Salon du Livre “Les Gourmets des Lettres” ; Victime de son succès

Ce week-end s’est déroulé à l’Hôtel d’Assézat, le Salon du Livre “Les Gourmets des Lettres”. Une édition 2010 qui a remporté un record d’affluence et récompensé sept auteurs. Rencontre avec la Présidente de l’association “Les Gourmets de Lettres”, Yanne Rebeschini-Descaire.

 
Yanne Rebeschini-Descaire, plus de soixante-dix auteurs étaient présents à ce salon. Quel bilan tirez-vous de la manifestation en termes de participation et de visiteurs ?
Je crois que le salon 2010 des Gourmets de Lettres a véritablement été victime de son succès. Par générosité nous avons répondu “oui” à la quasi totalité des demandes des auteurs toulousains, hauts-garonnais et midi-pyrénéens qui ont manifesté le souhait de rejoindre le salon du livre de l’Hôtel d’Assézat placé sous l’Egide de l’Académie des Jeux Floraux. D’où ce record d’affluence… d’auteurs ainsi que d’une exceptionnelle présence d’un public de tous âges.

Le jury a décerné sept prix. Comment caractériseriez-vous cette “cuvée” 2010 ?
Vingt candidats ont postulé pour un prix dès juin 2010. Une diversité d’ouvrages riches en thème historique, de roman d’aventure, autobiographique, certains d’une grande originalité dans l’histoire, allant jusqu’au fantastique, d’autres suscitant un vif intérêt comme si on lisait un scénario de film. Les membres du Jury ont effectué un travail très sérieux de notation en se basant sur trois critères : l’histoire, le style et l’accroche. On peut dire que dans chaque livre,  l’auteur a su à un moment retenir l’attention du jury. Mais cela n’est pas suffisant pour prétendre à un prix. Nous avons des jeunes auteurs à qui nous souhaitons donner une chance ; sachez cependant, que nous avons pour eux la même exigence dans la qualité littéraire de leur œuvre que celle que nous demandons à des écrivains confirmés. La cuvée 2010 s’est honorée de pouvoir décerner un prix pour un livre autobiographique “Soupe Tonkinoise”, un prix pour un ouvrage de nouvelles “Reflets de femmes” d’Isabel Quéralto, un prix de littérature contemporaine d’Anne Christine Tinel pour “L’œil postiche de la statue de Kongo”, un livre d’aventure “Le Fennec” d’André Gérôme Gallego, enfin un livre de littérature classique “L’Encre et la Sève” d’Alain Paraillous, à qui nous avons décerné le Grand Prix littéraire de la Ville de Toulouse, remis par Madame Ka-ty Guien représentant le député-maire de Toulouse, Pierre Cohen.

Vous avez décerné un prix de poésie ?
Oui à égalité entre Patrick Caujolle pour son livre “Poésie”, publié par la ville de Lyon en 2008 et Jacques-Constant Poueyo pour “Le Temps d’une Rime” aux éditions hors limite. Deux superbes ouvrages.

Comment se positionne ce salon parmi ceux qui peuvent exister en Midi-Pyrénées ?
Le salon du livre de l’Hôtel d’Assézat est le point culminant d’une activité littéraire d’une année d’échanges entre auteurs et lecteurs et entre auteurs à la diversité des genres ; ceci depuis 5 ans, à un rythme mensuel. Le salon ne saurait être une fin en soi. Il se veut un moment privilégié de rencontres avec les lecteurs et une mise en lumière des auteurs à travers la remise des prix littéraires. C’est pour “Les Gourmets de Lettres” une contribution à la vie culturelle de Toulouse et de sa Région avec un large esprit d’ouverture en droite ligne de l’Académie des Jeux Floraux qui depuis 2008 nous fait l’honneur d’associer son nom à cette manifestation culturelle de haute tenue. Nous ne sommes en aucun cas un autre “salon du livre de Midi-Pyrénées qui accueille les éditeurs et leurs auteurs de région”. Au vu de l’affluence record d’auteurs à ce salon 2010, j’ai le devoir en ma qualité de Présidente avec les membres du Conseil d’Administration de nous recentrer sur l’objet initial de l’association.

 

Pouvez-vous nous parler justement de l’association “Les Gourmets de Lettres” ?
“Les Gourmets de lettres“ qui entament leur sixième année d’existence, ont été créés pour offrir à des auteurs de qualité – souvent publiés par des éditeurs régionaux et manquant d’éclairage médiatique et/ou institutionnel – l’opportunité de parler de leur œuvre et de rencontrer de nouveaux auteurs. Nous sommes attentifs à la prise en compte de la sincérité et de la qualité littéraire de l’auteur, de son esprit de tolérance, d’ouverture et de convivialité. Ce qui n’a pas été comme je l’aurais souhaité, lors de ce salon 2010.

L’édition 2011 devrait par conséquent être différente ?
Elle devrait se caractériser par une restriction du nombre des auteurs et un programme plus dense de rencontres privilégiées avec les lauréats des années précédentes. Nous réitèrerons et amplifierons les colloques. Cette année, l’un a été présidé par le Professeur André Bés sur le thème “Le roman a-t-il un avenir”. Notons des échanges forts intéressants et riches en intervention à la fois des romanciers et du public. Le second s’est déroulé en présence des sept poètes qui ont concouru au prix de poésie. Présidée par le Secrétaire perpétuel de l’Académie des Jeux Floraux, le professeur Georges Mailhos, le Professeur Jacques Arlet et Madame Jacqueline Carassus agrégée de lettres, cette rencontre fut un moment privilégié de bonheur. L’heure et demie consacrée à la lecture des poésies et aux commentaires des membres de la table ronde, a ravi le public très nombreux venu dimanche après-midi, malgré les averses et le marathon qui bloquait la circulation du centre ville.

Vous avez tenu à honorer plus particulièrement le professeur de médecine toulousain Jacques Arlet qui est aussi membre du jury. Pouvez-vous nous en dire les raisons ?
Le Professeur Jacques Arlet est notre Secrétaire Général. Il est à mes côtés depuis la création du Cercle littéraire. Il a participé aux cinq salons du livre que nous avons organisés ainsi qu’à tous nos dîners débats, au rythme de dix par an. Il a été présent à cinquante débats avec des auteurs régionaux, toujours accompagné de son adorable épouse Ginette.
Le Professeur Arlet, personnage de grande notoriété du monde médical, a offert à ses lecteurs de 1988 à 2010 une œuvre de onze ouvrages. Comme l’a précisé Alain Denayrolles en sa qualité d’ancien élève de médecine qui a eu l’honneur de faire l’éloge de son Maître, Jacques Arlet s’est attaché à raconter l’Histoire de Toulouse : Toulouse sous Louis Philippe, sous le Second Empire, à La belle Epoque, dans L’entre-deux-guerres. Notons aussi deux remarquables ouvrages sur Charles de Rémusat et Le général Lafayette, gentilhomme d’honneur. Le professeur Jacques Arlet après ses chaleureux remerciements, nous a confié en comité restreint : «En raison de mon âge, j’ai perdu presque tous mes a-mis, mais aujourd’hui j’en ai retrouvé d’autres, aux Jeux Floraux et aux Gourmets de Lettres et c’est un grand bonheur pour moi et pour Ginette». Ce que je tiens à répondre au Professeur Arlet par l’intermédiaire de vos colonnes, c’est combien sa présence, sa grande sagesse, sa générosité sont pour nous aussi un bonheur partagé. Confidentiellement, notre Secrétaire Général vient de fêter ses quatre-vingt-dix ans. C’était aussi une manière pour nous de lui souhaiter un  «Très heureux anniversaire Jacques Arlet».

Propos recueillis par Claire Manaud


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