Sanofi : Toulouse toujours dans l’incertitude

Vendredi 1er mars, le rapport d’expertise sur le « plan de départs volontaires » initié par la direction de Sanofi a été remis au CCE (Comité central d’entreprise) puis communiqué à l’ensemble des sites français. Ce rapport, censé préciser les intentions du groupe, révèle un manque d’information concernant le site toulousain. Les syndicats envisagent de recourir à la justice.

« Sanofi Toulouse est dans la plus grande incertitude. La direction ne veut pas se prononcer, malgré les appels de l’inspection du travail et du CCE » regrette Pascal Delmas délégué de la CFDT et représentant de l’intersyndicale du site. Le rapport rendu vendredi dernier (réalisé par le CCE et le cabinet d’expertise comptable Syndex) ne vient pas rassurer les salariés toulousains. « On est dans l’incompréhension. Certains salariés sont concernés par le plan, d’autres pas. On ne peut pas se positionner face à ça.» explique le syndicaliste. Qui est vraiment concerné ? La restructuration est complexe : « En ce qui concerne les fonctions de support, c’est-à-dire la logistique (DRH, Service des achats, Informatique notamment), la moitié a vocation à partir à Lyon ou Paris et les autres resteront sur place pour s’occuper de ce qui reste, mais on ne sait pas ce que c’est ! » Pour les chercheurs, la situation n’est pas plus claire : « Le service des maladies infectieuses, une entité qui existe uniquement sur Toulouse, doit partir à Lyon, mais les salariés ne vont pas forcément suivre leur poste, certains iront à Paris. Il y a un vrai problème de logique. D’autant qu’à Lyon, les locaux définitifs ne sont pas construits. Les salariés doivent y aller pour 2015, et les bâtiments seront prêts en 2019 ou  2020. En attendant, ils travailleront dans des locaux provisoires alors qu’il y a tout à Toulouse.» remarque Pascal Delmas.

 

« La Justice est notre seul recours »

Face au « mastodonte » Sanofi, le CCE a intenté très tôt un recours en justice (en octobre) contre le plan de restructuration. Mais le juge autorise le groupe à organiser un plan de départs volontaires. Décision qui a été attaquée en appel. « Aujourd’hui nous attendons le verdict qui tombera le 11 mars prochain pour décider de la suite de notre action. Soit le plan de la direction est refusé au profit d’un plan de sauvegarde pour l’emploi, soit l’arrêt donne raison à Sanofi, et nous attaquerons sur le fond (la justice statuant pour l’instant sur la forme, ndlr) » Quoiqu’il en soit, les salariés de Toulouse « ne vont rien lâcher ». Ils ont conscience de la puissance de Sanofi et de l’impuissance du gouvernement. Par conséquent, «nous sommes déterminés à passer systématiquement par la justice. »

 

Une direction qui ne bouge pas

Depuis le début de la mobilisation salariale, « la direction n’a pas bougé d’un centimètre. On n’est pas dans le dialogue social, mais dans le monologue » soulève le représentant de la CFDT. Pour les syndicats, cette attitude cache la stratégie financière du groupe « qui veut un plan social sur Toulouse mais ne l’annonce pas. » Il y a trois ans, Sanofi avait déjà réalisé une réorganisation de ses sites « et le fait de recommencer prouve bien la volonté de désorganiser le travail, de perturber les salariés, qu’on accuse par la suite d’être moins perforants… Et tout cela facilite les départs volontaires.» selon Pascal Delmas. Mais « la résistance » ne faiblit pas, « les salariés sont très présents aux assemblées générales car nous leur donnons toutes les informations que nous avons. » Le 10 mars prochain, un concert de soutien aux employés est d’ailleurs organisé au Bikini. « L’entrée à 5 euros nous permettra de financer nos prochaines actions car nous comptons aller manifester à Lyon et à Paris, lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires. »

 

Coralie Bombail

 



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