Saint Michel ; Y a-t-il un projet pour la prison ?

Le Préfet s’est expliqué ce lundi sur la position de l’Etat quant au devenir de la prison Saint-Michel. Reste désormais au Capitole à discuter du prix de cet ensemble d’une superficie de 15 000 m² mais pour quel objectif ?

 
La balle est désormais dans le camp de la mairie. Suite à la décision de l’Etat d’inscrire à l’inventaire des monuments historiques, une petite partie (10 % de l’ensemble) de la prison Saint Michel, (le castelet, les tours crénelées et la cour d’honneur) le Préfet de région Dominique Bur a fait le point sur ce dossier.
Face aux critiques du week-end dernier sur d’éventuelles spéculations, le Préfet a d’abord vivement réagi : «Peut-on reprocher à l’Etat de mettre en valeur son patrimoine, de vouloir gérer les biens qui sont les siens ? Je ne le pense pas». De même, Dominique Bur s’est défendu d’avoir eu tout contact avec un promoteur immobilier : «C’est absurde» a-t-il réaffirmé. Et de proposer dans le même temps à Pierre Cohen la cession de cette inscription partielle à la ville de Toulouse pour l’euro symbolique.
Reste la question essentielle : que faire sur ce site d’une superficie de 15 000 mètres carrés ? «On ne va pas laisser une friche en centre-ville» martèle Dominique Bur qui assure ne pas avoir été saisi par ailleurs d’un quelconque projet de réhabilitation.

 

« Discutons du prix »

C’est précisément là que le bât blesse. «Si la ville considère que c’est un élément du patrimoine, et puisqu’elle est prioritaire, je suis disposé à le vendre au nom de l’Etat. Discutons du prix» poursuit le Préfet. Selon l’évaluation des Domaines, l’ensemble coûterait à la ville 11.3 millions d’euros ; 40 millions d’euros supplémentaires pour sa réhabilitation car le bâtiment est selon toute vraisemblance très délabré. Bien loin des 750 000 euros annoncés en 2002 et dont «nous n’avons aucune trace» indique D. Bur, «et qui n’a de toute manière plus de fondement aujourd’hui» en référence à la transformation du quartier (apport du métro) et par conséquent à sa réévaluation financière. Du côté de la mairie, on ne l’entend pas de cette oreille. Pas de projet immobilier pour la Ville qui préfère y voir un futur équipement public et «envisage d’instaurer des mesures de protection de l’ex-prison lors de la prochaine révision du Plan Local de l’Urbanisme.»
L’opposition quant à elle, se félicite des décisions qui ont été prises et demande à l’équipe en place d’accélérer le mouvement : «Il appartient maintenant à la Mairie d’abandonner ses postures très politiques dans ce dossier, en acceptant la cession gratuite que l’Etat lui propose, en se portant acquéreur de la totalité du site par négociation avec l’Etat, en se faisant accompagner par d’autres partenaires et en impulsant, enfin, un projet, culturel par exemple. Ouvert sur le quartier et novateur, ce projet devra donner à l’ensemble du site une nouvelle vie, utile à Toulouse et aux Toulousains.» indique Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse pour Tous dans un communiqué.
Le Préfet souhaite aujourd’hui qu’une mission soit conduite aussi bien par les services de la préfecture que par ceux de la mairie afin d’étudier ce qui a particulièrement été mis en place à Lyon. Bâtiments universitaires, logements sociaux, écoles… «Il y a toute une série de possibilités dont il faudrait que nous parlions» conclut Dominique Bur. Un échange de courriers entre les deux parties est en cours.

Claire Manaud




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