SDF du Canal; Un toit pour 20 € par an

Déplacés par la municipalité dans un camp rue du Raison, les SDF du Canal du Midi ont trouvé un accord avec les différentes associations et les élus. Ils seront installés dans des logements communaux afin de favoriser leur réinsertion.

 
Pierre Cohen et son équipe n’avaient pas encore complètement défait leurs valises au Capitole l’an dernier que déjà une problématique sociale de taille pointait le bout de son nez. Installés sur les berges du Canal du Midi, en face de la gare Matabiau, un campement de SDF en rupture totale avec les services sociaux et les associations créait la polémique l’été dernier. Vivant dans des conditions sanitaires alarmantes et dans un climat de violence latent, les sans-abri avaient reçu la visite du maire leur intimant de quitter les lieux sous la menace d’une expulsion par les forces de l’ordre. Finalement, les SDF seront transférés dans un campement rue du Raisin, à deux pas du Canal du Midi et du boulevard des Minimes, à l’abri des regards.
Depuis, les démarches ont avancé et la vingtaine de sans-abri devrait sous peu retrouver un toit : «Nous avons prolongé l’action de déplacement des SDF avec la volonté d’assurer un accompagnement dans la réinsertion et de les rendre autonomes», explique Nicole Belloubet en conseil municipal, chargée de remplacer l’adjointe à la solidarité Claude Touchefeu. Ainsi, la municipalité a réhabilité des appartements et une villa lui appartenant dans trois quartiers de la ville afin de les proposer aux personnes marginales pour 20 euros par an, «une sorte de contrat moral» pour le maire Pierre Cohen, du donnant-donnant. Des baux précaires d’un an ont été signés entre la municipalité et les occupants qui devront s’acquitter des charges sur la base d’un forfait mensuel.

Etendre le dispositif ?

Cette décision a été votée à l’unanimité lors du dernier conseil municipal, l’opposition saluant la mesure «de solidarité qui inclut une contrepartie.» Cependant, l’élu UMP François Chollet s’interroge sur les modalités de réinsertion et déplore l’absence du mot “travail” dans le contrat passé avec les SDF. Pour Pierre Cohen, la recherche d’un travail n’est pour l’instant pas la priorité : «Quand on parle de réinsertion, on pense travail. Mais ces personnes sont dans un degré d’exclusion tel qu’il faut d’abord leur faire accepter leur environnement et recréer un dialogue.»
L’élu non-inscrite Yvette Benayoun espère quant à elle que le dispositif sera étendu à d’autres sans-abri de la Ville rose. Mais le maire prévient : «La mairie n’est qu’un partenaire de l’Etat à qui revient la responsabilité de reloger les SDF.» Pourtant, avec environ 4 000 personnes dans la rue et des Don Quichotte toujours en action à Saint-Pierre des Cuisines, l’exclusion sociale reste une problématique importante à Toulouse. Le relogement d’une vingtaine de sans-abri est pour la municipalité une première étape.

Sophie Orus


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.