Self défense ; Le corps pour arme

Patricia Bouchon est portée disparue depuis le 14 février dernier. Bien que la raison de sa disparition n’ait pas encore été éclaircie,
l’hypothèse d’un acte criminel prône sur les autres. Ces dernières années, ce genre de phénomènes revient souvent. Bagarre, vol, racket… Un jeune étudiant en pharmacie en a été victime, pas plus tard que le 27 février, retrouvé mort suite à un coup de couteau. De quoi inquiéter les citoyens. Pourtant, de nos jours, apprendre à se défendre est devenu facile d’accès. Zoom sur le Nihon Tai Jitsu, un art martial japonais qui permet de développer sa défense personnelle.

 
Le lundi 14 février dernier à Bouloc, près de Toulouse, Patricia Bouchon part faire son jogging, comme tous les matins. Mais cette fois-ci, elle ne reviendra pas. L’hypothèse d’un acte criminel est la plus probable. Ou encore, et plus récemment, l’histoire tragique de Jérémy Roze, 27 ans, assassiné dans la nuit du samedi au dimanche 27 février, poignardé à l’abdomen. Ce genre d’histoires, les journaux en regorgent. Les agressions deviennent de plus en plus fréquentes. En Haute-Garonne, les violences et atteintes physiques ont augmenté de 7 % en 2010. Pour cette raison, entre autres, de plus en plus de personnes s’inscrivent à des cours de self défense. Wing Chun, Bando, Jujitsu, Karaté… La liste est longue. Philippe Le Franc est professeur de Nihon Tai Jitsu depuis plus de 20 ans. Cet art martial japonais spécialisé dans le self défense est «une méthode très ancienne, remise au goût du jour régulièrement». Elle permet à celui qui le pratique d’acquérir plus de confiance et de savoir gérer des situations conflictuelles aussi bien physiques que verbales.

Un art martial accessible à tous

Au fil des années, le nombre d’adhérents au Nihon Tai Jitsu augmente. «Les personnes viennent pour un tas de raisons. Parfois suite à un conflit marquant, mais aussi pour le côté sportif ou juste pour pratiquer un art martial», explique Philippe Le Franc. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont en majorité des hommes qui remplissent le tatami. Il n’y a que «30 % à 40 %» de filles. Benoît, arrivé troisième au Championnat de France de Nihon Tai Jitsu, met en avant la diversité des personnes présentes qui font «la richesse du cours». Ainsi, «on se retrouve avec des ingénieurs, des étudiants, des fonctionnaires… On vient tous d’un monde différent, mais, une fois réunis, on ne fait plus qu’un. Chacun fait de son mieux pour aider l’autre à se performer. C’est aussi ça, le Nihon Tai Jitsu, le respect de l’autre.»

« Un combat avec soi-même »

Le Nihon Tai Jitsu, c’est avant tout «apprendre aux personnes à se rassurer avant d’apprendre à se battre» car «c’est un art d’attaque et de défense. Et on ne peut se défendre sans savoir attaquer» affirme Philippe Le Franc. Pour Carine, pratiquante de cet art martial depuis quatre ans, c’est avant tout un moyen de se connaître et de gérer ses émotions. Elle décrit le Nihon Tai Jitsu comme «une philosophie de vie, une ligne de conduite qui nous sert dans la vie de tous les jours. C’est un combat avec soi-même, un travail important de connaissance de soi.» Mais comment s’applique-t-il dans la vie de tous les jours ?

Un art martial adapté à tous

Carine a connu des affrontements verbaux dans le passé. Le Nihon Tai Jitsu lui a appris l’importance de la posture et de l’espace lors des conflits. «La personne en face sent qu’on a de l’assurance et donc, qu’on est prêt à se défendre. Cela entraîne une forme d’intimidation qui permet d’éviter un réel affrontement», explique la jeune femme. Prendre confiance et se défendre sont donc les principales fonctions de cet art martial. Mais tout le monde ne choisit pas le Nihon Tai Jitsu pour ces raisons. Pour Benoît, médecin à la clinique Pasteur, c’est un moyen de «se vider l’esprit, de décompresser après une journée chargée et stressante.» En fin de compte, tout le monde y trouve son compte. Mais pour avoir une réelle maîtrise de cet art, plusieurs années d’entraînement sont nécessaires.

Un apprentissage par étape

Pour être performant, en ce qui concerne le Nihon Tai Jitsu, il faut du temps. «En règle générale, en 1 an, une personne acquiert une assurance mentale, et est suffisamment rassurée pour sortir seule avec sérénité. En 2 ans, elle commence à prendre du plaisir et à comprendre ce qu’elle fait. En 3ème année, elle sera capable de gérer une situation. Mais il faut bien 5 ans, soit l’équivalent d’une ceinture noire, pour avoir un niveau suffisamment bon pour se défendre avec efficacité», explique Philippe Le Franc. Bien entendu, tout dépend du rythme de chacun. Certains mettront plus ou moins de temps. Maintenant, il ne reste plus qu’à le tester pour l’approuver.

Céline Galbrun


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