d’ailleurs…
Je suis née d’un père Eurasien de culture bouddhiste et d’une mère Française catholique.
Ces derniers étant de grands voyageurs, j’ai eu le privilège de parcourir le monde dès mon plus jeune âge. J’ai gardé un souvenir fort et profond de l’Afrique et plus particulièrement du Congo ainsi que de la Polynésie.

Quand avez-vous commencé à sculpter ?
Je devais avoir 7, 8 ans. J’étais alors fascinée par le travail des artisans d’art sur les marchés ou dans les villages que nous traversions. J’ai commencé alors à emprunter les outils de mon père et taillais tout ce qui me passait sous la main : corail, bois et même pierre. A cet âge, j’avais déjà également la passion du dessin, ce qui s’est avéré indispensable par la suite pour pouvoir sculpter en taille directe. Le dessin m’a permis de développer mon sens de l’observation et d’acquérir assez rapidement une bonne maîtrise du geste.

Quel a été votre parcours ?
C’est une suite d’événements et de rencontres … A 18 ans, je me suis inscrite aux Beaux-Arts de Montpellier. En 1980 j’ai présenté à Nice le concours des Arts Déco. Ensuite j’ai passé quelques années à Vallauris chez un céramiste, puis à Valbonne où je me suis initiée à la mosaïque auprès d’un maître italien.
Une dizaine d’années plus tard, j’ai quitté le Sud Est pour le Sud Ouest, plus précisément le Tarn. Ma rencontre avec Henri Saulle, artiste sculpteur, a été déterminante pour la suite de ma carrière. J’ai suivi avec lui, avec une passion sans cesse renouvelée, 2 ans de cours de sculpture sur bois, jusqu’au jour où il m’a mise face à un bloc de calcaire qui traînait dans son atelier. Révélation sans doute, mon écriture dans la pierre m’est apparue soudainement comme une évidence. Au fil des mois je me suis améliorée, voire perfectionnée et j’ai ainsi commencé à tailler le marbre directement dans le bloc.

Vous travaillez presque essentiellement le marbre. Où trouvez-vous votre matière première ?

La création m’a fait découvrir de nombreux matériaux, mais le marbre et la pierre restent effectivement pour moi les éléments centraux de mon travail. Je vais souvent me promener dans les carrières de marbre plus ou moins exploitées aujourd’hui, notamment du côté de Saint Béat, Sarancolin, Rudy et Bagnières. Je trouve également du marbre dans le lit des rivières.

 

Que se passe-t-il lorsque vous êtes devant votre bloc ?
C’est pour moi un instant magique qui me comble toujours d’émotion et d’étonnement.
J’aime détecter dans mon bloc une jolie forme inspirée, comme sculptée depuis toujours par  le temps. Il ne me reste plus alors qu’à la dégager. La sculpture est pour moi une constante préoccupation d’esthétique et de rigueur au travers des histoires sages et bienveillantes d’hommes et de nature que j’aime raconter dans mon travail. J’aime imaginer l’existence d’un monde lumineux ou poésie rime avec élégance, pureté et noblesse. Le naturel du marbre et de la pierre me permet d’être au plus juste dans ce choix de présentation qui je l’espère, renvoie une image forte, puissante, de paix et de sérénité face à la vie.

Vous arrive-t-il de casser des pièces en les travaillant ?
Peu en fait. Mais la pierre et le marbre sont des matériaux difficiles qui ne laissent pas beaucoup de place au hasard. Cette confrontation avec mon bloc demande une vigilance, une attention de chaque instant. C’est comme une fusion magique entre la matière et l’esprit. Actuellement pour travailler, nous, sculpteurs, possédons un large éventail d’outils adaptés et performants, ce qui constitue à mes yeux un petit privilège par rapport à nos aînés car nous n’avons plus besoins de petites mains comme autrefois pour nous aider.

Vous avez habité la région toulousaine pendant de nombreuses années…
Effectivement, mais depuis 2009 et après un passage dans le Tarn, je vis et travaille dans l’Aveyron, à une quinzaine de kilomètres de Rodez où je peux exercer sereinement mon art. J’organise également des stages d’initiation à la taille directe pendant les vacances scolaires.

Propos recueillis par MM
Galerie G3G
9 bd des Minimes 31200 Toulouse
icxeart@orange.fr


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