Surirradiés de Rangueil; Premier pas vers l’indemnisation

Les premières expertises ont commencé pour les victimes de surirradiation du CHU de Rangueil qui devraient entrevoir des indemnisations avant la fin de l’année.
 


La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, de passage à Toulouse jeudi dernier, a assuré tout son soutien aux victimes de surirradiation de Rangueil et annoncé que les premières indemnisations devraient être effectives «en décembre prochain». En effet, quatre anciens patients, défendus par la FNATH (association des accidentés de la vie) et l’avocat toulousain Maître Rastoul, ont subi des expertises médicales jeudi et vendredi derniers à Limoges. «Nous nous occupons d’une vingtaine de victimes dans toute la France dont cinq à Limoges. Les expertises médicales permettent d’évaluer les préjudices médicaux : séquelles, incapacités, souffrances physiques et morales… en bref, les divers préjudices. Ensuite on peut passer à la dernière phase d’indemnisation», explique Maître Rastoul.
Entre le 11 avril 2006 et le 17 avril 2007, pas moins de 145 personnes traitées par radiochirurgie au CHU de Rangueil ont été victimes de surdosage. Depuis, les malades ont été pris en charge par les avocats qui ont sollicité la mise en place d’une médiation en février dernier : «Nous avons toujours voulu favoriser la négociation pour que les victimes dont le pronostic vital était entamé puissent être indemnisées à temps. C’est pourquoi Mr Evin a été désigné comme médiateur. La médiation a permis de gagner du temps et de trouver un consensus», précise Maître Rastoul.

 


Les difficultés du dossier

Un consensus qui a donc mené rapidement aux premières expertises mais le dossier des surirradiés de Rangueil est loin d’être simple : «La difficulté dans cette affaire est d’abord de déterminer le lien de causalité entre la surirradiation et les séquelles, par rapport à l’évolution normale de la pathologie. Pour l’essentiel, les malades souffraient de pathologies concernant le crâne et les médecins disent que, même sans la surirradiation, on touche forcément d’autres organes. Il faut considérer les dégâts collatéraux possibles et les distinguer des séquelles anormales.»
Le 30 septembre prochain à Montpellier auront lieu les expertises de deux personnes décédées depuis les faits et les autres patients défendus par la FNATH et Maître Rastoul, seront examinés dans les prochaines semaines à Toulouse, en attendant un complément d’expertise le 24 octobre. «Le timing est pas mal. Fin octobre, courant novembre, on aura un pré-rapport d’expertise que nous pourrons présenter. Il ne s’agit que d’un pré-rapport car ces malades ne pourront pas être consolidés avant deux ans et nous ne pouvons attendre. Mais cette première évaluation suffira pour commencer à les indemniser avant la fin de l’année», déclare confiant Maître Rastoul.
Cette tragédie survenue quelque temps après celle d’Epinal force le gouvernement à agir. Roselyne Bachelot l’a confirmé lors de sa venue à Toulouse : «Toutes les installations ont été vérifiées, inspectées. Concernant la qualité de la formation des professionnels, j’ai doublé le nombre de radio physiciens, le portant de 300 à 600, et j’ai allongé leur durée de formation de 2 à 3 ans. J’ai fait en sorte que la remontée de l’information soit toujours parfaite vers les services administratifs». Pour que le pire ne se reproduise pas…

Sophie Orus


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