Santé des étudiants; L’inquiétude

Selon une enquête nationale menée par la LMDE, les étudiants de la région sont en danger sur le plan sanitaire : alcool et cannabis banalisés, dépression, accès aux soins difficiles… Stress et problèmes financiers en sont les principales causes.
 


Pour la seconde fois, La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) vient de rendre les résultats d’une grande enquête nationale sur la santé des jeunes et le constat est alarmant pour Midi-Pyrénées : si la consommation de tabac est en baisse régulière, celles d’alcool et de cannabis explosent. Le taux d’abstinence est seulement de 9,6 % contre 16,2 sur le plan national. «Le tabac n’est plus considéré comme un facteur d’intégration dans un groupe et l’alcool a pris le pas», explique Damien Berthilier, président de la LMDE. En cause selon la mutuelle, les soirées étudiantes, souvent sponsorisées par de grandes marques de spiritueux, qui se transforment en véritables beuveries, et les prémixs (cocktails alcoolisés prêts à l’emploi et très sucrés).

Mais les raisons de telles saouleries sont également à chercher dans le stress et le rythme de vie des étudiants, souvent entraînés dans une spirale de mal-être au quotidien. Selon l’étude, 15 % déclarent être souvent déprimés et 7,7 % consultent un psychiatre. «Ils ont une mauvaise vision de l’avenir et une peur de l’échec», s’inquiète Damien Berthilier. En effet, seulement un tiers des étudiants de Midi-Pyrénées pense que notre société permet aux jeunes de réussir dans la vie, un étudiant sur deux n’a pas confiance en l’avenir et 82 % estiment que le monde du travail ne favorise pas l’égalité homme/femme.

 

Trop peu d’assurés

La bouteille est donc un moyen d’oublier les angoisses et de fuir la pression des amphis. Une pression qui s’exerce également sur le portefeuille des étudiants, obligés de se passer de complémentaire santé pour joindre les deux bouts. Dans la région, 24 % d’entre eux n’ont pas de mutuelle et plus d’un sur deux n’a pas consulté de dentiste au cours des douze derniers mois.
Face à cette situation d’urgence, la mairie de Toulouse a décidé d’intervenir alors que la Ville rose est considérée comme un pôle universitaire de premier rang. Romain Cujives, conseiller délégué à la vie étudiante, planche déjà sur des mesures à mettre en place : «Il faut alerter l’opinion publique et appeler l’Etat à prendre ses responsabilités. Nous travaillons avec Monique Durrieu, adjointe à la santé publique, pour créer des outils de prévention en collaboration avec la LMDE.» La mutuelle sera d’ores et déjà présente lors de la semaine d’accueil des étudiants du 15 au 24 octobre. «Il faut travailler sur les causes de l’addiction, trouver des espaces publicitaires, des partenariats financiers, interdire les soirées open bars dans les facultés et rappeler que les marques d’alcool n’ont pas le droit d’organiser des fêtes étudiantes», poursuit Damien Berthilier. Seule satisfaction dans les résultats de l’enquête : les étudiants de Midi-Pyrénées sont beaucoup plus sportifs que la moyenne nationale. Mais si selon le dicton, «le sport c’est la santé», il ne suffit pas à garder les jeunes en forme.

Sophie Orus


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.