Sites dangereux ; Toulouse ne veut plus d’Esso

Le conseil municipal de
Toulouse a émis un avis défavorable au Plan de
Prévention des Risques Technologiques (PPRT) présenté
par le site Esso de Fondeyre. La ville parle même d’un
déplacement du dépôt de carburants.

 

C’était l’une des leçons tirées suite à la catastrophe AZF : la nécessité de mettre en place un Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) pour tous les sites classés Seveso. A Toulouse, le dépôt de carburants de Fondeyre, dont le risque majeur reste l’incendie, a entamé en 2004 l’élaboration de son PPRT. Situé dans la zone industrielle nord de Toulouse, Esso SAF est constitué de deux parties distinctes : un dépôt de produits blancs affecté au stockage et la livraison d’essence, et une unité des bitumes et émulsions. Le dépôt de produits blancs est approvisionné par train de 22 à 29 wagons à partir de la raffinerie de Fos-sur-Mer et permet d’assurer le ravitaillement de la région Midi-Pyrénées en produits pétroliers ; sa capacité de stockage étant estimée à 37 000 m3. Les quantités annuelles produites par l’unité des bitumes et émulsions sont de 14 000 m3.
La préfecture de Haute-Garonne a adressé une copie du PPRT élaboré pour Esso SAF à la mairie de Toulouse au début du mois de mars et lors du dernier conseil municipal, les élus ont marqué leur désapprobation face aux propositions du document. «Nous sommes dans l’obligation de souligner deux points de blocage majeurs», annonce l’adjoint à l’urbanisme Daniel Benyahia. La municipalité s’inquiète de «l’absence de garanties pour que la Ville et les habitants n’aient pas à supporter les frais inhérents aux protections induites par le présent projet de PPRT.» Pour les élus, «le dossier est incomplet» et ne permet pas «de garantir la transparence et la compréhension vis-à-vis de la population toulousaine.»

 

L’incendie et les risques environnementaux non retenus

Alors que le plus gros danger réside dans la naissance d’un incendie qui pourrait se propager et même entraîner une explosion, le PPRT d’Esso ne le retient pas dans sa carte des aléas. Il ne parle pas non plus des nouvelles lignes de bus qui traversent le quartier ni des risques environnementaux dans le Canal latéral à la Garonne. Le document n’est pas clair non plus sur le nombre exact de riverains résidant à proximité d’Esso. Par contre, le plan prévoit l’expropriation de cinq entreprises dans le périmètre du dépôt, «alors même que le nombre d’emplois et les recettes fiscales qu’elles génèrent sont largement supérieurs à ceux d’Esso», explique Daniel Benyahia.
La mairie de Toulouse a donc décidé d’émettre un avis défavorable mais propose également le déplacement du dépôt, «d’une part vis-à-vis de la sécurité des Toulousains, d’autre part vis-à-vis des objectifs de développement urbain de la Ville.» Il est vrai que le site était à sa création excentré du lieu de vie des Toulousains : aujourd’hui, comme pour toutes les usines Seveso, le problème de l’urbanisation galopante est au centre des débats. Mais la position de la municipalité ne reste qu’un avis consultatif, la préfecture ayant le dernier mot quant à l’approbation du PPRT. Affaire à suivre…

Sophie Orus


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