securité nucleaire ; « Une gigantesque fumisterie ! »

Membre des Amis de la
Terre Midi-Pyrénées, administrateur du réseau
Sortir du Nucléaire et militant de la première heure
contre la centrale de Golfech, Daniel Roussée fait un point
écolo sur les problèmes énergétiques.

 

Daniel Roussée, en tant qu’Ami de la Terre, quelle est votre position sur la production nucléaire ?
C’est une gigantesque fumisterie ! La “nucléocratie” a imposé au départ des normes aux industriels, notamment sur les rejets. Or, ils sont surévalués. Ces normes ont été calculées sur les résultats d’Hiroshima et Nagasaki alors que la pollution d’une centrale est très différente. Une étude allemande dit clairement que dans un rayon de 10 km autour d’une centrale, le taux de cancer et de leucémie des enfants est supérieur à la moyenne. Par exemple, les exploitants ne savent pas quoi faire du tritium qu’ils produisent par tonnes tous les jours. Alors ils les rejettent dans l’atmosphère. Un autre problème réside dans l’urbanisation autour des sites dangereux, AZF en étant le meilleur exemple. Les pouvoirs publics avancent toujours les arguments de création d’emploi et de dynamisme économique mais lorsque des accidents se produisent, c’est dramatique. Si nous prenions conscience que des milliers de cancers vont arriver d’ici 20 ou 30 ans…

L’Autorité de Sûreté Nucléaire classe Golfech parmi les trois sites français les plus performants en termes de propreté. Qu’en pensez-vous ?
(Rires) C’est extraordinaire ! Je fais partie des gens qui ont peur car nos centrales vieillissent dangereusement. Au départ, on nous a dit : «l’accident nucléaire n’est pas possible». Pourtant, l’ensemble des éléments d’une centrale ont eu des problèmes et ont été changés. Il en va de même à Golfech : on nous ment en permanence. Derrière l’image d’Epinal, on voit un rafistolage de tuyauteries, un bric-à-brac extraordinaire ! La centrale connaît des problèmes de coûts financiers et les industriels prennent des risques en baissant les investissements. Si Golfech pète, c’est le quart de la France qui est vitrifié.

 

Vous ne faites donc pas confiance à l’ASN…
Absolument pas. 75 kg de plutonium ont été déversés dans la nature en août dernier près d’une centrale française. Les accidents nucléaires sont classés de 0 à 7, selon leur gravité. Cet incident n’a mérité de la part de l’ASN qu’un niveau 1 ! Quand les enjeux la dépassent, elle n’est ni objective, ni indépendante. Quel est son poids face à EDF et l’Etat ?

Quelle peut être pour vous l’alternative au nucléaire ?
Au sein du réseau Sortir du Nucléaire, nous avons mené des études qui démontrent que la France peut sortir du nucléaire en 5 ou 10 ans… s’il y a volonté politique. Notre pays est extrêmement riche en énergies renouvelables. Il faut donner la priorité au solaire, aux éoliennes, à la biomasse, la géothermie, les usines de marée motrice… L’Etat vient de rendre obligatoire dans toutes les constructions neuves un chauffage/eau chaude/sanitaire solaires, mais seulement dans les régions d’Outre-mer. Alors que l’Espagne est en train de le rendre obligatoire partout. Nous ne sommes pas dépendants du nucléaire et nous avons les moyens à la fois techniques et financiers pour le délaisser. Notre consommation globale d’énergie nucléaire équivaut à seulement 16 % en France et à 2,5 % dans le monde.

L’ASN contrôle également le “nucléaire de proximité”, notamment dans le domaine médical. Etes-vous aussi contre les techniques de radiothérapie qui font leurs preuves auprès des patients ?
On a choisi une bombe atomi-que pour soigner le cancer, c’est une aberration ! On a voulu créer un mythe en France selon lequel le nucléaire correspond au progrès. Or, on peut s’en passer aussi pour soigner le cancer. Il existe beaucoup d’autres méthodes que ces machineries dangereuses : on connaît le résultat des surdoses avec l’exemple de Rangueil.

Propos recueillis par Sophie Orus


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