Semaine de la sécurité: Ces hommes et femmes qui assurent notre protection

Du 16 au 19 octobre derniers, les « Rencontres de la sécurité » se sont déroulées simultanément en France métropolitaine et en outre-mer. Un rendez-vous entre la population et les acteurs de la sécurité, Gendarmerie, Police, Préfectures, Sécurité Civile, Sécurité Routière, qui a permis de passer au-delà de certaines barrières dans l’optique de la vocation affichée de l’événement : «Echanger pour mieux se connaître, dialoguer pour mieux se comprendre ». Reportage auprès de ces hommes et femmes qui assurent notre sécurité.

 

Henri-Michel Comet : « 4 700 personnes dédiées à la sécurité des populations en Haute-Garonne »

Henri-Michel Comet est le Préfet du département de la Haute-Garonne et de la région Midi-Pyrénées depuis mai 2011. Il est, selon les textes : « le garant de l’unité nationale et de la cohésion territoriale. » Il pilote et coordonne les forces de sécurité (police, gendarmerie, sécurité civile) au quotidien mais aussi et surtout en temps de crise.

Les rencontres de la sécurité prennent une nouvelle forme. Pouvez-vous nous expliquer ?

Jusqu’à présent, nous faisions une grosse opération dans un seul endroit où nous regroupions tous les services. Cela se faisait place du Capitole ou dans un centre commercial. Cette année, nous avons multiplié les lieux sur tout le département, à Saint-Gaudens, Revel, Castanet-Tolosan, Toulouse… C’est une grande opération de sensibilisation, d’information.

De jour comme de nuit ?

Oui, nous avons mené de nombreuses opérations dans les boîtes de nuit. Nous installons des bornes test pour l’alcoolémie. Si la personne est en deçà du taux, on lui remet un petit cadeau (voir témoignage ci-contre). Par contre s’il est au-delà, on le force à ne pas partir. Nous proposons aussi beaucoup de choses dans les écoles, les collèges. C’est une opération de proximité, plus personnalisée, plus directe.

Nous sommes ici à l’aéroport. Quels services sont-ils présents sur ce site ?

Ici, nous sommes sur le volet plutôt lié à l’activité aéroportuaire, la fraude documentaire, la police des frontières. Il y a aussi un stand de police technique et scientifique qui anime une scène de crime. Cela intéresse toujours les gens.

Les visiteurs peuvent découvrir la Gendarmerie de transports aériens…

La Gendarmerie de Transports Aériens (GTA) est très spécialisée et travaille dans les aéroports, voyageurs et fret. Nous sommes d’ailleurs en train d’augmenter les moyens cynophiles de la GTA. Ils disposent actuellement de trois chiens spécialisés pour les explosifs et dès le début de l’année prochaine, un chien spécialisé stupéfiant rejoindra l’effectif.

En Haute-Garonne, combien de personnes assurent-elles la sécurité de la population ?

Au total, on approche les 4 700 personnes dédiées à la sécurité des populations en Haute-Garonne. Cela représente beaucoup de monde et c’est du service 24 heures sur 24. Dans le détail, ce sont 1529 policiers, 1200 gendarmes et 1940 pompiers professionnels et volontaires.

Beaucoup de monde mais aussi des métiers très différents ?

Oui, je veux souligner la diversité des métiers de la sécurité, c’est extraordinaire et cela surprend beaucoup les jeunes. Après une période de réduction, le nouveau gouvernement et Manuel Valls ont décidé de relancer le recrutement dans la police et la gendarmerie. Il faut à la fois compenser les départs à la retraite et rajouter des effectifs. L’école de police de Toulouse est très occupée actuellement !

Qu’attendez-vous plus particulièrement de ces journées ?

Plusieurs choses. Tout d’abord, que les gens comprennent ce que sont les services de police, de gendarmerie, les pompiers, ce que sont ces métiers dans leur diversité. Je souhaite aussi que les gens partagent l’engagement de ces hommes et femmes dans le service de la Sécurité et le service public. Ils sont très sollicités et mobilisés. Ce sont des personnes qui donnent beaucoup.

 

Une édition nouvelle formule, sous le signe de la proximité

Cette année, pour la première fois et selon les directives du Ministre de l’Intérieur Manuel Valls, les rencontres de la Sécurité ont pris une autre forme. Les journées de la sécurité intérieure et de la sécurité routière ont donc fusionné en un seul et même événement durant quatre jours. En Haute-Garonne, plusieurs endroits ont accueilli les différents rendez-vous organisés, la multiplication des lieux de rencontre et de démonstrations a accentué la vocation de proximité voulue par les acteurs de la sécurité. Un programme riche et varié, dans les écoles et associations comme par exemple les actions de sensibilisation à la sécurité routière auprès des élèves du collège de Castanet-Tolosan ou encore auprès des collégiens de Muret qui ont pu assister à des interventions des policiers municipaux sur les risques liés au débridage des moteurs de deux roues et autre consignes de sécurité pour les utilisateurs de ces véhicules. Des sessions de sensibilisation à l’éducation routière ont eu lieu chez les plus jeunes, en écoles primaire et maternelle, à Baziège, Revel. De nombreuses actions de formations, de prévention ont eu lieu, et ce, même de nuit ! Les rencontres de la sécurité se sont invitées dans des discothèques et soirées toulousaines pour assurer la promotion des soirées SAM. A cette occasion, une borne permettant de contrôler si le conducteur est en état de prendre le volant était installée dans les établissements.

 

 

« On a du mal à comprendre tant que ça ne nous est pas arrivé »

Si le conducteur était négatif à l’alcool, il repartait avec un cadeau. Dans le cas contraire, les organisateurs proposaient une solution alternative pour le trajet du retour. Une initiative qui a maintenant son public, à l’image de Simon qui explique à propos du dispositif SAM (celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas) : « Au début je trouvais cela comique, maintenant je comprends mieux et je me prête au jeu. J’ai deux amis qui ont eu un accident. On a du mal à comprendre tant que ça ne nous est pas arrivé, ou à des proches. Et puis on n’a pas de maîtrise sur les autres. On peut ne pas avoir bu et se faire cartonner par une autre voiture dont le conducteur a bu ou fumé. Si on met la machine SAM partout, et que l’on empêche ceux qui sont positifs de prendre le volant, peut-être y aura-t-il moins d’accidents. » Des séances de sensibilisation aux conduites addictives et à la prévention alcoolisation se sont aussi déroulées dans divers établissements. La journée du samedi, les initiations aux gestes de premiers secours ont eu lieu à plusieurs endroits, dont la place du Capitole.

Deux villages de stands et de démonstrations ont été proposés au public : à l’aéroport Toulouse Blagnac et au circuit Candie. L’aéroport a accueilli des ateliers pédagogiques. L’installation réaliste d’une scène de crime permettait  aux officiers et techniciens de présenter les métiers de la police technique et scientifique. Un peu plus loin, la police nationale animait un atelier sur la fraude documentaire (faux papiers d’identité), de nombreux passants ont pu ainsi découvrir les illustrations cachées dans les documents d’identité pour leur authentification.

 

« L’image du policier devient négative avec l’adolescence »

Le stand de la Gendarmerie Transports Aériens a permis de découvrir, là aussi, d’autres métiers inconnus du grand public. Des jeunes ont pu discuter et poser des questions à ces gendarmes spécialisés en matière aéronautique, sur les boîtes noires des avions, le travail des chiens… L’effectif de ce corps particulier est de 1000 personnels en France. Sur le site du circuit Candie, place à la cybercriminalité, l’éducation routière et la prévention des conduites addictives ! 225 collégiens ont parcouru le site. Au programme, des ateliers, un parcours alcoolémie, qui a déclenché de nombreux fou-rires, où les jeunes équipés de lunettes simulant la vision d’une personne très alcoolisée, devaient suivre un cheminement matérialisé par des plots. Un autre atelier de mise en situation, très ludique également, était animé par des agents de Tisséo sur la fraude dans les transports en commun. Enfin, les élèves ont eu le loisir de parcourir à vélo l’asphalte du circuit toulousain pour travailler leurs connaissances en matière de panneau et de comportement sur la route. Le directeur Départemental de la Sécurité Publique, Lucien Pourailly est venu rendre visite aux collégiens et animateurs du site. Pour lui : « L’image du policier devient négative avec l’adolescence. » Ces journées donnent donc l’occasion aux jeunes de rencontrer et de passer du temps avec des policiers avant la période de l’adolescence. Un moment d’échange avec les jeunes, les forces de police mais aussi avec des bénévoles du service volontaire citoyen. Un dispositif mis en place depuis trois ans, dans lequel des citoyens volontaires et bénévoles de tout âge participent activement à des actions de sécurité civile mais aussi de prévention. Un des volontaires, Serge Corneille nous explique : « Chaque bénévole est rattaché à un commissariat. Nous accomplissons différentes missions comme l’opération « tranquillité vacances » ou « tranquillité seniors ». J’y consacre deux demi-journées par semaine et je participe aussi aux opérations de relations publiques de la police. »

Plus d’infos : interieur.gouv.fr

 

Le directeur Départemental de la Sécurité Publique : Lucien Pourailly

Nommé en juin 2010 en Haute-Garonne, Lucien Pourailly se donnait comme objectif pour le département de «Faire en sorte de lutter contre toutes les formes d’insécurité, de délinquance, pour donner à cette circonscription, la quiétude à laquelle elle aspire légitimement.» Fort de trente années d’expérience dans la Sécurité Publique, il a débuté sa carrière dans la Police Judiciaire. Le service dont Lucien Pourailly à la charge a pour principales missions : les interventions quotidiennes de police secours, la prévention et la lutte contre la délinquance et les violences urbaines (notamment par le travail d’enquête effectué par la sûreté départementale et les secteurs de police), la lutte contre l’insécurité routière, l’encadrement des grands événements et la protection des lieux sensibles.



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