Sophie Audouin-Mamikonian; Elle danse avec les mots

Pierre-Gilles Veber, Tristan Bernard, Francis Veber… Ils font tous partie de la famille de Sophie Audouin-Mamikonian. Grâce au succès colossal de la saga Tara Dunca, la jeune femme s’est émancipée de ce lourd héritage pour devenir une auteure à part entière. Elle revient ce mois-ci avec un thriller à savourer sans faim : «La danse des obèses».

 
Sophie, toute votre famille évolue dans le monde artistique. Votre envie d’écrire est-elle née de cet héritage ?
Dans ma famille, si vous n’écrivez pas, vous n’existez pas ! A partir du moment où j’ai été publiée, j’ai commencé à devenir intéressante. Pourtant, j’écris depuis l’âge de 12 ans car j’ai toujours eu des bouquins à perte de vue : j’ai encore en mémoire des vers entiers de Victor Hugo. J’ai commencé à lire les auteurs classiques avant de me plonger dans la science-fiction car j’ai pris conscience que l’on pouvait raconter des histoires avec un style court et rapide. D’ailleurs, dans mes livres sur Tara Duncan, on peut dire que la forme est moderne et le fond classique. Je suis nourrie de ces deux influences.

Comment passe-t-on de la science-fiction pour ados au thriller pour adultes ?

En fait, j’ai écrit ce polar il y a 10 ans en me référant au «Silence des agneaux» qui fut pour moi un véritable choc visuel et intellectuel. Si je m’écoutais, j’écrirais un livre par jour car j’aime les histoires, point barre. Je m’éclate en écrivant, c’est une jubilation, une jouissance, quelque soit le sujet.

Comment est née l’idée atypique de votre dernier livre ?
C’était donc il y a 10 ans dans un hall d’aéroport où j’ai vu aux infos l’histoire incroyable d’un homme de 450 kg que les secours avaient dû sortir de chez lui par une grue car il s’était amalgamé à son canapé ! Ce fut pour moi un déclic et j’ai donc écrit durant les 15 heures de vol, sur les serviettes en tissu, les bouts de papier, les journaux.

Votre roman ressemble à un thriller à l’américaine. Est-ce un parti pris ?
Tout à fait. Je suis une fan d’Agatha Christie et je n’achète jamais de thrillers français, je les trouve trop «plan-plan». Pour moi, elle est la reine du polar car les 80 bouquins qu’elle a écrits sont réussis, le coupable n’est dévoilé qu’à la toute fin. Etre comparée à elle serait le top !

Je suis un peu schizophrène !

Faut-il être un peu dérangé pour écrire un tel scénario ?!
Les auteurs font partie d’une race bizarre de dingues ! On me dit souvent que je suis une psychopathe, d’autant plus que mon physique détonne avec la violence du livre. Mais écrire n’est pour moi qu’une mise en scène où je suis spectatrice. Je parviens même à sentir les odeurs ! D’accord, je suis un peu schizophrène ! (rires)

Votre roman évoque le monde culinaire. Quelle est pour vous la recette d’un bon thriller ?

Je pense qu’il faut que le lecteur ait peur pour le personnage principal qui mène l’enquête. Il doit être attachant, de même que les personnages secondaires. Le livre doit mettre en scène un aréopage de gens sympathiques. Ensuite, il faut un scénario béton avec une fin cohérente pour que le soufflet ne retombe pas.

Quels sont vos projets ?
Je suis sur le point de terminer le sixième tome des aventures de Tara Duncan et je vais sortir un roman un peu différent «La couleur de l’âme des anges» sur la vision de Dieu et du Diable à travers ces derniers.

Quelques mots sur votre ONG «Douleurs sans Frontière» ?

Il y a une dizaine d’années, j’ai lutté auprès de ma mère, atteinte d’une fibromyalgie, au centre des douleurs à Paris. Il s’agit d’une maladie non identifiée et non soignable et ce fut pour moi aussi une douleur. J’ai donc voulu participer à ma manière à l’ONG dirigée par le docteur Alain Série, que j’ai rencontré là-bas, et m’investir auprès des Arméniens (Sophie Audouin-Mamikonian est d’origine arménienne et possède le titre de princesse, ndlr). J’ai fait jouer mes influences pour récupérer des fonds, par exemple lors de cérémonies ou de bals. Grâce à Douleur sans frontière, on peut opérer un millier d’enfants par an car ils sont souvent victimes de malformation et donc laissés à l’abandon dans leur pays. Alors que, la plupart du temps, il ne s’agit que d’un bec de lièvre qui s’opère très bien chez nous. Je veux aider ce pays sinistré où la population ne cesse de décroître et dont personne ne se soucie.

Propos recueillis par Sophie Orus


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