Sécurité : la situation stagne rue Bayard

Depuis des années, les commerçants de la rue Bayard tirent la sonnette d’alarme. La rue, théâtre de violences et trafics en tous genres est un foyer de la délinquance toulousaine. La municipalité est accusée d’inaction, voire d’abandon. Le point sur une situation qui s’enlise.

«On n’a pas fini de parler sécurité dans la rue Bayard.» prévient Daniel Billard, président de l’association des commerçants de la rue, «Bayard avenir». Depuis sept ans qu’il vit dans le quartier, il a vu la situation se dégrader. «On assiste au retour des voyous, qui, armés de manche à balais et de bouts de bois rasent tout ce qu’il y a sur les tables des cafés» cite-t-il à titre d’exemple. Mais ce n’est pas le seul problème. Avec l’augmentation du prix du tabac, le trafic de paquets de cigarettes a envahi le quartier, «en plus du shit, entre autres choses» précise-t-il. Les chiens des SDF, sont en outre, à l’origine de nombreux accidents. «En fin de journée, entre les shoots et l’alcool, ils ne sont plus capables de maîtriser leurs chiens, surtout quand ils en ont cinq ou six. Le propriétaire d’une blanchisserie a eu 47 points sur l’avant-bras !» raconte-t-il.

Il y a un an, Daniel Billard avait même engagé des vigiles afin de surveiller la rue. Ils n’étaient restés que quelques jours, mais cela avait suffi à relancer la polémique sur la présence de la police dans le quartier. «La police ne fait peur à personne ici» remarque-t-il.

L’ancien conseiller municipal, Jean-Jacques Bolzan (UDI), s’est joint en tant que président de l’association «2AT Agir, pour l’Avenir des Toulousains» aux revendications du quartier. «La collectivité se désengage et les élus ne s’impliquent pas sur ce problème» dénonce-t-il. Daniel Billard confirme, «à notre dernière réunion, nous avons invité des élus de la municipalité, mais ils ne sont pas venus sous prétexte qu’ils ont été prévenus trop tard.» Il faut dire que l’an dernier, alors qu’Isabelle Hardy, élue municipale chargée du commerce et de l’artisanat, se rendait à une assemblée générale de l’association, elle a été surprise d’y trouver les caméras de M6. Ce qui a peut-être contribué à refroidir les relations.

 

Il n’empêche, le problème persiste. Le président de Bayard avenir prône un retour de l’autorité dans le quartier, c’est-à-dire que «la police fasse son travail, car aujourd’hui elle passe sans s’arrêter ou recule devant les SDF. Ce n’est pas possible». Pour Jean-Jacques Bolzan, la police municipale doit reprendre son «rôle de proximité et travailler en lien avec la police nationale, comme on l’avait instauré sous la précédente municipalité». Les commerçants de la rue voudraient également que des caméras de vidéosurveillance soient installées. Mais sur ce point, la mairie affiche toujours des réticences au nom du respect des libertés individuelles. «A ce stade, c’est vraiment une position sectaire !» lance Didier Billard. Et si la municipalité a montré une certaine souplesse en accordant la présence de caméras dans la rue Pargaminières, en juillet dernier, celles-ci ne sont toujours pas mises en place.  Mais cette situation de blocage ne pourra se régler sans un réaménagement du quartier. Pour cela, il faudra attendre la fin du projet de Joan Busquets, l’architecte urbain de la mairie de Toulouse. Pour l’heure, «il faudrait déjà améliorer l’éclairage de la rue, qui est allumé sur un côté seulement» propose Didier Billard. La prochaine réunion de Bayard avenir se tiendra le 26 novembre prochain. «Les invitations sont déjà envoyées» souligne-t-il.

 

Coralie Bombail

 



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