Roger Atsarias ; Les sources mêmes du Gaullisme

Membre du RPR, puis secrétaire départemental de l’UMP31 de 2000 à 2007, le conseiller municipal d’opposition Roger Atsarias, a finalement rendu sa carte pour adhérer au groupement politique “République Solidaire” de Dominique de Villepin. Il en est aujourd’hui le Secrétaire fédéral pour la Haute-Garonne et revient sur son engagement marqué de l’empreinte du Général de Gaulle.

 
Roger Atsarias, qu’est-ce qui vous a amené à adhérer à République Solidaire ?
Les raisons sont nombreuses. Mon parcours politique a toujours été marqué par les idées du Général de Gaulle que j’ai soutenu lorsque j’avais 19 ans en 1968. J’ai toujours été aussi profondément attaché à Jacques Chirac et à son souci de cohésion nationale. C’est d’ailleurs un thème cher à Dominique de Villepin que j’ai admiré aussi bien en tant que ministre des Affaires Etrangères que comme Premier ministre. Je me suis reconnu d’une part dans ses propositions, d’autre part, dans les raisons qui lui ont fait prendre ses distances avec l’UMP. Puis, lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, comme beaucoup de Français et de responsables politiques, j’ai d’abord été assez surpris par la familiarité qui a atteint la fonction présidentielle et en désaccord avec la droitisation de plus en plus forte de l’UMP.

Pour autant, vous êtes-vous affranchi de la majorité présidentielle ?
Je n’ai pas renouvelé ma carte à l’UMP comme d’ailleurs l’a fait Dominique de Villepin. Mais ceci pour des raisons plus nationales que locales comme je vous l’ai indiqué.

Pourtant vous êtes aux côtés de Jean-Luc Moudenc, président de la fédération UMP31, dans l’opposition municipale toulousaine…  
Oui mais il n’y a pas de mélange des genres entre le national et le local. J’ajoute de surcroît que la majorité des gens qui sont à Toulouse pour Tous (groupe municipal d’opposition, ndlr) ne font pas partie de l’UMP.

 

Pas de clientélisme

On a l’impression que votre mouvement se fait plutôt discret à un an de la présidentielle. Le procès Clearstream vous empêche-t-il de vous développer ?
L’affaire Clearstream est une chose, République Solidaire en est une autre, même s’il est vrai que cela touche notre président et que dans la période que nous vivons, il ne peut guère s’exprimer. Il y a déjà eu un jugement en première instance que nous connaissons tous. Pour nous, c’est un mauvais procès qui est fait à Dominique de Villepin.

Quelle est la vocation de République Solidaire ?
Elle est de participer par l’intermédiaire de Dominique de Villepin au débat présidentiel, de faire des propositions et d’essayer de convaincre les Français de leur justesse, de leur bien-fondé pour assurer justement la cohésion nationale qui manque à notre pays. Ce que notre président a fait le 14 avril dernier.

Certaines de ses propositions font penser que Dominique de Villepin part un peu sur sa gauche. Est-ce votre sentiment ?
Je crois qu’il essaie de retrouver les sources mêmes du gaullisme qui ont fait la cohésion de notre pays pendant une longue période. Le Général de Gaulle ne souhaitait être marqué ni à gauche ni à droite même s’il est certain qu’il a davantage été soutenu par la droite que par la gauche. Ce sont des propositions qui doivent s’adresser à tous les Français. Ils doivent être tous pris en compte. Il ne faut pas agir par clientélisme en découpant la société française en tranches électorales puis en s’adressant davantage à celle susceptible de voter pour votre parti. Ce n’est pas notre vision des choses.

 

La stratégie pour le pays

Si Jean-Louis Borloo se déclare candidat en 2012, sera-t-il une menace pour vous ?
Même si au niveau des idées et de l’équilibre dans les sensibilités politiques, nous avons beaucoup de choses en commun, je considère que la tradition gaulliste est davantage représentée par Dominique de Villepin que par Jean Louis Borloo.

Pensez-vous que République Solidaire aura des candidats aux prochaines législatives ?

Jusqu’aux présidentielles, il n’y a pas d’implication de notre mouvement au niveau local. Nous n’avons d’ailleurs pas eu de candidats aux cantonales. C’est vraiment l’élection présidentielle qui déterminera la suite de notre action.

Quand Dominique de Villepin devrait-il annoncer sa candidature ?
Pas avant l’automne. Il ne faut pas brûler les étapes. Je ne crois pas qu’il soit très bon de partir longtemps à l‘avance. En tout cas, ce n’est pas ce que nous a enseigné le Général de Gaulle. Ce qui est important avant tout, c’est d’avoir une stratégie pour le pays.

Propos recueillis
par Claire Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.