Social ; Les LGBT en quête de reconnaissance

Souvent victimes de violences verbales voire physiques, les LGBT de Toulouse (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels) demandent plus de visibilité et attendent l’ouverture d’un centre à Toulouse.

 
La semaine dernière, deux policiers municipaux de Cannes, victimes de discrimination, ont porté plainte pour “harcèlement moral” au sein de leur travail. Ces agents sont homosexuels et leur expérience s’ajoute à la longue liste des actes homophobes en France. A Toulouse, la population LGBT n’est pas non plus à l’abri de violences verbales ou physiques : «Tout dépend de la visibilité des personnes. Parfois, si deux homosexuels sont plus démonstratifs, ils peuvent provoquer de la surprise. Et cette surprise entraîne souvent la violence», confie Didier Genty, président de l’association Arc-en-Ciel qui fédère à la fois des structures et des personnes LGBT, soit environ 500 adhérents.
Si Didier Genty avoue que «le regard d’une partie de la population toulousaine évolue, comme dans toutes les grandes villes», il reste tout de même des combats à gagner. L’association Contact propose dans la Ville rose depuis 2003 une aide aux familles et aux jeunes grâce à une permanence téléphonique d’écoute, des groupes de paroles, des conférences et une intervention éducative en collèges et lycées. «Nous vivons dans une société superficielle où les LGBT subissent la honte, la culpabilité et la peur du regard des autres», explique Jean-Michel Pugnière, psychologue et membre de l’association. «Les jeunes ont un regard très dur. L’un d’eux m’a dit que si un jour il découvrait que son fils était homosexuel, il l’enfermerait dans une cave avec un pitbull ! L’homophobie est très forte chez les jeunes. Une jeune fille a aussi eu le malheur d’embrasser sa petite amie sur le parking d’une grande surface. D’autres ados l’ont insultée, poursuivie et lui ont jeté des pierres.»

 

Les PACS en mairie font débat

Malgré ces actes d’intolérance, les mentalités changent à Toulouse, notamment au niveau de la municipalité qui a nommé pour la première fois en 2008 un adjoint à la Diversité et à l’Egalité, Jean-Paul Makengo. La décision la plus symbolique depuis le début de mandat de Pierre Cohen reste la célébration du PACS en mairie, salle des Illustres. Plus d’une quinzaine a été signée depuis novembre dernier, dont la moitié concerne des couples homosexuels. Pour l’instant, environ 10 projets ont été déposés pour une célébration d’ici la fin de l’année. «C’est une grande avancée pour nous mais nous attendons une vraie réflexion au niveau national sur le mariage gay et l’homoparentalité.» Un débat sensible alors que la mairie de Toulouse a reçu des courriers dénonçant la célébration du PACS homosexuel au Capitole : «Ceci démontre qu’il reste des homophobes dans la ville», confie Jean-Paul Makengo.
Les LGBT attendent également la mise en place d’un centre, promesse de campagne de Pierre Cohen. «Ce centre ne devra pas se substituer à la maison des associations ou devenir une sorte de MJC avec un repli communautaire», prévient l’élu Jean-Paul Makengo. «On peut imaginer un lieu ouvert à tous avec des conférences, des expos, des permanences psychologiques et juridiques… Nous attendons les résultats d’un audit sur les bâtiments communaux afin de sélectionner quelques lieux en centre-ville et de les proposer aux associations. Fin mai, nous déciderons ensemble du contenu du centre avant une ouverture espérée en 2010.» Pour Arc-en-Ciel et son président, cette promesse permettra de mettre en place «un lieu convivial et où les LGBT seront pour la première fois majoritaires.» Mais la méthode ne les satisfait pas toujours : «Nous souhaiterions être plus consultés et nous sommes toujours dans l’attente d’une réunion. Nous avons des projets à proposer.» En attendant, la mairie a lancé une campagne d’affichage pour lutter contre l’homophobie où l’on peut lire : «Les lesbiennes, ça me dérange pas tant qu’elles ne le montrent pas» ou «Les gays, ça me dérange pas tant qu’il n’y en a pas dans ma famille». Les élus préparent également la Marche des Fiertés le 20 juin avec un village des associations qui s’installera pour la première fois place du Capitole. Y aura-t-il un char de la mairie de Toulouse : «Pourquoi pas !», répond Jean-Paul Makengo.

Sophie Orus

Association Arc-en-Ciel : 06 68 62 74 29, www.arc-en-ciel-toulouse.com
Association Contact : 05 61 55 43 86
www.asso-contact.org/31


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