Saïda Agrebi ; Mère des Nations…

… Celle qui, coûte que coûte, ne désarmera jamais et surtout ne cessera de nous rappeler, comme le poète, que «La Femme est l’avenir de l’Homme». Car pour Saïda Agrebi, elle seule, la Femme, peut et sait ce qu’est donner la vie. Mais aussi et surtout d’élever, de protéger, d’éduquer, de défendre un enfant contre les maux de la vie qui le guettent en permanence. Rappeler aussi à l’Homme, dans ce monde impitoyable, que la force et la violence ne gagneront jamais contre l’Amour de son prochain, contre l’amour d’une Mère.
Alors pas très surprenant que voilà quelques jours, au siège
de l’UNESCO à Paris, la Présidente de l’Organisation Tunisienne des Mères était décorée par Madame Anh Dao Traxel, de la Médaille d’Or du dévouement pour les services rendus à sa Patrie et ses actions au profit de la Mère et de la Famille dans le monde. Ainsi, la Présidente de l’Etoile Européenne du Dévouement Civil et Militaire, fille adoptive du Président Jacques Chirac la nommait pas moins que «Mère des Nations».

 
La Tunisie pour référence…

Saïda Agrebi, est née le 22 janvier 1945. Femme politique tunisienne elle est diplômée du College Park (Maryland) et de l’Université de Californie, avec une maîtrise en santé publique. Elle est aussi membre du Conseil économique, social et culturel de l’Union africaine (UA), où elle représente l’Afrique du Nord. Elle siège également au Parlement panafricain pour représenter la Tunisie. En tant qu’experte dans divers domaines, notamment ceux de la santé reproductrice et publique, des droits des femmes, de la société civile, l’émigration et le développement durable, elle est l’une des cinq femmes élues à la Commission de l’Union Africaine depuis 2003.
Membre du Parlement Tunisien et PAN Africain, mais aussi vice-présidente de l’Organisation Mondiale de la Famille, elle était, voilà quelques jours, dans notre ville pour promouvoir “L’année Mondiale de la jeunesse”. En fait qui mieux que cette experte internationale en matière des questions de la Femme, mais aussi et on l’oublie souvent, de développement durable comme de Solidarité, pour éclairer d’un regard nouveau des sujets aussi sensibles que ceux évoqués. L’occasion était propice, pour le Journal Toulousain, d’aller à sa rencontre de mieux comprendre les intérêts et motivations qui se cachent derrière cette “Dame de fer” quand il s’agit de défendre, ici et là dans le monde, les plus faibles : les Mères et leurs enfants. Interview.

 

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Saïda Agrebi, parlez-nous de la Tunisie et du rôle de la Femme dans votre pays…
Vous savez la Tunisie est aujourd’hui un pays émergent qui avance vers l’avenir avec confiance et assurance. Un pays où chaque citoyen sait, dès son plus jeune âge, que le meilleur lui sera toujours proposé pour lui garantir un avenir serein. Mais sans oublier de lui rappeler, de le responsabiliser dans son rôle majeur à jouer dans l’intérêt de son pays ; dans l’intérêt de tous. Et en ce qui concerne la Femme, ce n’est pas un hasard si notre pays a été dès les années 50 et avec feu son président Habib Bourguiba, l’un des premiers au monde à penser qu’il était urgent de valoriser et de responsabiliser le rôle de la Femme dans la société. Notamment, en éliminant toute forme de discrimination et en révisant même la législation pour lui donner le droit de vote bien avant la France. Ici en Tunisie la Femme a toute sa place… Notre Président Zine El Abidine Ben Ali nous le rappelle en permanence avec force, courage et volonté d’agir pour que chaque jour un peu plus le rôle majeur de la femme dans la société moderne soit mis en avant, en Tunisie, mais pas seulement. Vous savez, ce n’est pas un hasard si à l’occasion de la présidence par la Tunisie de l’Organisation de la femme arabe (2009-2011), c’est Madame Leïla Ben Ali, épouse du Chef de l’Etat, qui vient soutenir et défendre en personne les contributions de notre pays pour mettre en lumière la nécessité de corriger l’image de la femme dans toutes les couches de la société. Faire prendre conscience au plus grand nombre de décideurs de l’intérêt commun à défendre à propager une image équilibrée et rayonnante de la femme au sein de la famille, dans la société comme dans la vie publique. Rappelons simplement que tout au long de son mandat à la tête de l’OFA, la Tunisie s’emploie à métamorphoser l’action arabe commune, à travers, notamment, l’élaboration de programmes et de plans d’action de nature à réduire le fossé qui sépare la femme de l’homme dans les sociétés arabes. Il est temps de permettre à la femme de plus larges perspectives et de plus grandes chances de participation à la vie publique.

Qu’en est-il vraiment pour la Femme Arabe en général ?
La rumeur voudrait nous faire croire, à travers la publication d’études sociologiques diverses que les femmes arabes seraient en retard sur les autres femmes dans le monde notamment en termes de droits, de libertés et d’indépendance. Mais en vérité, l’image n’est pas aussi noire que l’on voudrait nous le faire croire. Leur statut s’est amélioré par suite des nombreuses réformes et des changements qui ont fait depuis des années leur chemin. Bien sûr, c’est toujours et malheureusement un dossier des plus sensibles. Mais ne nous trompons pas, c’est aussi vrai quelque soit l’endroit choisi dans le monde. Car depuis toujours la femme a la lourde tâche d’être le socle identitaire de la famille comme de la nation. C’est elle qui a le rôle difficile de maintenir l’équilibre relationnel, de rassembler, de soigner, d’encourager, de montrer la voie de la sagesse.

 

N’y a-t-il pas la nécessité d’une législation spécifique aux droits des femmes ?
Comme je viens de vous l’exprimer, la Femme est l’élément fondamental du tissu social. Sans elle, la famille ne peut aller jusqu’au bout de sa mission en tant que vecteur principal du développement social. C’est son engagement, qui va décider que l’on évolue dans des conditions favorables ou pas sur les plans sanitaire, économique, éducatif, culturel comme de celui du développement de l’habitat. C’est pourquoi l’on se doit de tout faire pour favoriser un environnement exempt de guerres, de famines, d’épidémies et d’autres fléaux de ce genre qui font pour principales victimes et toujours, les Femmes et leurs enfants…

Où est le rôle des Nations Unies ?
On se doit de décréter rapidement une mobilisation générale pour la réalisation des objectifs du millénaire, promus par les Nations Unies, notamment le Droit à une vie digne, le droit à la protection et au développement de la famille et des individus sous toutes ses formes. Cela va bien au-delà de la seule protection maternelle et infantile. Il doit donner et conforter une dimension plus large à la réflexion et à l’action en faveur des droits de la femme et de l’enfant en tant que citoyens à part entière, acteurs actifs dans la vie sociale, politique et économique de leur pays. Je vous le rappelle, c’est, à titre d’exemple et depuis toujours, l’engagement de notre Président Zine El Abidine Ben Ali. Si cela marche en Tunisie pourquoi ce modèle humaniste ne pourrait-il pas porter les mêmes ambitions ailleurs ? 

 

En France nous sommes en plein débat sur la Burka et le voile intégral. Quel est votre point de vue sur le sujet ?
Les Femmes savent lire et écrire. Elles sont donc capables de comprendre le Coran et de l’appliquer avec autant de sagesse et de respect que d’autres. Nulle part il est indiqué que la Femme doive se draper dans un voile intégral. Je ne vous cache pas que je suis pour le voile traditionnel si tel est notre désir mais pour le reste je suis contre. Vous savez, j’ai l’habitude de dire que la liberté de l’autre cesse quand elle gêne la mienne. Alors vous imaginez quand en plus elle engage de fait la sécurité d’un pays. J’ai fait plus de 20 fois le pèlerinage à la Mecque et je respecte les religieux, mais je combats l’islamisme. Mais que l’on ne se méprenne pas, toute religion a son “isme”…

Pouvez-vous nous en dire plus quant à votre venue à Toulouse ?
Je suis venue participer au rendez-vous de l’Année mondiale de la Jeunesse… et rappeler surtout que, là comme ailleurs, le combat n’est jamais gagné d’avance, qu’il faut toujours rester vigilant. Mais aussi et surtout rester solidaires les unes des autres. Redonner force et courage à toutes ces mamans qui auraient tendance à démissionner ; à oublier aujourd’hui leur rôle premier à savoir de prévoir le danger, éduquer et protéger leurs enfants. Et dans ce domaine en France comme ailleurs, il ne faut surtout pas démissionner.

Propos recueillis
par André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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