Sud-ouest; Du rose au bleu-vert

La circonscription Sud-ouest, traditionnellement socialiste, a basculé lors de ces élections européennes vers l’UMP et les Ecologistes. Même si la gauche, bien que divisée, reste majoritaire.

 
Pour la première fois, la région sud-ouest et particulièrement Midi-Pyrénées ne se sont pas distinguées en tant que bastion socialiste pour ces élections européennes. A l’image du constat national, les résultats penchent nettement en faveur de l’UMP (26,89 %) qui envoie pas moins de 4 députés à Strasbourg alors que le PS (17,71 %) perd la moitié de ses sièges acquis en 2004. «Le score obtenu par notre liste dans le Sud-ouest est une très grande satisfaction ! Nous avons bénéficié d’une dynamique nationale extrêmement forte, impulsée par les résultats de la politique du Président de la République. La campagne de terrain que nous avons menée y a aussi contribué», déclare Christine de Veyrac, présidente de l’UMP 31 et élue eurodéputée ce dimanche sur la liste de Dominique Baudis.
En Haute-Garonne, les socialistes sont talonnés de très près par Europe Ecologie alors que le parti de Daniel Cohn-Bendit se place second à Toulouse. Pour José Bové, tête de liste des Verts dans le Sud-ouest, les électeurs ont compris «la véritable dynamique» d’Europe Ecologie et privilégié «le vote citoyen». Du côté du PS, pas de réaction et ce silence radio en dit long. Si l’on additionne les scores dans le Sud-ouest du Front de Gauche (8,15 %), du NPA (5,61 %) et des Verts, les socialistes arrivent en queue de peloton ! Ceci dit, la gauche réunie res-te largement majoritaire dans la région face à l’UMP. Outre les partis de Sarkozy, Aubry et Cohn-Bendit, seuls le MoDem et le Front de Gauche briguent un siège chacun au Parlement Européen.
Si ce scrutin régional reflète le résultat national, il est également très proche en termes d’abstentions. En effet, seulement 47 % des votants se sont déplacés aux urnes en Midi-Pyrénées. «L’abstention majoritaire n’est que la conséquence du ressentiment de bâillonnement de l’expression démocratique du peuple et de ses représentants, renforcé par le sentiment d’inutilité de leurs suffrages comme d’oubli dans leurs politiques mises en œuvre», constate Eddie Puyjalon, tête de liste malheureuse de Libertas (CPNT/ MPF). Autre record battu lors de ce scrutin en Midi-Pyrénées : le nombre de votes blancs ou nuls (plus de 55 000), synonymes peut-être d’une ignorance des enjeux et donc d’un échec des politiques dans leur campagne électorale.

Vos 10 députés

Dominique Baudis (UMP)
A 62 ans, le fils de Pierre Baudis fait son grand retour en politique à l’occasion de ces Européennes, après être passé par la case CSA et Institut du Monde Arabe. L’ancien maire emblématique de Toulouse, désigné par Nicolas Sarkozy dans le Sud-ouest, retrouve le Parlement européen où il a déjà siégé durant 4 ans.

Alain Lamassoure (UMP)
Encarté UDF avant de rallier l’UMP il y a 6 ans, Lamassoure obtient pour la quatrième fois un siège au Parlement Européen à l’âge de 65 ans. Il a été par le passé ministre des gouvernements Balladur et Juppé.

Christine de Veyrac (UMP)
Protégée de Giscard d’Estaing et adjointe de Douste-Blazy au Capitole en 2001, la présidente départementale de l’UMP enchaîne avec un troisième mandat de députée européenne alors qu’elle est considérée comme l’une des plus présentes à Strasbourg.

Marie-Thérèse Sanchez-Schmid (UMP)
Seule élue du Languedoc-Roussillon, Marie-Thérèse Sanchez-Schmid était adjointe au maire de Perpignan jusqu’à l’annulation du scrutin après la fameuse “affaire des chaussettes” de mars 2008. Sauf nouveau cataclysme, elle fera son entrée pour la première fois au Parlement Européen.

Kader Arif (PS)
Né en 1959 à Alger, ce passionné de rugby entre très vite dans la mêlée du PS où il fait ses classes grâce à Lionel Jospin. Petit à petit, il gravit les échelons du parti pour en devenir premier secrétaire fédéral de Haute-Garonne de 1999 à 2008. Chargé des relations internationales pour les socialistes, il rempile pour un nouveau mandat à Strasbourg après son élection en 2004.

Françoise Castex (PS) 
Cette Gersoise, née le 7 février 1956 au Maroc, est entrée en politique par la voie syndicale avant d’adhérer au Parti Socialiste. Ancienne chargée de mission au ministère des Affaires Etrangères, responsable de la Coopération Educative et du Développement Social, elle effectue son second mandat européen suite à ces élections .

José Bové (Europe Ecologie)
Il est la figure emblématique du mouvement altermondialiste. Leader de la Confédération Paysanne, il est connu pour ses prises de position anti-OGM et ses actions d’arrachage illégal de plantations ou de pillage de fast-food. Avec ce poste de député européen, il glane son premier mandat électif à l’âge de 56 ans.

Catherine Grèze (Europe Ecologie)
Coordinatrice des Verts Mondiaux et écologiste convaincue, cette Toulousaine succède à Gérard Onesta qui, après deux mandats européens, ne se représentait pas.

Robert Rochefort (MoDem)
Directeur du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) depuis 1987, Robert Rochefort est à 53 ans membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre. Il est administrateur d’Eurotunnel, de Cetelem et de la Croix-Rouge française. Il obtient pour la première fois un siège de député.

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche)
Il se lance dans la politique en tant que militant mitterrandiste et gravit les marches une à une jusqu’au poste de sénateur. Figure de l’aile gauche du PS, il le quitte, déçu, pour fonder le Parti de Gauche fin 2008 à l’âge de 57 ans. Il devrait quitter son siège de sénateur pour celui de député européen dans les prochaines semaines.

Sophie Orus


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