Social; Ultimatum : les SDF doivent décamper

Jeudi dernier, le maire de Toulouse a rendu visite au groupement de SDF situé face à la gare Matabiau, en bordure du Canal du Midi. Pierre Cohen a été clair : ils doivent trouver une solution d’accueil et quitter les lieux avant le 8 septembre, sous peine d’expulsion par les forces de l’ordre.
La situation est devenue «inacceptable» et a «largement dépassé ce qui est admissible dans le domaine de la gestion humaine». C’est en ces termes que Pierre Cohen, maire de Toulouse, a justifié sa visite au campement de SDF installé face à la gare Matabiau. En compagnie de Claude Touchefeu, adjointe à la solidarité et à la politique de la ville, Pierre Cohen leur a remis un document les sommant de quitter les lieux avant le 8 septembre. Afin de les aider dans leurs démarches, des agents de l’Equipe Mobile Sociale de Santé doivent se rendre tous les jours sur place. Parallèlement, la municipalité a communiqué aux SDF les coordonnées du Pôle d’Accueil, d’Information et d’Orientation, ouvert tous les matins entre le 1er et le 8 septembre et sur rendez-vous l’après-midi après avoir appelé le 115. «Nous espérons que les personnes et les familles trouveront une solution adaptée et personnalisée», explique Claude Touchefeu.
Ces mesures d’urgence interviennent après l’installation massive, cet été, de tentes sur le bord du Canal, mais également en raison d’un état de violence latent qui inquiète les autorités : «Cet été, une jeune fille est décédée suite à un accident aux abords des tentes. On assiste aujourd’hui à un climat de dominants/dominés au sein même du campement. Tout dialogue avec les services sociaux est rompu. Il y a danger pour la commune mais aussi pour les SDF eux-mêmes», plaide Pierre Cohen. On compte environ une trentaine de tentes pour une quarantaine de personnes sur le campement dont une partie est réservée à la communauté roumaine qui ne parle pas français. Une difficulté de plus pour le maire de Toulouse.

 

Des prétextes…

Si ces personnes marginales refusent de «décamper», Pierre Cohen n’hésitera pas à faire appel aux forces de l’ordre : «Il est de ma responsabilité de faire appliquer le droit républicain.» Mais pour la municipalité, le problème de l’errance ne se limite pas aux berges du Canal : «C’est un problème difficile et complexe qui ne date pas d’hier. Nous ne voulons pas prendre en compte cette problématique à la veille de Noël mais la régler dans le temps. Ce qui se passe actuellement à Matabiau est symptomatique d’un laxisme passé. Nous savons que l’errance relève de la responsabilité de l’Etat mais elle ne se règlera qu’avec une collaboration étroite.»
Du côté des SDF, le son de cloche n’est vraiment pas le même. «Les arguments du maire ne sont que des prétextes pour nous faire partir. La jeune fille noyée cet été a été victime d’un homme qui n’avait rien à voir avec le camp. C’est nous qui avons plongé pour tenter de la secourir et même sa famille est venue nous remercier», expliquent-ils. «Il n’y a pas de violence entre nous et tout se passe bien avec les Roumains. D’autre part, nous n’avons vu aucune personne des services sociaux ici. C’est facile de dire qu’on refuse le dialogue !» Quant à l’ultimatum lancé par Pierre Cohen : «Une semaine, c’est court pour se retourner. Les solutions qu’il nous a données, on les connaît déjà. Mais on ne peut pas aller dans un centre d’accueil car ils n’acceptent pas les chiens. Le 8 septembre, on sera toujours là et si la police nous fait partir, on s’installera ailleurs. Les gens n’ont pas envie de voir la misère mais elle existe bel et bien.»

Sophie Orus


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