Sécurité ; Porter haut la voix de la police

Afin d’avoir une forte représentativité de la profession au niveau européen, le syndicat policier FPIP vient d’intégrer Eurocop, Confédération Européenne du personnel de police. Un argument de poids pour ses représentants toulousains à quinze jours des élections professionnelles.

 
Le mastodonte Eurocop. Créée en 2002, cette confédération européenne entièrement dévouée au personnel de police et à son devenir, rassemble quelque 500 000 de ses fonctionnaires, répartis en 37 syndicats dans 27 pays. Un organisme qui se veut laïque, démocratique et indépendant politiquement, mais surtout qui siège au Conseil de l’Europe. De multiples raisons qui ont amené la FPIP (Fédération Professionnelle Indépendante de la Police), à intégrer tout récemment Eurocop. «La FPIP y étant le seul représentant pour la France, cela va nous permettre de faire entendre notre voix car il est très important pour tous les policiers qu’ils soient Français ou autres, d’être reconnus et représentés au niveau européen.» explique son Secrétaire régional zone sud ouest, Jean-François Leroux. «Grâce à Eurocop, nous aurons notre mot à dire». Et notamment au moment où il va être question de l’uniformisation de la police européenne, prévue semble-t-il pour 2012. Une réforme nécessaire et logique pour la profession selon J.F. Leroux : «Même si on ne sait pas encore ce que cela va donner, il va bien falloir que tous les pays se mettent au diapason, que l’on parle le même langage afin de lutter efficacement contre tous les trafics».
Violences urbaines en hausse

Mais cette intégration à Eurocop, la FPIP, fédération minoritaire au sein de la police, la considère aussi comme un tremplin alors qu’arrivent à grands pas les élections professionnelles. Et Jean-François Leroux de mettre les pieds dans le plat sur les sujets qui fâchent : la réforme des retraites, des corps et carrières, la dévalorisation du grade de brigadier, le redéploiement efficace des effectifs, en particulier à Toulouse : «La politique de Sarkozy et du gouvernement est claire : on sait qu’on n’aura pas plus d’effectifs, puisqu’on ne veut même pas renforcer ceux de la fonction publique ! Mais on peut trouver d’autres solutions. Par exemple, mettre le compte à jour à Toulouse au niveau de la Compagnie de Sécurisation. Il était prévu cent collègues au départ, il en manque vingt aujourd’hui. C’est bien joli de renforcer des services tels que la sûreté départementale mais le service général (les policiers travaillant en brigades, c’est-à-dire ceux qui interviennent en premier sur tous les appels du 17 et autres interventions comme police secours, NDLR) la BAC, sur qui repose l’essentiel des interventions sur le terrain, n’ont pas les moyens d’assurer leurs missions. C’est inadmissible ! Si nous sommes élus sur le plan national, nous allons demander à l’administration de revoir sa copie» martèle JF Leroux, qui prend pour appui, les violences urbaines en hausse sur l’ensemble du territoire, «malgré un excellent travail des policiers» précise-t-il. A ce propos, la FPIP demande le classement de Toulouse en zone difficile et la mise en place de la NBI ville, prime allouée aux fonctionnaires qui exercent dans les quartiers difficiles : «Le dossier est entre les mains de la Direction de l’Administration de la Police nationale» ajoute JF Leroux.
Les élections professionnelles au sein de la police auront lieu du 25 au 28 janvier prochains.

Claire Manaud


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