Stéphane Diébold aux cantonales de 2011 ; Un nom mais pas encore de prénom

A 39 ans, ce technicien employé chez Airbus n’est pas un professionnel de la politique. Il revendique même haut et fort son rejet de la politique politicienne. Mais Stéphane Diébold a été à bonne école. Les Toulousains connaissaient bien son père, Jean, deuxième adjoint au maire de Toulouse, député à plusieurs reprises de la 4e circonscription de Haute-Garonne, décédé en 2007. Entré au conseil municipal en même temps que Dominique Baudis en 1983, Jean Diébold a également été vice-président de l’UMP31, conseiller général et maire du quartier Saint-Cyprien. C’est précisément sur les traces de son père que Stéphane Diébold se lance aujourd’hui. Par ailleurs, Conseiller national de l’UMP pour la Haute-Garonne, membre du Comité départemental, Stéphane Diébold se présente aux cantonales de mars 2011 sur le Canton III* de Toulouse où il souhaite insuffler une nouvelle dynamique. Interview

 
Stéphane Diebold, votre nom est très connu des Toulousains de par la carrière politique qu’a menée votre père. Aujourd’hui, vous avez décidé de vous présenter aux cantonales de mars 2011 sur le canton III de Toulouse. Est-ce votre père, Jean Diebold qui à l’époque, vous a mis le pied à l’étrier ?
Que ce soit mon frère ou moi, nous baignons dans la politique depuis notre naissance. Mais il est vrai qu’en raison des fonctions qu’occupait mon père, nous étions là de manière, je dirais, plus officieuse qu’officielle. Et puis il nous a toujours dit : «Privilégiez d’abord votre carrière professionnelle car en politique, vous risquez de prendre des coups». Les dernières années, mon père préparait notre arrivée en politique. Nous nous investissions de plus en plus et tout cela s’est peut-être en effet précipité avec son décès.

Quelles sont les qualités que vous pensez avoir héritées de lui ?
L’écoute, le sens du service, désintéressé je le précise, la pugnacité, l’honnêteté. Mon frère et moi-même essayons d’ailleurs de perpétuer ces valeurs, de les inculquer à nos enfants.

Les élections cantonales sont traditionnellement peu favorables à la droite dans notre région. Comment l’expliquez-vous ?

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il y a un fort ancrage, une hégémonie du PS sur le département et la région. Mais il faut dire aussi qu’à une époque, celle de Dominique Baudis pour ne pas le citer, les Toulousains avaient une image positive de la mairie, qui se répercutait sur les élections cantonales. Ces élus étaient des hommes et des femmes, connus et reconnus, bien implantés sur leurs secteurs, grâce auxquels les élections étaient beaucoup plus abordables pour la droite.

Insuffler une nouvelle dynamique

Ce n’est plus le cas ?
Disons qu’entre la mairie qui est passée à gauche et l’UMP31 qui en interne, n’arrête pas de se battre, c’est loin d’être évident ! Depuis le départ de Dominique Baudis, ce n’est plus pareil, même si Jean-Luc Moudenc a essayé de revigorer tout cela. Sans compter l’épisode Douste-Blazy qui ne nous a pas fait du bien.

Votre déclaration de candidature, cinq mois à l’avance, ne risque-t-elle pas de vous desservir, compte tenu du climat social actuel et du désintérêt des Français pour cette élection ?
Je ne le pense pas parce que je ne suis pas connu, hormis bien sûr, des gens de ma sympathie politique, à droite ou au centre. J’ai un nom mais pas encore de prénom. Et me présenter assez tôt, va au contraire me servir justement à pallier ce manque de notoriété, face à quelqu’un qui a plusieurs mandats à son actif et qui est en place depuis plusieurs années.

Quelles sont vos propositions pour le canton III ?
La campagne officielle ne commençant qu’en janvier, je ne divulguerai mon programme qu’à ce moment-là. Ce que je peux vous dire en revanche, c’est que depuis le décès de mon père, je n’ai pas vu de projets éclore sur ce canton. Ce ne sont que des projets initiés par l’ancienne municipalité et notamment à l’initiative de mon père. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je pars à cette élection : mon père s’est battu pendant vingt-cinq ans pour amener le quartier rive gauche où il en est, et aujourd’hui, je ne vois rien d’innovant. Je n’arrive pas à trouver de plus-value dans l’action de mon adversaire. Mon programme se bâtit, s’enrichit au fur et à mesure de ma rencontre avec les habitants, les associations, les commerçants du canton III de Toulouse dans lequel je veux véritablement insuffler une nouvelle dynamique.

 

Le maire de canton

On vous sent franc du collier…
Vous savez, je ne suis pas un professionnel de la politique. Alors la politique politicienne, ce n’est pas pour moi ! Il y a une chose que j’ai regrettée quand nous avons perdu la mairie en 2008 : la suppression par la nouvelle municipalité des maires de quartier. C’était pourtant une très bonne chose. Beaucoup de gens les regrettent aujourd’hui et me disent que maintenant ils ne savent plus à qui s’adresser. Avant ils rencontraient l’élu, aujourd’hui cela n’existe plus. Alors si je suis élu, je serai, dans les prérogatives qui incombent bien sûr à un conseiller général, le maire de canton : quelqu’un qui est à côté des gens, qui les écoute, qui se bat pour faire remonter leurs problèmes, comme pouvait le faire le maire de quartier à l’époque. Il y a quelques mois déjà, l’UMP31 a annoncé un plan de soutien aux candidats pour ces cantonales, avec notamment des séances de formation sur les compétences et les domaines d’intervention du Conseil général. Est-ce à dire que les candidats UMP ne savent pas ce qu’est le Conseil général ?
Non bien sûr, nous connaissons les bases mais, quelque soit le parti, il est toujours bon d’avoir des formations plus précises, grâce à des gens qui vivent le terrain au quotidien et qui en ont de ce fait, une meilleure connaissance que nous, qui encore une fois, débutons. Nous avons quand même cette particularité à l’UMP, de présenter des candidats jeunes. Ce n’est pas le cas en face. Et quand je vois militer les élus du Conseil général PS sur la retraite à soixante ans, je me dis qu’il faudrait qu’ils se l’appliquent déjà à eux-mêmes. Pendant trop longtemps, on a envoyé sur les élections des gens, qui ne savaient pas trop de quoi ils parlaient.

Procéder étape par étape

Si la droite repasse en 2012, ce scrutin devrait être le dernier avant la création en 2014 du conseiller territorial. Trois ans au lieu de six, sont-ils pour vous nécessaires pour mener une politique efficace ?
De toute manière, nous n’avons pas le choix. Ce n’est pas nous qui décidons de ce calendrier. Quelque soit la durée du mandat, c’est une expérience qui ne peut être que bénéfique. Et quand le changement de statut viendra, il faudra s’adapter et voir comment gérer cela au mieux avec nos amis de la région.

Votre candidature aux cantonales n’est-elle pas une stratégie pour marquer le terrain pour les prochaines législatives et prendre en quelque sorte la succession de votre père ?
Comme je vous le disais, je débute. Je travaille depuis quelques années sur la quatrième circonscription au sein de mon parti mais je n’ai pas le poids de certains élus toulousains. Je vais simplement essayer de faire bonne figure et le meilleur score possible à ces cantonales. Le challenge est important puisque je suis l’un des rares à affronter un député (Martine Martinel reconduite par le PS, ndlr). J’espère en tout cas que les gens s’apercevront comme moi du manque de dynamisme de l’équipe actuelle. Après, on verra. Je ne me projette pas aussi loin. Je veux procéder étape par étape. Et puis vous le savez aussi bien que moi, quand il s’agit de faire un choix de candidat, nous nous en remettons au bon vouloir de Paris. Je ne suis pas maître de la décision.

Propos recueillis par Claire Manaud

Le canton III de Toulouse : Saint-Cyprien – Bourrassol – Fontaine-Casselardit – TOEC – Hippodrome – Arènes – Avenue de Muret – Rapas – Fontaine-Lestang – Cartoucherie.


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