Sonia Guillemet, son combat les sortir de la rue. Son ring: la cité Amouroux

Sonia a toujours le sourire aux lèvres, le signe d’un tempérament de « feu » qui reste positif quelques soient les épreuves de la vie. Après un grand nombre de petits jobs (ménages etc.) nécessaires pour pouvoir subsister, ce petit bout de femme d’origine gabonaise, restée en France par amour, va faire une rencontre déterminante pour la suite… Un déclic : « Je croisais souvent un petit jeune qui traînait à la Roseraie. Je l’ai convaincu de venir s’entraîner avec nous. Je l’ai tiré pour qu’il vienne. A partir de ce moment, ce jeune garçon de 18 ans s’est libéré, en me confiant ses doutes et ses problèmes. Il avait besoin de quelqu’un pour l’aider. » Depuis dix ans, Sonia suivait son mari Teddy dans sa passion des arts martiaux et dans le développement de son club Tago-Gym. Aujourd’hui tous les deux s’attachent à utiliser les sports de combat pour sortir certains jeunes de la détresse, « plutôt d’une tombe » nous confie Sonia. En 2009 le couple cherchait un nouvel endroit pour installer son club, et avait formulé une demande auprès des services municipaux pour s’implanter sur le quartier des Izards. Finalement ce sera celui d’Amouroux : « J’habitais à dix minutes et je ne savais même pas que ce quartier existait. »

Quelques années plus tard, tout le monde reconnaît aux pieds des tours le visage rieur de Sonia. Tous les jeunes savent qu’ils peuvent faire appel à son sens de l’écoute, d’autant plus qu’aujourd’hui elle est officiellement médiatrice de l’Etat (« C’est une vraie reconnaissance pour moi ») pour ce quartier : « Je ne les juge jamais. Je tente simplement de leur transmettre un certain nombre de valeurs. » Sa méthode axée sur l’apprentissage de la boxe a eu du mal à s’imposer auprès des décideurs locaux : « Toulouse c’est avant tout le rugby et le foot ! Montrer que dans les sports de combats, il y a aussi des valeurs importantes, a été un rude combat. » Dans un quartier comme celui d’Amouroux, les maux de notre société rongent le quotidien, et les plus jeunes, en manque de repères, tombent trop facilement dans la délinquance : « Ce sont des jeunes qui ne travaillent pas, qui sont déscolarisés et qui ne font rien de la journée. Ils ont besoin d’aide. Ils sont conscients de leurs travers, mais n’ont plus de lumière, d’espoir. Ils ont le sentiment de passer de mains en mains, de structures en structures, et de ne jamais avoir pour autant de réponses. Leurs lueurs d’espoir sont toujours temporaires. » Sonia sent d’ailleurs bien que ce quartier Amouroux, qui superficiellement donnerait presque un sentiment de quiétude, est dans une situation devenue tendue, voire plus : « Il y a des hauts et des bas. Nous devons être très vigilants. Si nous ne faisons pas attention, la situation pourrait très vite se dégrader. » Sonia est l’exemple de solutions qui vont bien au-delà des concepts habituels proposés à ce type de quartiers…  La répression ou la prévention seules ne seront jamais « la » solution. En revanche, ajoutez-y ce zeste d’humanité et de dialogue incarnés sur le quartier Amouroux par Sonia Guillemet, et nous pourrions avoir ainsi la recette miracle. Celle qui redonne l’espoir à ceux qui n’en ont plus. Enfilez les gants !

Thomas Simonian

Plus d’infos : tagogym.over-blog.com

 

Amouroux est à surveiller

Le conseiller général du secteur, le socialiste Jean-Jacques Mirassou, alertait déjà en septembre dernier dans nos colonnes : « Il y a des cités telles Amouroux dans lesquelles se développent depuis six, sept ans des phénomènes inquiétants et alarmants. Mon rôle d’élu est de tout faire pour que la situation ne s’aggrave pas sur mon territoire. » Un avertissement lancé il y a quelques mois aux pouvoirs publics en plein débat sur les ZSP (zones de sécurité prioritaire.) mais laissé lettre morte puisque ce quartier n’a pas été classé parmi les fameuses ZSP annoncées par Manuel Valls.



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