Soldes d’hiver: Premier bilan

A voir l’affluence en centre-ville ces derniers jours, les soldes 2014 semblent donner un coup de fouet au cœur de la ville rose. Mais les Toulousains ont-ils réellement consommé pendant cette première quinzaine ? Les réponses des spécialistes locaux et quelques premiers indicateurs.

 

Marc Ivaldi, directeur d’étude à Toulouse School of Economics, chercheurs sur le thème des soldes.

Votre première analyse concernant les soldes d’hiver 2014 ?

Les soldes ont l’air de marcher très fort cette année et les pourcentages sont importants d’entrée. Mais on peut donner plusieurs éléments d’explication à ce phénomène, qui peut même être rattaché à un concours de circonstances : un hiver doux, les conséquences de la situation économique, un certain pessimisme…

Ce que cela signifie ?

Contrairement à ce que dit Monsieur Hollande, l’offre ne crée pas sa propre demande, nous sommes un peu dans une période de déflation et les gens sont en attente de la prochaine baisse de prix. On n’est pas dans une période d’inflation, mais plutôt de stagnation voire de baisse des prix et dans cette situation-là, on a tendance à attendre la prochaine baisse. Les soldes c’est la fuite en avant, et cela explique les rabais importants. La situation crée cette déflation. Tout est plus compliqué, ce qui explique pourquoi les soldes sont plus forts… De plus les soldes flottants toute l’année font qu’il y a de plus en plus d’attentes… C’est très grave, car cela veut dire que les gens n’achètent pas. Ils anticipent les baisses de prix suivantes. In fine, ils dépensent moins.

Les soldes biannuelles ont-ils toujours une utilité ?

Il y a quand même une habitude des soldes après Noël, ces périodes de rabais ont leur public… Il y a des effets réseaux qui fonctionnent car les soldes flottants sont limités : quand tout le monde s’y met, cela attire tout de même plus le chaland ! En fait, les soldes éphémères sont très liés aux ventes privées. Objectif : raffermir son contact avec sa clientèle existante. Ceci dit, c’est nécessaire dans cette situation qui n’est pas très bonne dans le commerce.

Que dire de la concurrence du net ?

Le système internet marche très bien, sans oublier que l’on peut acheter le dimanche et la nuit ! La plupart du temps, le transport est gratuit, ce qui fait qu’un produit au même prix revient plus cher en magasin (coût pour se déplacer etc.) En plus, le web a ajouté un autre élément qui peut apporter une réponse : cela a accéléré la vitesse de circulation de la mode, qui change de plus en plus vite. L’accès a l’information va très vite, en particulier chez les jeunes, il faut très peu de temps pour qu’ils soient au courant de tout de ce qu’est la dernière tendance. Ce qui explique les changements marketing dans toute cette sphère.

En conclusion ?

Un élément conjoncturel (la météo), structurel (capacité et rapidité du web) ajoutés à une composante globale (situation économique) ont entraîné la déflation. On a donc un engouement pour les soldes qui persiste car les gens recherchent le plus bas prix mais il devrait rapidement s’essouffler.



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