Sécurité ; « Encéphalogramme plat »

Une police municipale en sous effectifs, des patrouilles de nuit supprimées, la vidéoprotection au point mort, un Office de la Tranquillité et des Chuteurs inefficaces… Le groupe d’opposition Toulouse pour Tous dénonce le «désengagement municipal» en termes de sécurité.

 
Comme nombre de grandes villes, Toulouse n’échappe pas à ce triste constat : de plus en plus, l’insécurité y est grandissante et les exemples d’une délinquance qui n’hésite pas à faire usage d’une violence gratuite, sont légion. Toulouse pour Tous, présidé par Jean-Luc Moudenc, s’est exprimé mardi sur ce thème qui «avec la propreté, constituent les problèmes principaux que nous font remonter les Toulousains. Ils ont le sentiment de ne pas être protégés». Et de mettre en exergue la loi du 5 mars 2007, qui stipule qu’un maire est responsable de la police de sa ville, «la sécurité est une compétence partagée entre l’Etat et la mairie» précise Jean-Luc Moudenc qui dénonce à la fois la «posture très politique de la municipalité actuelle qui renvoie la balle sur l’Etat» et «l’encéphalogramme plat, le désengagement municipal en termes de sécurité». Justement, parmi les griefs de ce groupe d’opposition, la suppression des patrouilles de nuit de la police municipale. «La nuit toulousaine ne s’arrête pas à minuit !» ironise Jean-Luc Moudenc qui par ailleurs réclame le doublement des effectifs de la police municipale sur le terrain «En 2008, nous avions prévu 70 recrutements de policiers municipaux.» explique-t-il. «Avec l’arrivée de la nouvelle municipalité, aucun ne l’a été». L’ancien adjoint en charge de la sécurité et conseiller municipal Christian Raynal, va plus loin, et prône le retour des îlotiers.
Autre motif d’insatisfaction, les Chuteurs. Une initiative calquée sur les Médiateurs que la droite, alors au Capitole, avait mis en place : «Nous avons expérimenté cette idée pendant deux ans» tient à rappeler Christian Raynal, «mais force est de constater que cela a été un échec.» Jean-Luc Moudenc regrette pour sa part, l’absence d’une «stricte répartition des tâches entre police nationale, municipale et Chuteurs.»
L’Office de la Tranquillité n’échappe pas non plus aux critiques de l’opposition. Cette «bonne idée sur le principe» est rapidement qualifiée de «bobologie téléphonique» : «Le 3101 a reçu 220 000 appels entre octobre 2009 et octobre 2010. Mais ils concernent à 90 % les anciens services de la mairie, comme Allo Mairie, pour régler les petits désagréments de la vie quotidienne. Ce n’est pas un outil de lutte contre la délinquance car il y manque un volet opérationnel comme l’intervention d’une brigade d’intervention rapide. Les annonces ne servent à rien si l’intendance ne suit pas» constate JL Moudenc, ainsi qu’une «contradiction majeure entre le fonctionnement de l’Office de la Tranquillité, 24h/24 et le fait que les Chuteurs et la police municipale soit au lit à minuit !»

 

La vidéoprotection : « L’Arlésienne »

Elle a fait l’objet d’un vaste débat en juin 2010 qui a réuni nombre d’experts européens à la Médiathèque José Cabanis. Mais depuis, silence radio. Ce que dénonce là aussi le groupe Toulouse pour Tous pour qui la vidéoprotection est devenue une véritable «Arlésienne, dont on parle mais que l’on ne voit jamais arriver». «Nous ne disons pas qu’il faut mettre une caméra à chaque coin de rue. Ce serait une stupidité totale.» argumente Jean-Luc Moudenc, «mais c’est un dispositif, qui, combiné à l’intervention humaine, peut donner des résultats». Pour l’opposition, 225 caméras seraient indispensables dans Toulouse, elles sont 17 actuellement (hors caméras transports en commun). D’autant qu’un audit municipal réalisé fin 2009 et dont l’actuel adjoint au maire à la sécurité, Jean-Pierre Havrin nierait l’existence, démontrerait leur efficacité : «La police municipale est intervenue 1 200 fois en 2008 grâce à la vidéosurveillance mais M. Havrin s’investit plus dans son histoire personnelle (en référence au clash avec Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, ndlr) que dans les sujets pour lesquels il est délégué depuis trois ans» déplore l’ex-maire de Toulouse. Toujours dans le cadre de la vidéoprotection, Toulouse pour Tous condamne la mise en sommeil depuis trois ans, du comité d’éthique créé sous l’ère Moudenc dans le but de garantir les libertés individuelles. Sa réactivation devrait être toutefois annoncée ce vendredi en conseil municipal.

Claire Manaud


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